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Inondations: «Ça libère de savoir enfin ce qui nous attend»

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Tôt en matinée, hier, les autorités ont organisé des expéditions pour permettre aux sinistrés d'aller chercher quelques effets personnels et, surtout, de constater l'ampleur des dégâts.

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La levée partielle de l'ordre d'évacuation dans la zone inondée de Sainte-Marthe-sur-le-Lac fait ressortir le meilleur et le pire de l'humanité. Pendant que l'entraide s'organise, les sinistrés découvrent avec effroi que du pillage s'est produit pendant leur absence.

Profondément soulagés

Tôt en matinée, les autorités ont organisé des expéditions en zodiac pour permettre aux sinistrés d'aller chercher quelques effets personnels et, surtout, de constater l'ampleur des dégâts. Cinq minutes, maximum, leur étaient accordées par les équipes de secouristes pour visiter leur maison. « Je cherche une façon de remercier ces gens-là. Ils ont été d'une gentillesse extrême. Vous ne savez pas à quel point ça libère de savoir enfin ce qui nous attend. C'est comme une injection de calmant », a dit Robert Pépin, dont la maison est située à 300 mètres de la brèche à partir de laquelle l'eau a englouti le quartier.

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Malgré le fait que sa maison s'est affaissée, il peut enfin se faire une idée des travaux qui seront nécessaires. Sa femme, Manon Pépin, a réussi à sauver un cadre avec la photo de ses six petits-enfants. « Ça m'a fait tellement de bien d'aller voir », a-t-elle lancé. À quelques centaines de mètres de là, Kayleen Cosgrove et son père, Gérard Proulx, ont aussi poussé un soupir de soulagement en constatant que la crue subite de l'eau n'avait pas dépassé le sous-sol. 

« On est chanceux. Les égouts n'ont pas l'air d'avoir débordé », a dit M. Proulx, pendant que sa fille remplissait des sacs de nourriture qu'elle a pu récupérer. « C'est la maison de mon enfance. Ça me fait quelque chose de voir ça, mais on s'en tire plutôt bien », s'est-elle consolée.

Kayleen Cosgrove et son père Gérard Proulx regagnent leur... (PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE) - image 3.0

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Kayleen Cosgrove et son père Gérard Proulx regagnent leur résidence, à Sainte-Marthe-sur-le-Lac.

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Élan de solidarité

En périphérie de la « zone rouge », là où une digue temporaire fabriquée à la hâte en déversant des tonnes de gravier a permis d'isoler les maisons du secteur inondé, de petits groupes d'amis et de membres de la famille commençaient le ménage. « Le mur m'inquiète, ça a vraiment défoncé avec la pression de l'eau », nous a montré Yannick Blanchet, père de deux enfants en bas âge. 

« Quand j'ai acheté la maison, ce n'était pas considéré comme une zone inondable parce qu'il y avait une digue, alors je n'ai pas d'assurances, même pas pour dormir à l'hôtel. Heureusement que je suis super bien entouré. » Ses proches ont lancé une campagne de sociofinancement sur GoFundMe pour aider la famille (campagne « Pour ma nièce famille Lecompte-Blanchet). 

En quelques heures, la campagne avait récolté 1830 $, alors que l'objectif était de 1500 $. Manon Lefebvre, belle-mère de M. Blanchet, a décidé d'accueillir toute la famille chez elle. « C'est petit où j'habite, mais il faut se serrer les coudes. Les enfants ont perdu leur frère en septembre, à la suite d'un suicide. Là, je vois ma fille qui vient de tout perdre. Je tiens à un fil, mais je garde le moral », a-t-elle confié.

L'heure est au nettoyage pour certains des sinistrés... (PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE) - image 4.0

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L'heure est au nettoyage pour certains des sinistrés de Sainte-Marthe-sur-le-Lac.

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Quelques cas de vol

Si l'entraide et la solidarité sont généralement au rendez-vous, quelques citoyens nous ont affirmé que des pilleurs avaient sévi pendant leur absence forcée. « Mon voisin s'est fait voler une génératrice », a affirmé Réjean Maisonneuve. Samuel Gagnon, dont le père habite au bord de l'eau depuis 35 ans, a pour sa part dit s'être fait voler des perceuses et du matériel de construction alors qu'il travaillait à rehausser la digue de béton. 

