Le site Pornhub a réduit de près de 80 % le nombre de vidéos en ligne sur sa plateforme, passant de 13,5 millions de vidéos à 2,9 millions lundi soir, à la suite d’une enquête qui a révélé un grand nombre de vidéos présentant des sujets mineurs et des victimes de trafic sexuel.

Alice Girard-Bossé Alice Girard-Bossé
La Presse

Le site pour adultes Pornhub a supprimé la majorité de son contenu, lundi, après avoir instauré une série de nouvelles mesures pour mieux contrôler le contenu de ses vidéos. Selon un rapport de Motherboard, le nombre total de vidéos sur le site atteignait 13,5 millions dimanche soir et a chuté à 2,9 millions lundi soir.

« À l’avenir, nous n’autoriserons que les utilisateurs correctement identifiés à télécharger du contenu », a déclaré le site web appartenant à la société montréalaise Mindgeek dans un communiqué. Depuis le lancement de Pornhub en 2007, tout utilisateur pouvait télécharger du contenu sur le site. Avec les nouvelles mesures mises en place, seuls les utilisateurs vérifiés peuvent le faire. Afin d’être validés, les utilisateurs doivent soumettre une photo d’eux-mêmes tenant un morceau de papier avec leur nom d’utilisateur et pornhub.com écrits dessus.

Jusqu’à présent, Pornhub permettait aussi de télécharger des vidéos directement de son site web. Ainsi, même si une vidéo était supprimée, le contenu pouvait encore continuer d’être partagé ou téléchargé. L’entreprise a toutefois modifié ses mesures. « Nous avons supprimé la possibilité pour les utilisateurs de télécharger du contenu depuis Pornhub. […] Cela atténuera la capacité du contenu déjà supprimé de la plateforme de pouvoir revenir », assure l’entreprise.

Le site pornographique a annoncé cette série de mesures après un article du New York Times dénonçant la présence de vidéos pédopornographiques et de viols. L’article affirme que, parmi les 6,8 millions de nouvelles vidéos publiées sur le site chaque année, « beaucoup décrivent la maltraitance des enfants et la violence non consensuelle ». Toutefois, personne n’a une idée précise de la quantité de contenu illégal, puisqu’il est impossible de savoir l’âge des jeunes dans les vidéos.

À la suite de l’article du quotidien new-yorkais, les gestionnaires de cartes de crédit Visa et Mastercard ont annoncé vendredi qu’elles n’autoriseraient plus l’utilisation de leurs cartes sur le site Pornhub. Mastercard a déclaré que sa décision était permanente, tandis que Visa a signalé qu’elle suspendait ses activités le temps de mener sa propre enquête.