Les mormons veulent un nouveau nom. Le chef de l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours a pris cette décision après avoir eu une « révélation ». Mais effacer un nom utilisé depuis des dizaines d’années ne sera pas simple.

Mathieu Perreault Mathieu Perreault
La Presse

Révélation

PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE

L’un des lieux de culte de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours est situé rue de l’Orphelinat, à Montréal.

En août dernier, le chef de l’Église, Russell Nelson, a dévoilé dans un communiqué qu’il fallait dorénavant éviter le terme « mormon » et le sigle LDS (Latter-day Saints, soit saints des derniers jours, en anglais) pour désigner son Église. « Ce n’est pas l’Église mormone », a-t-il déclaré deux jours plus tard devant 4000 fidèles réunis au Palais des congrès de Montréal, selon un article publié sur le site officiel du groupe. « Ce n’est pas l’Église LDS. Ce n’est pas l’Église des saints des derniers jours. »

Depuis, l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours a modifié toute sa littérature, même si elle conserve les noms de domaine mormonnews.org et lds.org pour éviter la confusion. « On veut insister sur Jésus-Christ », explique Mélanie Bouffard, une fidèle de Boisbriand vers qui les porte-parole québécois de l’Église ont dirigé La Presse pour une entrevue. « Le mot “mormon” a parfois été utilisé péjorativement. » Y aura-t-il un adjectif, pour éviter d’utiliser le nom de l’Église au complet, notamment dans les titres des journaux, ou quand on mentionne des chrétiens de différentes dénominations – catholiques, protestants, orthodoxes – dans la même phrase ? « Pas pour le moment, dit Mme Bouffard. Je ne sais pas quels sont les plans à ce sujet. »

Transmission

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Mélanie Bouffard, membre de l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours

Mélanie Bouffard fait partie de l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours depuis sa naissance, alors que ses parents y ont adhéré il y a 40 ans à la suite de la visite d’un missionnaire. À l’âge de 21 ans, comme tous les fidèles, elle a été missionnaire au Missouri (2 ans pour les garçons, 18 mois pour les filles). Elle a aujourd’hui quatre enfants de 6, 9, 10 et 13 ans et vient de recommencer à travailler, comme surveillante dans une école, parce que son dernier vient d’entrer à l’école. « Comme des gens normaux, mes enfants vont à l’école de quartier, le plus vieux a les défis de l’adolescence », dit Mme Bouffard. L’aîné va-t-il être missionnaire lui aussi ? « On aimerait ça, mais on ne va pas le forcer. »

Avant sa naissance, elle a occupé divers postes de gérante dans des magasins, au service à la clientèle et aussi dans une usine. Détail particulier, dans leurs courriels, les porte-parole de l’Église la désignaient sous le nom de « Mme Tremblay ». « C’est le nom de mon mari, mais dans la vie de tous les jours, j’utilise mon nom de jeune fille. »

L’a b c des mormons

PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE

Cérémonie religieuse de l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, à Montréal

Selon l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, au VIe siècle avant Jésus-Christ, un groupe d’israélites appelés Néphites sont arrivés en Amérique du Nord où, 900 ans plus tard, un prophète appelé Mormon a inscrit des révélations divines sur des tablettes d’or par la suite enterrées, puis retrouvées par le fondateur de l’Église, Joseph Smith. « Pour nous, Dieu n’a pas cessé de s’adresser aux prophètes après Jésus », dit Mme Bouffard. Les fidèles se rencontrent dans des églises, qui sont ouvertes à la population générale, mais seuls les membres de l’Église peuvent pénétrer dans les temples, qui sont surtout utilisés pour des rites particuliers comme le mariage. Celui du Québec se trouve à Longueuil.