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Grève des grutiers: Québec menace de réclamer les pertes financières

Une dizaine de grutiers ont manifesté hier matin... (Photo Patrick Sanfaçon, La Presse)

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Une dizaine de grutiers ont manifesté hier matin devant le chantier de la nouvelle Maison de Radio-Canada.

Photo Patrick Sanfaçon, La Presse

Devant le refus des grutiers de mettre fin à leur mouvement de grève illégale, le ministère des Transports, de la Mobilité durable et de l'Électrification des transports (MTMDET) brandit une menace qui fait appel à leur... solidarité.

Dans une mise en demeure envoyée hier par sa direction des affaires juridiques, le Ministère avertit les grutiers et leurs syndicats qu'il leur facturera « solidairement » toute perte financière liée à la poursuite de leur débrayage : « Vos actions causent inévitablement des coûts supplémentaires de plusieurs millions de dollars. Le Ministère n'entend pas assumer ces coûts ou refiler la facture aux contribuables, lit-on dans la lettre de deux pages envoyée aux quatre associations qui représentent les grutiers. Par conséquent, tous coûts supplémentaires occasionnés par votre comportement fautif, que ce soit sur le Projet Turcot ou ailleurs au Québec, vous seront réclamés, solidairement. »

Jeudi soir, le Tribunal administratif du travail a rendu une ordonnance pour forcer les quelque 1500 grutiers syndiqués affiliés à la FTQ-Construction et au Conseil provincial du Québec des métiers de la construction de cesser leur grève illégale et de reprendre immédiatement le travail. Aucun d'entre eux ne s'est cependant présenté au travail hier matin, un geste apparemment concerté qui a laissé plusieurs chantiers au ralenti. Ces travailleurs s'exposent à des amendes de 10 000 $ ou à des peines d'emprisonnement pour outrage au tribunal en défiant ainsi la décision du juge Alain Turcotte. Leurs syndicats pourraient écoper d'amendes de 100 000 $.

« Des amendes, ils peuvent nous en imposer tant qu'ils veulent, ils peuvent me mettre en prison s'il le faut, je ne retourne pas travailler », a bravé Daniel, un grutier du nouveau pont Champlain qui a demandé qu'on taise son nom de famille. « J'ai sacrifié sept mois de ma vie pour apprendre mon métier. C'est pas vrai qu'on va accepter que n'importe qui puisse maintenant faire notre job par en arrière avec une petite formation de rien du tout. »

« Moi aussi, j'aimerais ça, être pilote d'avion, mais ce n'est pas possible, je ne peux pas le devenir du jour au lendemain avec une formation bâclée. La même logique doit s'appliquer aux grutiers. » - Daniel, grutier

Ni le MTMDET ni la Commission de la construction du Québec n'étaient en mesure d'évaluer précisément les pertes financières liées au débrayage qui dure depuis une semaine. « À titre de comparaison, la grève dans la construction en 2013 avait représenté des coûts d'environ 10 millions par mois pour le seul chantier de l'échangeur Turcot. C'est 1 million par trois jours », a indiqué la porte-parole du ministre des Transports, Marie-Pierre Richard.

« LE VRAI TEST » MARDI

Certaines associations d'entrepreneurs en construction ont commencé à faire pression sur les grutiers, hier, pour les inciter à retourner au travail. L'Association des maîtres couvreurs du Québec (AMCQ) a fait parvenir une lettre à tous ses grutiers leur demandant d'être présents à leurs postes mardi. « Au plaisir de vous y voir », conclut la missive.

« Dans le fond, le vrai test, ce sera mardi matin. On va faire confiance aux travailleurs pour revenir au travail, mais si j'étais le gouvernement, je me trouverais un plan B. Le gouvernement a tous les moyens à sa disposition pour faire appliquer la loi, incluant la possibilité d'une loi spéciale », rappelle pour sa part Éric Côté, directeur général de la Corporation des entrepreneurs généraux du Québec.

Les grutiers contestent un nouveau règlement qui permet à certains travailleurs d'autres métiers d'opérer des grues dans certaines conditions, sans suivre une formation collégiale obligatoire de 870 heures. Le processus se fait plutôt par « compagnonnage », exige 150 heures de formation et la réussite d'un examen avec un résultat minimum de 80 %. Les syndiqués affirment que cette approche mènera inévitablement à des accidents mortels. La partie patronale soutient que la contestation vise plutôt à protéger un monopole historique des grutiers sur le métier.

La Fédération des travailleurs du Québec a demandé hier la mise sur pied d'un comité indépendant pour étudier le règlement et ses conséquences éventuelles sur la sécurité des travailleurs. La question fait l'objet de discussions en comité paritaire depuis près de 20 ans.




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