(Morley) Des drones sont au cœur d’un projet pilote consistant à livrer des fournitures médicales et de l’équipement de protection individuelle dans des communautés éloignées au pied des Rocheuses, en Alberta.

Bill Graveland
La Presse Canadienne

Des chercheurs de l’Institut de technologie du sud de l’Alberta de l’Université de Calgary (SAIT), Services de santé Alberta et les Laboratoires Precision Alberta ont établi l’été dernier un partenariat avec trois réserves de la première nation de Stoney Nakoda.

Lors de son voyage inaugural vers la réserve de Morley, à l’ouest de Calgary, un drone imposant, semblable à un petit hélicoptère et capable de transporter jusqu’à 45 kilogrammes, a livré du matériel et des tests de dépistage de la COVID-19.

Le projet a été conçu par Wade Hawkins, chercheur principal au Centre d’innovation et de recherche sur les systèmes sans pilote du SAIT, avec le docteur John Conly, directeur médical du Centre de recherche et d’innovation de la faculté de médecine de l’Université de Calgary.

Selon le Dr Conly, la livraison de fournitures médicales par drone a un potentiel illimité.

Et les premiers vols d’essai « se déroulent très bien jusqu’à présent », rapporte M. Hawkins.

La réserve d’Eden Valley, au sud-ouest de Calgary, posera toutefois des défis en raison de la plus grande distance et des vents puissants. Celle de Big Horn, dans le centre de l’Alberta, est encore plus reculée et le terrain est accidenté. Sans compter le service cellulaire qui laisse à désirer.

« Notre objectif est de faire les preuves de cette technologie localement, puis on passera potentiellement à l’ensemble du Canada, dans des territoires nordiques avec des environnements vraiment éloignés, et ensuite dans des pays en développement. »

M. Hawkins précise que les tests en Alberta doivent se conclure l’été prochain. L’idée est d’attirer l’attention internationale, indique-t-il, leur projet ayant déjà piqué la curiosité de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

« En fait, ils sont maintenant des bailleurs de fonds et ils sont intéressés de voir ce qu’on peut faire », rapporte-t-il.

Cette technologie est notamment envisagée pour livrer des tests de dépistage de la COVID-19 et de l’équipement médical portatif dans certains pays d’Afrique, note-t-il.

L’OMS est notamment intriguée par l’idée de distribuer des vaccins dans les villages isolés où l’on pourrait s’auto-inoculer, expose le Dr Conly, qui a été conseiller technique dans le cadre de la réponse onusienne à la pandémie.

Le projet pilote met également de plus petits drones à l’épreuve pour envoyer de l’équipement, comme des appareils à échographie, directement aux patients afin que des médecins puissent effectuer des examens à distance.

« Les appareils à ultrasons sont en train de devenir minuscules. Je dirais moins d’une livre. Ils peuvent même être alimentés en les branchant sur un téléphone intelligent », souligne le Dr Andrew Kirkpatrick, professeur à l’École de médecine Cumming et chirurgien traumatologique ayant travaillé avec la NASA.

Ryan Robb, de la première nation de Stoney Nakoda, se réjouit de participer au développement de nouvelles technologies.

La réserve de Morley est située non loin de la route Transcanadienne, mais les autres sont plus retirées.

« Il y a encore beaucoup de gens sur notre réserve chez qui je ne peux pas me rendre à moins d’être en quatre roues. »

Les drones pavent donc la voie vers de meilleurs soins de santé, dit-il.