La mairesse de Longueuil, Sylvie Parent, propose de réduire sa rémunération globale qui demeurerait toutefois plus élevée que celle de son homologue montréalaise Valérie Plante.

Kathleen Lévesque Kathleen Lévesque
La Presse

Devant l’ensemble des élus de Longueuil réunis mardi après-midi en assemblée plénière afin de discuter des émoluments de tous les élus, Mme Parent a proposé « une révision importante de la structure salariale ». Mme Parent qui a touché 242 213 $ en 2019, une hausse de 49 % par rapport à ce qui lui était versé lors de son élection en 2017, recevrait un total de 206 763 $ cette année.

En comparaison, la rémunération totale de la mairesse de Montréal, avec des responsabilités métropolitaines, s’établissait à 185 000 $ en 2019, incluant une allocation de dépenses dont bénéficient tous les conseillers municipaux au Québec.

Dix mois après les révélations de La Presse quant à la rémunération record de Mme Parent dans le monde municipal au Québec et les pressions politiques qui ont suivi, la mairesse de Longueuil propose des changements qui ne concernent que son salaire de base : de 148 090 $ en 2019, il passerait à 112 250 $, soit une baisse de 35 840 $.

En effet, à cette somme, Mme Parent suggère d’additionner les montants pour chacune de ses responsabilités dans les instances régionales et suprarégionales. Elle conserverait ainsi les 45 000 $ pour ses fonctions au sein de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), la somme de 18 076 $ pour son rôle au sein de l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) et l’enveloppe de 14 670 $ provenant de l’Agglomération de Longueuil. S’ajoute l’allocation de dépenses de 16 767 $ qui est universelle pour les élus municipaux.

Rapport de l’ÉNAP

Sylvie Parent s’appuie sur le rapport de l’École nationale d’administration publique (ÉNAP) signé par le professeur et ancien ministre des Affaires municipales, Rémy Trudel. Ce dernier avait été mandaté (contrat de 13 000 $) en septembre dernier pour analyser la situation et faire des recommandations.

Ce rapport a été présenté aux membres du conseil lundi et sera rendu public lors de l’assemblée mensuelle du 18 février prochain. Au même moment, un projet de modification du règlement concernant la rémunération de la mairesse et de tous les conseillers municipaux sera déposé. En mars ou avril, le conseil municipal sera appelé à se prononcer, mentionne la mairie dans un communiqué de presse.

« Le rapport […] souligne entre autres, le dilemme de gouvernance, les défis et la particularité du territoire de l’agglomération de Longueuil. […] Un constat apparaît clairement : les conseillers et conseillères de Longueuil sont en queue de peloton de la rémunération pour des villes comparables », souligne-t-on dans le communiqué.

En juin 2017, le gouvernement du Québec a adopté la Loi visant principalement à reconnaître que les municipalités sont des gouvernements de proximité et à augmenter à ce titre leur autonomie et leurs pouvoirs (Loi 122). Jusque-là, c’est la loi qui établissait le minimum et le maximum que le maire et les conseillers municipaux pouvaient recevoir. Il ne leur était pas possible d’additionner les sommes dévolues aux responsabilités supplémentaires. La Loi 122 a déplafonné les salaires et les municipalités peuvent ainsi exercer leur autonomie.

À Montréal, l’administration de Valérie Plante avait rapidement adopté une réglementation pour établir un plafond. Du côté de Laval, un contrat a été octroyé à M. Trudel de l’ÉNAP l’automne dernier pour parvenir à une révision salariale. Le maire Marc Demers a touché un salaire de 217 000 $ en 2019, en hausse de 28 % par rapport à 2017.

L’opposition officielle de Longueuil a réagi par voie de communiqué en soulignant que c’est « trop peu, trop tard » et que « la mairesse de la cinquième plus grande ville demeure ainsi une des politiciennes les mieux rémunérées au Québec ».