« On a dormi ici pour sécuriser les environs. On entendait les gens arriver la nuit avec des bateaux et des chaloupes pour venir voler. C'est dégoûtant », s'est-il indigné. Lors de notre passage, la garde côtière et l'armée patrouillaient sur le lac des Deux Montagnes pour contrôler les accès au quartier sinistré par le lac. « Le problème, c'est qu'ils partent à 18 h. Après, les voleurs ont la voie libre », a affirmé Michel Gagnon. 

La mairesse de la ville, Sonia Paulus, a aussi souligné que des dizaines de policiers avaient été postés aux accès des rues pour surveiller les allées et venues.

Diane Asselin, une résidante de Sainte-Marthe-sur-le-Lac.... (PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE) - image 5.0

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Diane Asselin, une résidante de Sainte-Marthe-sur-le-Lac.

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La grogne

Des rumeurs d'action collective imminente contre la municipalité de Sainte-Marthe-sur-le-Lac ont été évoquées toute la journée hier. Diane Asselin, une résidante, faisait signer une pétition demandant à la Ville de donner un crédit de taxe foncière de 500 $ aux sinistrés. « Il y a plein de pères et de mères de famille qui sont obligés de prendre plusieurs jours de congé pour sauver leur maison. Je demande à la Ville de Sainte-Marthe-sur-le-Lac de leur donner un petit coup de pouce », a-t-elle expliqué. 

« Absolument rien à se reprocher », dit la mairesse

La mairesse Sonia Paulus a catégoriquement rejeté en point de presse toute responsabilité pour la rupture de la digue, qui a cédé samedi, provoquant l'inondation de près de 1000 maisons. « La digue a été inspectée régulièrement et a été expertisée depuis les crues de 2017, a-t-elle assuré. Notre ingénieur et son assistant y allaient souvent. La Ville n'a absolument rien à se reprocher. »

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La mairesse de Sainte-Marthe-sur-le-Lac, Sonia Paulus, a catégoriquement rejeté en point de presse toute responsabilité pour la rupture de la digue.

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La digue en question, construite dans les années 70, permettait au secteur de ne pas être considéré comme une zone inondable. La municipalité avait cependant officiellement fait une demande à Québec en février dernier pour faire rehausser la barrière de béton, « afin de faire face aux changements climatiques ». 

Les travaux devaient coûter 2,3 millions de dollars, mais ne devaient pas commencer avant l'automne. « Il n'y a pas eu de négligence. Nous avons fait une demande de rehaussement. Vous savez tous qu'on doit aller en appel d'offres, qu'il y a de la bureaucratie, tout a été fait dans les délais, a insisté Mme Paulus. Faire expertiser une digue de 3,5 kilomètres, ça ne se fait pas en criant ciseau », a justifié la mairesse. 

Par ailleurs, le gouvernement n'a pas encore décidé s'il va autoriser la reconstruction de la digue. « Il n'y a pas de décision de prise », a dit le premier ministre François Legault lors d'une conférence de presse, hier.  Des digues temporaires sont aménagées à l'est et à l'ouest de la brèche pour protéger des quartiers résidentiels vulnérables et on envisage aussi d'aménager un rempart au centre, mais ces installations sont temporaires. Avant de procéder à des aménagements permanents, il faudra mener une analyse plus profonde, a indiqué M. Legault.

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Québec craint la pollution du lac des Deux Montagnes

L'inondation causée par la rupture d'une digue à Sainte-Marthe-sur-le-Lac risque d'entraîner le déversement de polluants dans le lac des Deux Montagnes, où plusieurs municipalités puisent leur eau potable. Le ministre de l'Environnement, Benoit Charette, a confirmé hier que les équipes de son ministère ont été déployées rapidement pour empêcher la contamination du plan d'eau. 

L'inondation soudaine de samedi a touché des centaines de maisons, qui contiennent tantôt des réservoirs de mazout, tantôt des véhicules à essence. Ces hydrocarbures risquent maintenant de se retrouver dans l'eau, un mélange auquel s'ajoutent des refoulements d'égouts. Le déploiement de l'unité Urgence-Environnement est une « procédure habituelle » pour ce type d'événement, a dit le ministre. 

Pour l'heure, il a dit ne pas connaître la gravité des déversements. « À partir du moment où on déplace Urgence-Environnement, c'est qu'il y a une préoccupation véritable, a expliqué le ministre. Mais il est trop tôt à ce moment-ci pour arriver à quelque conclusion que ce soit. »

- Avec la collaboration de Martin Croteau, La Presse




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