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La mort de la mère de Gilles Duceppe était «évitable», dit la famille

Hélène Rowley Hotte (à droite) aura entre autres... (PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE)

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Hélène Rowley Hotte (à droite) aura entre autres passé plus de six heures dans le froid extrême, prisonnière de la cour intérieure de sa résidence, en se déplaçant visiblement devant des caméras de surveillance, sans que personne ne vienne à son secours.

PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

C'est une «cascade» d'erreurs qui ont mené au décès par hypothermie de la mère du politicien Gilles Duceppe, Hélène Rowley Hotte, l'hiver dernier affirme la coroner Me Géhane Kamel dans son rapport rendu public mardi matin.

La dame aura entre autres passé plus de six heures dans le froid extrême, prisonnière de la cour intérieure de sa résidence, en se déplaçant visiblement devant des caméras de surveillance, sans que personne ne vienne à son secours. Un décès « évitable » selon la famille Duceppe, qui envisage d'entreprendre des procédures judiciaires contre la résidence privée pour aînés Lux Gouverneur, où habitait la victime, et qui presse le gouvernement d'agir rapidement pour éviter que de telles tragédies ne se reproduisent.

« Mme  Rowley Hotte Duceppe ne voulait pas mourir et encore moins de cette tragique façon. Elle a tenté par tous les moyens de se réchauffer et de trouver une issue pour s'en sortir. Il est étonnant, avec le froid extrême qui sévissait, qu'elle ait pu tenir le coup si longtemps », écrit la coroner Kamel.

La résidence Lux Gouverneur, où habitait Hélène Rowley... (PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE) - image 2.0

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La résidence Lux Gouverneur, où habitait Hélène Rowley Hotte.

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE

Prisonnière du froid

Le 20 janvier dernier, alors que le mercure était de -35 °C, Mme Rowley Hotte a été retrouvée sans vie à 11 h 40 à l'extérieur de la résidence Lux Gouverneur, une résidence privée pour aînés autonomes située dans l'est de Montréal et qui comprend trois tours.

Durant la nuit, a 4 h 12, une alarme incendie s'était déclenchée dans la tour 2 en raison d'une fuite de monoxyde de carbone. Une alarme générale s'était aussi déclenchée dans la tour 1 et la tour 3, où habitait Mme Rowley-Hotte. Moins de cinq minutes plus tard, l'alarme générale avait été arrêtée et les pompiers émettaient un message pour dire aux résidants de ne pas évacuer. Mais Mme Rowley Hotte était déjà à l'extérieur et n'a pas entendu ce message.

La coroner Géhane Kamel... (PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE) - image 3.0

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La coroner Géhane Kamel

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

Le rapport de la coroner Kamel nous apprend que la mère de Gilles Duceppe, qui avait 93 ans et n'avait aucun problème de santé si ce n'est qu'elle portait des appareils auditifs, avait une « peur viscérale » des incendies.

Après avoir mis son chapeau et son manteau, Mme Duceppe s'est dirigée vers la sortie de secours la plus près de chambre à 4 h 58. Une fois à l'extérieur, Mme Rowley Hotte a réalisé que le point de ralliement n'était pas dans la cour intérieure. « Elle tente de revenir à l'intérieur, mais la porte de secours est barrée et sa carte d'accès ne permet par de l'ouvrir », est-il écrit dans le rapport. Les images des caméras de surveillance montrent que Mme Rowley Hotte a ensuite tenté pendant plus de six heures de se protéger du froid. Elle a cherché une issue, sans succès. Elle n'avait « aucun moyen de communiquer avec une personne à l'intérieur de l'établissement, la porte n'étant ni dotée d'une sonnette ni d'un interphone », écrit la coroner.

Des caméras ignorées

Durant les heures qu'elle a passées à l'extérieur, Mme Rowley-Hotte a changé plusieurs fois de position, révèlent les images captées par les caméras de surveillance. Pourquoi aucun employé n'a-t-il vu ces images et porté secours à la résidente ? « On n'a pas regardé la caméra », dit la coroner Kamel.

L'avocat de la famille Duceppe, Me Marc-André Cloutier.... (PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE) - image 4.0

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L'avocat de la famille Duceppe, Me Marc-André Cloutier.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

Pour la famille, le rapport de la coroner fait état de « graves manquements de la part de la Résidence Lux Gouverneur qui, les uns avec les autres, n'ont donné aucune chance à Mme Rowley » et « poussent la famille à réfléchir à différentes actions à prendre avant de pouvoir tourner la page », a dit l'avocat de la famille Duceppe, Me Marc-André Cloutier.

D'autres erreurs

Dans ses conclusions, la coroner Kamel recommande notamment à la résidence Lux Gouverneur de « désigner une personne dont le principal mandat sera de s'assurer de la sécurité des lieux et de la surveillance des caméras ». Elle recommande aussi à la résidence de « se munir d'un système d'interphone avec sonnette aux six portes où se trouvent les sorties d'urgence », de « faire une tournée visuelle obligatoire dans les cages d'escalier et à l'extérieur des bâtiments à chaque déclenchement d'alarme incendie » et d'effectuer aussi un décompte des résidents. Un tel décompte avait été fait le soir du drame, mais uniquement dans la tour 2.

La coroner Kamel a indiqué que déjà, la résidence Lux Gouverneur a commencé à modifier son plan de mesures d'urgence. Dans un communiqué émis ce matin, la résidence Lux Gouverneur mentionne que « la sécurité et le bien-être des résidants constituent une priorité absolue pour la direction. Celle-ci accueille favorablement toutes les recommandations de la coroner. Ces recommandations ont d'ailleurs déjà été implantées ou sont en voie de l'être ». « Encore bouleversée par cet incident, toute l'équipe de la Résidence Lux Gouverneur réitère son appui aux recommandations de la coroner et mettra tout en oeuvre pour accroître encore davantage la sécurité de ses résidents », est-il écrit dans le communiqué.

Douleur et incompréhension

La famille Duceppe ressent malgré tout de la « douleur, de la colère et de l'incompréhension », affirme Me Cloutier. Ce dernier souligne au passage que mis à part par voie de communiqué, jamais la résidence Lux Gouverneur n'a joint la famille Duceppe pour leur offrir des condoléances. La famille est plus que contrariée par ce « manque de sensibilité », selon leur avocat.

La famille Duceppe décidera dans les prochains jours si une poursuite civile sera intentée ou non. Mais au-delà de l'argent, la famille veut surtout « donner le chemin à suivre » pour éviter que de tels drames ne se reproduisent.

La famille Duceppe presse la ministre des Aînés, Marguerite Blais, d'agir « rapidement » dans le dossier, notamment pour que le code du Bâtiment soit modifié afin d'obliger les résidences pour aînés à munir leurs portes d'un système d'interphone avec sonnette.




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