(SAINT-JÉRÔME) Un peu avant 11 h sont arrivés les deux corbillards, puis les voitures de la famille éplorée. Suivaient deux camions de Savoura et un VUS tirant une remorque du club Karting BCR de Mirabel.

Mathieu Perreault Mathieu Perreault
La Presse

Quelques centaines de personnes étaient réunies hier à la cathédrale de Saint-Jérôme pour les funérailles du président de Savoura, Stéphane Roy, et de son fils de 14 ans Justin Roy-Séguin. Leurs cendres reposaient dans deux urnes cubiques en bois, celle de l’adolescent arborant une gravure de go-kart, l’une de ses passions.

Le père et le fils sont disparus quand leur hélicoptère s’est écrasé dans les Laurentides le 10 juillet. Ils ont été retrouvés morts sur les lieux de l’accident le 25 juillet.

« Stéphane m’a appris à travailler, à foncer et à persévérer. C’est ce qu’il faisait 24 heures sur 24, sept jours par semaine », a déclaré son frère Daniel lors d’un témoignage. « Il n’avait jamais peur. »

J’aimerais qu’on se rappelle comment il aimait sa mère, son fils et Caroline [Dalpé, conjointe de Stéphane Roy], comment il était généreux et aidait ceux qui avaient des difficultés.

Daniel Roy, à propos de son frère Stéphane

Daniel Roy a relaté comment Stéphane et lui, qui avaient 16 mois de différence, ont commencé à travailler dans la cafétéria de leur école en première secondaire pour « un repas chaud gratuit et 4 $ par semaine », puis l’été suivant dans une ferme « pour 1,25 $ de l’heure, 40 à 50 heures par semaine ».

« À mes côtés »

Une lettre de la mère de Justin Roy-Séguin, Christine Séguin, a été lue par Catherine Séguin, cousine de Justin. « Je sais que tu seras à mes côtés », a écrit Christine Séguin.

Une amie du couple Roy-Dalpé, Nadine Raymond, a pour sa part lu une lettre de Caroline Dalpé, la veuve de Stéphane Roy, qui a connu Justin « quand il était bébé » et a honoré la mémoire de ses « deux amours ». « Que ce soit les plaisirs culinaires, le surf, la moto, la motocross, le snowboard, la voile, l’hélicoptère, la jeep, le rafting, nous voulions tout avoir. »

Le père de Caroline Dalpé, Pierre Dalpé, a déclaré que Stéphane Roy était « un interrupteur avec juste un piton : ON ». Il a aussi longuement fait l’éloge des capacités mécaniques de Justin Roy-Séguin. « J’avais demandé à Justin de faire la liste des appareils qu’il pouvait conduire », a dit M. Dalpé, qui connaissait Stéphane Roy depuis 30 ans. « Je pensais qu’il ferait un paragraphe, mais il a écrit sur une page et demie. »

Fier de son fils

Stéphane Roy était très fier des « exploits » de son fils Justin et également de sa mère Monique Longpré, a rapporté André Michaud, porte-parole de Savoura et ami de M. Roy. « Elle est notre internaute la plus assidue sur les réseaux sociaux », a dit M. Michaud lors de son témoignage. M. Roy avait aussi parlé avec admiration à M. Michaud d’un récent périple de Mme Longpré en voiture en Gaspésie. Mme Longpré connaît bien l’évêque de Saint-Jérôme, Raymond Poisson, qui a célébré les funérailles.

La ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais, qui est députée de Prévost, ainsi que le ministre de l’Agriculture, André Lamontagne, étaient présents. M. Lamontagne a confié qu’il emmenait parfois ses filles dans l’hélicoptère qu’il pilote et que la tragédie l’a ébranlé. Mme Blais a déclaré que la disparition de Stéphane Roy, un « patron extraordinaire », était « vraiment très préoccupante pour la communauté et l’ensemble des entrepreneurs du Québec ».

Dans sa lettre, Caroline Dalpé, qui est directrice générale de Savoura, a affirmé qu’elle continuerait l’œuvre de Stéphane Roy « Je poursuivrai ton rêve et tes ambitions », a-t-elle écrit.

André Michaud a célébré le « rêve d’une agriculture meilleure » de Stéphane Roy.

La cérémonie s’est terminée peu avant 13 h, après que la presque totalité de l’assemblée eut communié. La commémoration s’est transportée à un chapiteau érigé près du domicile de Stéphane Roy, où d’autres témoignages étaient prévus, notamment par des travailleurs saisonniers étrangers. Ce volet de l’hommage aux disparus n’était pas ouvert aux médias.