Tout le monde doit se mettre en quarantaine en rentrant de voyage, ce qui inclut les propriétaires de supermarchés. Une directive qui ne semble pas avoir été comprise par Yves Blanchard, du Metro de Saint-Alphonse-Rodriguez, dans Lanaudière.

Marie-Eve Fournier Marie-Eve Fournier
La Presse

En rentrant de Floride, l’homme d’affaires s’est rendu dans son commerce. C’était la nuit et il n’y avait aucun employé, nous a confirmé la porte-parole de Metro, Marie-Claude Bacon.

« Il aurait dû rentrer directement chez lui et se mettre en quarantaine, a-t-elle insisté. Il a fait exactement ce qu’on demande aux clients de ne pas faire ».

Quand les employés ont appris que leur patron avait pénétré dans le supermarché, ils ont été « perturbés et inquiets ». M.  Blanchard n’avait pas de symptômes au moment des faits.

Dans les circonstances, le siège social de l’épicier a ordonné la fermeture immédiate du magasin de la route 343 afin qu’il soit désinfecté par une équipe spécialisée. Metro insiste sur le fait qu’il ne veut pas que ses employés et ses clients tombent malades.

La nouvelle de la fermeture a été annoncée sur le site de la Ville. Ainsi que sur la page Facebook du Metro Famille Blanchard. Diverses rumeurs ont aussi circulé.

Nous avons tenté de joindre Yves Blanchard qui est maintenant en quarantaine, assure Mme Bacon. En appelant le supermarché, on a transféré notre appel à son fils Yannick. « Sans commentaire », a-t-il dit sèchement avant de raccrocher.

L’épicerie a été rouverte vendredi.

Fermeture du Provigo à l’Île-des-Sœurs

La Presse a également appris que le Provigo de l’Île-des-Sœurs (Place Du Commerce à Verdun) est actuellement fermé. Il doit être assaini, car un ou une employée a contracté la COVID-19.

« Notre protocole prévoit en effet la fermeture de nos supermarchés afin de pouvoir procéder à une désinfection de fond en comble par une firme spécialisée », explique la porte-parole du détaillant, Johanne Héroux. La réouverture est prévue pour « demain dans la matinée ». Ce processus permet à la fois de rassurer la clientèle et les employés. Les employés à risque sont par ailleurs invités par la Santé publique à se mettre en isolement.

Le Provigo de la rue Galt Ouest, à Sherbrooke, a également été fermé pour subir le même sort après que la direction eut appris, jeudi, qu’un ou une salariée avait contracté la maladie. Il a rouvert vendredi.

La personne n’avait pas travaillé dans le magasin depuis le 20 mars.

Ne pas contaminer ceux qui nous nourrissent

Les employés des deux supermarchés sont représentés par le Syndicat des Travailleurs unis de l’alimentation et du commerce (TUAC), qui se réjouit que de telles circonstances ne pénalisent pas financièrement ses membres. Provigo/Maxi continue en effet de payer ceux qui perdent des heures en raison d’une fermeture temporaire et/ou d’une mise en isolement (ce que Metro a aussi promis de faire, selon les TUAC).

« Le travailleur n’a pas à choisir entre sa paie et sa santé, celle de ses collègues et des clients […] On ne voudrait pas que des employés ne disent pas qu’ils ont des symptômes de crainte de perdre du salaire », fait valoir la porte-parole des TUAC, Roxanne Larouche.

La syndicaliste insiste par ailleurs sur l’importance pour les clients ayant des symptômes de ne pas faire leurs courses eux-mêmes. « Il ne faut pas mettre en danger les travailleurs qui contribuent à nous nourrir. »