Être très pauvre dans un pays pauvre et vivre très à l'aise dans un pays riche. Le gouffre entre ces deux réalités n'a jamais été aussi abyssal.

Mis à jour le 12 nov. 2012
Agnès Gruda LA PRESSE

Pour l'illustrer, nous avons suivi deux adolescents de 12 ans, l'un à Musoma, en Tanzanie, l'autre à Brossard, au Québec. Seul le hasard les a fait échouer d'un côté ou de l'autre du miroir des occasions. Un hasard qui détermine non seulement ce qu'ils mangent et ce qu'ils possèdent, mais aussi leur manière de voir le monde, leurs peurs et leur vision de l'avenir.

Mwynishei a un sourire qui irradie et des yeux pétillants d'intelligence. Pour lui, la pauvreté, c'est surtout cet affreux mur qui se dresse à l'horizon. En janvier, il entrera en 7e année. Ce sera sa dernière. Il n'a pas les moyens de poursuivre ses études.

Comme Mwynishei, Rosalie a le visage vibrant d'intelligence et un sourire à faire craquer. Mais Rosalie vit à Brossard. Pour elle, les possibilités sont infinies. Les seuls murs auxquels elle risque de se heurter sont ceux qu'elle construira éventuellement dans sa tête.

Voici donc un garçon et une fille, dans un voyage aux deux extrémités de l'échelle des richesses.