(Winnipeg) Un juge manitobain a rejeté la demande d’une église de pouvoir tenir des services religieux à l’auto en dépit des restrictions sanitaires pour contenir la propagation de la COVID-19 dans la province.

Steve Lambert La Presse Canadienne

Le juge de la Cour du Banc de la Reine du Manitoba Glenn Joyal a tranché que l’église n’avait pas démontré comment des services religieux organisés en ligne, plutôt que dans un stationnement, lui causeraient un préjudice irréparable.

Le magistrat a tenu une audience spéciale samedi pour la cause impliquant l’église Springs de Winnipeg, qui a écopé de plus de 32 000 $ en amendes dans les dernières semaines et qui voulait une décision avant un service prévu plus tard dans la journée.

L’église plaidait que l’interdiction par la santé publique des services religieux en personne enfreint les libertés de religion et d’association garanties par la Charte. Elle demandait une injonction pour que les cérémonies puissent avoir physiquement lieu d’ici l’examen du fond du dossier.

L’ordonnance de santé publique interdit également tout rassemblement de plus de cinq personnes.

L’avocat de l’église arguait que les cérémonies à l’auto ne posent aucun risque, puisque les participants sont invités à rester dans leur véhicule pendant que le pasteur s’exprimer depuis une scène. « Ils n’ont pas le droit d’entrer dans les bâtiments de l’église, même pas pour utiliser les toilettes », avait affirmé Me Kevin Williams.

Un avocate du gouvernement avait fait valoir que l’interdiction s’inscrit dans le cadre des efforts pour limiter les rassemblements publics et ainsi freiner la contagion dans la province, qui compte l’un des taux d’infection les plus élevés au pays.

Il n’y a aucune manière d’assurer que les fidèles ne socialisent pas dans le stationnement, avait relevé Me Heather Leonoff.

Cette décision intervient alors que le bilan des infections et des morts continue de s’alourdir à travers le Manitoba. Les autorités ont rapporté samedi 354 nouveaux cas et un sommet quotidien de 19 décès.

Aucune date n’a encore été fixée pour entendre les arguments de l’église qui s’appuient sur la Charte canadienne des droits et libertés.