(Montréal) Vu un bilan routier « amélioré » – on a recensé l’an dernier entre 10 et 12 % de blessés graves en moins sur les routes du Québec – la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) offrira un « congé de paiement » aux détenteurs de permis de conduire pour 2022 et 2023 allant jusqu’à environ 185 $.

Henri Ouellette-Vézina Henri Ouellette-Vézina
La Presse

« Pour moi, cet argent appartient aux automobilistes. […] Tout cela va amener, j’ose espérer, une relance économique forte pour ceux qui pourront bénéficier de ces rabais », a souligné vendredi matin le ministre des Transports, François Bonnardel, lors d’une brève conférence de presse tenue à Montréal.

Ce congé de paiement représente une économie de 184,11 $ pour les détenteurs de permis de conduire de classe 5, soit celui pour conduire un véhicule de promenade. Pour les motocyclistes, le rabais applicable montera jusqu’à environ 154 $, ce qui contraste fortement avec les sommes qu’ils ont dû payer cette année.

La mesure, qui touche 6,4 millions de Québécois, est rendue possible grâce à un excédent de capital de 1,2 milliard de dollars qui a été dégagé l’an dernier par la SAAQ. Cette « solidité financière », dit-on, est attribuable « à des revenus de placement supérieurs à ceux anticipés au cours des dix dernières années ».

Ainsi, le renouvellement du permis de conduire ne devrait coûter que 23 $ l’an prochain, en moyenne. Tous les détenteurs de permis de conduire n’auront en effet qu’à payer les frais de 4,75 $ et les droits de 18,60 $ inscrits à leur avis de renouvellement.

Une exception demeure toutefois : les conducteurs blâmés pour leurs mauvais comportements devront continuer de payer « la portion de contribution d’assurance pour les points d’inaptitude inscrits à leur dossier », une fourchette qui peut aller jusqu’à 450 $ environ.

Un bilan routier en préparation

La présidente et chef de la direction de la SAAQ, Nathalie Tremblay, a indiqué vendredi qu’elle présentera « au courant des prochains jours » le bilan routier complet de l’année 2020 au Québec, alors que ses équipes en sont à fignoler les derniers détails. Mais déjà, des constats préliminaires se dégagent.

« Pour les blessés graves, on parle d’une diminution d’environ 10 à 12 %. En dollars, ça représente environ 250 millions comme baisses de coûts de régimes », a-t-elle expliqué. Le ministre Bonnardel, lui, a parlé d’une variation d’entre « 10 et 30 % » pour les blessés graves et légers, laissant ainsi sous-entendre que la diminution des accidents mineurs était encore plus marquée.

En juin dernier, le bilan routier partiel 2020 de la SAAQ montrait déjà une baisse de 11,2 % du nombre de victimes « blessées grièvement nécessitant une hospitalisation », entre les mois de janvier et d’octobre. « C’est quand même un impact important, a dit M. Bonnardel lorsque questionné au sujet de la diminution des véhicules sur les routes dans la foulée de la pandémie. Il y a heureusement eu moins d’accidents dans l’année 2020, et c’est ce qui se répercute sur l’excédent de capital. »

Quant à savoir si ces rabais s’appliqueront de nouveau en 2024 ou s’il en coûtera plus cher afin de renouveler son permis, les autorités demeurent prudentes pour l’instant. « On s’est gardés une saine prudence. On préfère ré-annoncer une bonne nouvelle […] plutôt que de devoir aller rechercher de l’argent dans les poches de nos clients. Il y aura peut-être des bonnes nouvelles si le bilan routier continue de s’améliorer », a mentionné Mme Tremblay.

Il est déjà acquis que le coût du permis devrait augmenter de 10 $ en 2024 et pourrait ensuite être revu à la hausse, en fonction de l’inflation. « Mais les frais d’immatriculation vont baisser de 9 $, donc au final, ce sera une augmentation d’un dollar pour 2024 », a mentionné le ministre Bonnardel.