Alors que le financement annoncé par Québec tarde à arriver, la Ville de Montréal a été obligée d’avancer l’argent promis à des camps de jour afin qu’ils demeurent ouverts cet été.

Véronique Lauzon Véronique Lauzon
La Presse

La Ville de Montréal a choisi de soutenir une partie des coûts additionnels engendrés par la pandémie pour assurer une offre de services de plusieurs camps de jour, dont Sports Montréal, le TAZ, le Groupe uni des éducateurs-naturalistes et professionnels en environnement, ainsi que des camps de jour spécialisés comme la Fondation des aveugles du Québec et Autisme Montréal.

« Il est important pour notre administration d’assurer le maintien des camps de jour et de leurs activités qui sont essentielles pour les familles montréalaises, a répondu par écrit Laurence Houde-Roy, du cabinet de la mairesse de Montréal. Notre administration a donc décidé de devancer les sommes promises par le gouvernement du Québec avec un financement exceptionnel. » Autrement, les camps de jour auraient carrément dû annuler ou réduire leurs activités, ou pire encore, faire comme les arrondissements de Pierrefonds-Roxboro, Saint-Laurent et Anjou, et carrément refuser d’offrir leur programmation de camps de jour.

Au total, la Ville évalue qu’elle a remis « près de 5 millions de dollars pour sauver les camps de jour ». « Ce financement devra se faire à coût nul pour les Montréalais et nous attendons toujours le financement de Québec », ajoute Mme Houde-Roy.

Pour les camps de jour d’arrondissement et pan-montréalais, une somme de 70 $ par jeune par semaine est remise par la Ville, soit la somme moyenne évaluée du surcoût pendant la pandémie. Pour les camps spécialisés, le financement change d’un organisme à l’autre, en fonction des besoins, qui ont été évalués au cas par cas.

Chez Loisirs récréatifs et communautaires de Rosemont, qui gère trois camps de jour, il est évident que sans ce financement supplémentaire de la Ville, l’organisme à but non lucratif n’aurait pas pu fonctionner cette année. « La Ville a fait toute la différence », avance la directrice générale Karine Brunet-Laniel. « J’ai senti que nous étions une priorité pour la Ville, ils ont compris l’importance d’offrir ce service aux parents. »

Les trois camps de jour de cet arrondissement reçoivent normalement « environ 20 $ par enfant par semaine » de la Ville. « Les 70 $ de plus par jeune étaient tout à fait nécessaires cette année pour mettre en œuvre le protocole sanitaire, acheter le matériel, etc. », évoque Mme Brunet-Laniel.

Au camp de jour de Sports Montréal, qui reçoit un soutien financier maximal de près de 129 000 $ selon le nombre d’inscriptions total, la décision de recevoir des jeunes cet été avait été prise avant que la Ville annonce qu’elle lui accordait un soutien financier extraordinaire dans le contexte de la COVID-19. « On a accueilli de manière très positive cette nouvelle. C’est majeur comme aide, 70 $ par jeune. Et c’est très apprécié », explique Caroline Pujol, directrice de ce camp qui offre une gamme complète d’activités sportives.