Il y a surreprésentation des familles noires dans les signalements en protection de la jeunesse et « je sens un mépris de cette réalité » de la part du Service de police de la Ville de Montréal, a lancé, furieuse, Régine Laurent, présidente de la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse.

Louise Leduc Louise Leduc
La Presse

Le SPVM était ce matin à la Commission Laurent pour offrir ses réflexions sur la façon d’améliorer les choses en matière de protection de la jeunesse. Trois de ses responsables ont, comme à l’habitude, présenté un mémoire, puis répondu aux questions.

Mme Laurent a laissé les commissaires poser les leurs, puis elle a reproché au SPVM que son mémoire ne dise pas un seul mot sur la surreprésentation de parents noirs judiciarisés.

« Je suis très peinée qu’on en soit encore, en 2020, à une démarche, une réflexion » à ce sujet, a-t-elle dit.

« La Commission ne peut pas porter de blâme, mais je n’en pense pas moins », a-t-elle ajouté d’une voix émue, disant espérer que dans 10 ans, le SPVM aura de vrais résultats à présenter et que les familles cesseront d’être détruites.

Le commandant Jean-Marc Schanzenbach, chef du poste de quartier 15, a répondu qu’il ne s’agit pas ici de cas de profilage. Quand les policiers sont appelés à intervenir dans des cas de protection de la jeunesse, ils se rendent dans les familles, sans connaître à l’avance leurs caractéristiques.

Il a ajouté par ailleurs que le SPVM avait bien pris connaissance des mémoires qui avaient abordé la question, comme la Maison d’Haïti, dont la directrice a dénoncé le fait qu’à son avis, la DPJ discrimine les familles haïtiennes.

D’autres commissaires avaient des questions, mais ils ont préféré en rester là après l’intervention de leur présidente Laurent, manifestement remuée.