L’archevêque de Montréal, Christian Lépine, a présenté ses excuses aux communautés autochtones vendredi. Une déclaration qui survient une semaine après que le premier ministre Justin Trudeau a demandé à l’Église catholique de reconnaître son rôle dans l’administration des pensionnats autochtones.

Coralie Laplante
Coralie Laplante La Presse

« Les pensionnats autochtones ont brisé des vies : celle des familles et des communautés à qui on a arraché leurs enfants », a affirmé l’archevêque.

Mgr Christian Lépine a célébré une messe dans la cathédrale Marie-Reine-du-Monde, au centre-ville de Montréal, à la mémoire des enfants autochtones qui sont morts dans les pensionnats.

« Nous prions particulièrement pour tous les enfants décédés dans les pensionnats autochtones », a souligné l’archevêque durant la messe.

« C’est un cheminement. Il y a un pan de notre histoire qui est très sombre », a déclaré Mgr Christian Lépine.

Cette déclaration survient à la suite de la découverte des restes de 215 enfants autochtones à proximité de l’ancien pensionnat autochtone de Kamloops, en Colombie-Britannique. La cheffe de la Première Nation Tk’emlúps te Secwépemc, Rosanne Casimir, en a confirmé la découverte le 27 mai.

« Je tiens à joindre ma voix aux leurs et à présenter mes excuses les plus sincères pour les souffrances causées aux familles et aux communautés autochtones au Canada », a déclaré Mgr Lépine.

Une cinquantaine de fidèles étaient assis sous les grandes voûtes de la cathédrale. « C’était vraiment touchant, c’était approprié », a affirmé Amal Mariamo, en disant que l’évêque a prononcé des excuses « sincères ».

« J’ai prié toute la messe pour les enfants », a déclaré Diana, qui souhaitait taire son nom de famille. « Je suis mère, je suis grand-mère, et je ne comprends pas comment… C’est terrible », a-t-elle ajouté.

Roger Twance, de la Nation autochtone ojibwée, a pris part à la célébration. « Quand j’ai entendu Monseigneur parler et qu’il a dit : “Je m’excuse”, ça m’a vraiment frappé, parce que je ne m’attendais pas à ça », a-t-il avoué. Il a été bouleversé par la messe.

« Ça aide à guérir, a dit M. Twance. C’était très bien qu’il s’excuse, parce que quand tu t’excuses, tu reconnais quelque chose. »

Une responsabilité partagée, selon l’archevêque

Questionné sur le rôle de l’Église dans l’administration des pensionnats autochtones, Mgr Christian Lépine a répondu que c’était « difficile à juger jusqu’à ce point-là, parce que dans la mesure où il y avait une visée d’assimilation, c’était l’objectif ».

« Dans la mesure où c’était dans un contexte d’école catholique, que l’on confiait aux communautés religieuses, catholiques d’opérer ces pensionnats, c’était à la fois canadien et catholique, si on veut », a-t-il déclaré.

« L’éducation, c’est une valeur, mais quand on se sert de l’éducation pour assimiler ceux qui nous précédaient au Canada, c’est un drame », a ajouté l’archevêque, en indiquant que la politique d’assimilation était responsable de cette situation.