Mon frère Bertrand est médecin à Campbellton, au Nouveau-Brunswick, depuis 40 ans. Quand il descend à Montréal, c’est toujours un évènement.

Publié le 18 juin

Par un beau samedi de mai, on soupe ensemble au Leméac. En compagnie de ma belle-sœur, Marie-Andrée, de ma sœur, Dominique, et de mon beau-frère, Jacques-Bernard. Une belle soirée. Je retrouve mon frère de toujours. Un gars bon, calme, posé, rationnel, logique, intelligent. Sans excès. Aimant discuter et avoir raison. Comme son frère.

Début juin, il est de retour à Montréal. C’est son anniversaire. Je reçois toute la famille pour le brunch. Ajoutez aux convives de mai les quatre filles de Bertrand et de Marie-Andrée, leurs chums et les jeunes enfants des deux dernières.

PHOTO MARTINE DOUCET, FOURNIE PAR STÉPHANE LAPORTE

Valérie, Marjolaine, Gabrielle, Geneviève, Marie-Andrée et mon frère Bertrand

Mon frère est encore le même, mais pas tout à fait. Il a quelque chose de différent. Il est moins posé. Plus envolé. Quand ses enfants sont là, mon frère est excité. Il a comme une poussée de bonheur dans le cœur. Qui lui donne un petit swing dans le soulier. La lumière lui sort des yeux. Il parle plus rapidement, s’affaire de l’une à l’autre, rit fort et les admire du regard.

Il est bien comme on ne peut pas être mieux !

Vous savez, l’émerveillement d’un nouveau papa pour sa progéniture, mon frère en est toujours possédé des décennies plus tard. Quand Marjolaine, Valérie, Gabrielle et Geneviève sont avec Marie-Andrée et lui, mon frère est complet. C’est rare, un homme comblé ; mon frère l’est. La vie ne peut pas être plus belle que ça ! Si, elle le peut ! Car maintenant, il y a les petits-enfants, Edouard, deux ans et demi, et Simone, un an et demi. Mon frère est fou d’elle et de lui. Il passerait ses journées à jouer avec Edouard et Simone. Sans jamais se tanner. Parce que mon frère aime autant le jeu qu’eux. Si ce n’est pas plus. Je le sais, il est de sept ans mon aîné, et quand on jouait aux petites autos, j’avais 8 ans, il en avait 15, et il prenait ça plus au sérieux que moi.

PHOTO FOURNIE PAR STÉPHANE LAPORTE

Marie-Andrée et Bertrand avec leurs petits-enfants : Simone et Edouard

Mon frère est un bon père parce qu’il est encore un enfant. Mon frère est un bon grand-père parce qu’il sera toujours un enfant.

Je disais au début que la venue de Bertrand dans la métropole était un évènement. Un évènement de plus en plus fréquent, depuis l’arrivée de la troisième génération. Et ça va s’amplifier parce que, à l’automne, grand-papa aura deux petits-enfants de plus dans les bras. Mon frère n’a pas fini de péter le feu !

Oui, c’est juste ça, ma chronique. Juste pour dire que lorsque mon frère est avec ses filles, il est encore plus heureux. Et que ça me touche de le voir ainsi. Et que ça me rend heureux aussi.

Bref, que l’amour paternel peut faire autant de bien aux enfants qui le reçoivent qu’aux pères qui le donnent.

Je sais, c’est tout rose comme portrait, mais ça fait du bien d’être dans le rose, parfois ; on est dans le sombre si souvent.

Il faut être conscient des torts causés par les pères qui blessent.

Il faut être sensible aux destins des pères en détresse.

Mais il faut aussi s’inspirer du vécu des pères en liesse.

C’est important que ça se sache que la paternité peut satisfaire, plus que n’importe quelle réussite professionnelle.

Mon frère avait un rêve : devenir médecin. Quand il l’est devenu, j’étais certain que ce serait sa plus grande fierté à vie. Aujourd’hui, je dirais, sans hésiter, que ce sont ses quatre filles.

C’est si évident, pour une mère, de dire qu’elle est, avant tout, une mère. Il faudrait que ce le soit aussi pour un père. Les hommes seraient mieux, au fond d’eux, en se branchant sur l’essentiel.

Bonne fête des Pères ! Fêtez la chance que vous avez !

Enfants, soyez avec le vôtre, vous ne savez pas à quel point ça le rend encore plus merveilleux !