Des rêves nés sur les pentes

Alexandre Bilodeau... (Photo Bernard Brault, La Presse)

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Alexandre Bilodeau

Photo Bernard Brault, La Presse

Les sommets québécois sont relativement peu élevés, mais ils suscitent d'aussi grands rêves que les Rocheuses. Et c'est en y skiant que trois enfants du pays ont nourri leur rêve olympique. À la veille des Jeux de Sotchi, Alexandre Bilodeau, Marie-Michèle Gagnon et Caroline Calvé présentent la montagne où tout a commencé pour eux...

Alexandre Bilodeau

LAURENTIDES/Mont Saint-Sauveur

Champion de ski acrobatique, Alexandre Bilodeau a déjà parcouru les États-Unis, la Finlande et le Canada, cette année. Mais avant de devenir un athlète olympique, il a appris à skier sur les pentes du mont Saint-Sauveur, dans les Laurentides.

Où avez-vous appris à skier?

Mes premières descentes, je les ai faites à l'âge de 3 ans au 40-80 à Sainte-Adèle, une station qui n'existe plus. C'était dans le centre-ville de Sainte-Adèle. Il y avait deux T-bars et une mini-butte. C'est la plus petite montagne que j'ai vue de ma vie! Ma mère voulait voir si mon frère et moi, on aimerait ça. Comme nous sommes devenus bons assez rapidement, nous avons poursuivi le ski au Chantecler. À 7 ans, quand j'ai commencé le ski de bosses, toute la famille s'est abonnée au mont Saint-Sauveur. C'est là que j'ai passé ma jeunesse en ski. Mes parents ont acheté un chalet sur les pistes et je me suis fait plein d'amis.

Étiez-vous bon en ski dès le début?

En ski de bosses, non! J'étais tellement jeune quand j'ai commencé. J'étais tout le temps avec des plus vieux et je n'étais jamais le meilleur.

Quelle est votre piste préférée au mont Saint-Sauveur?

Je skiais beaucoup dans le parc à neige, dans la 70 parce qu'il y avait des bosses (diamant) ou dans la Nordique pour les courses (diamant). J'adorais cette piste. Elle était un peu plus à pic et il y avait un défi. C'est sûr que j'y repense aujourd'hui et je la trouve moins abrupte qu'avant. Mais ma préférée, c'est une piste qui est défrichée, mais qui n'est pas ouverte officiellement. Elle est dans les projets du mont Saint-Sauveur. On passait par un petit chemin et on allait faire des sauts. C'est là que j'ai fait mon premier 360° et mon premier back flip.

Votre meilleur souvenir sur cette montagne?

Les mercredis soir! Ma mère m'amenait skier après l'école. Je faisais mes devoirs dans la voiture en me rendant à la montagne. Les vendredis soir, après l'école, on allait aussi directement à Saint-Sauveur. Ma mère arrivait avec le souper déjà prêt dans l'auto. Si elle ne l'avait pas fait et qu'il fallait passer par le chalet pour manger, j'étais déçu de ne pas pouvoir aller directement sur les pistes!

Y retournez-vous parfois?

Mes parents ont toujours le chalet et c'est là qu'on célèbre chaque Noël. J'ai aussi beaucoup d'amis qui ont des chalets à Saint-Sauveur, donc oui, j'y vais souvent.

Pourquoi devrait-on skier au mont Saint-Sauveur cet hiver?

C'est une montagne tellement familiale. Il y a plusieurs pistes. Il n'y a pas autant de files d'attente qu'à Tremblant. Les cours pour les jeunes sont super et les moniteurs aussi. Il y a un cours de ski de bosses pour ceux que ça intéresse!

À suivre: Alexandre Bilodeau participera aux épreuves de ski acrobatique.

Lundi 10 février, 9h (qualifications) et 13h (finale)*.

MONT SAINT-SAUVEUR

Dénivelé: 213 m

Nombre de pistes: 38

Prix adulte: 53,23$ (9h-18h) ou 39,99$ (15h-22h)

Prix enfants: 13,18$ pour les 5 ans et moins et 37,50$ pour les 6-12 ans (9h-18h). En soirée: gratuit pour les 5 ans et moins et 13,18$ pour les 6-12 ans.

www.montsaintsauveur.com

Marie-Michèle Gagnon... (Photo Reuters) - image 2.0

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Marie-Michèle Gagnon

Photo Reuters

Marie-Michèle Gagnon

BEAUCE/Mont Orignal

Marie-Michèle Gagnon a remporté sa première médaille d'or en Coupe du monde de ski alpin dans une épreuve du super-combiné, il y a à peine trois semaines. Mais c'est au mont Orignal, en Beauce, que son amour du ski a grandi!

Où avez-vous appris à skier?

Je viens d'un petit village qui s'appelle Lac-Etchemin. En hiver, il y a deux attractions: l'aréna et la station de ski du mont Orignal. À 2 ans, j'ai commencé à skier et à 7 ans, je suis entrée dans l'équipe de compétition. Je faisais aussi du patinage artistique, mais en 6e année, j'ai dû choisir entre les deux sports. Ça n'a pas été difficile de trancher!

Étiez-vous bonne en ski dès le début?

Les premières fois, je n'aimais pas trop ça parce que je trouvais qu'il faisait froid. Mais rapidement, je suis devenue compétitive. J'aimais aller vite et j'aimais dépasser mon frère!

Quelle est votre piste préférée au mont Orignal (à part la piste qui se nomme Marie-Michèle-Gagnon)?

Ma préférée, c'est la piste 18 qui s'appelle la Saint-Léon (double diamant). Il y a de la neige naturelle, il y a des bosses et elle est à pic.

Votre meilleur souvenir sur cette montagne?

Une fois par hiver, mes parents me laissaient la chance de louer des snowblades (mini-skis) pour m'amuser dans les sous-bois. Comme j'avais tout le temps des skis de course, je ne pouvais pas y aller autrement. On faisait des sauts, on allait dans le bois. C'était vraiment le fun!

Est-ce que vous retournez parfois au mont Orignal?

Je suis toujours en compétition pendant l'hiver, mais en janvier, je reviens environ une semaine. Je vais faire mon tour et je skie une journée. J'essaie d'y retourner une fois par hiver.

Pourquoi devrait-on skier au mont Orignal cet hiver?

Pendant longtemps, le propriétaire de cette montagne était M. Biron. Il y a deux ans, il a décidé de vendre la station. La communauté de Lac-Etchemin et des alentours s'est regroupée et a formé une coopérative. Je fais donc partie de cette coopérative et nous sommes 48 propriétaires du mont Orignal! C'est cool parce que nous sommes plein de jeunes gens, plein de passionnés du ski, plein de gens d'idées. Au mont Orignal, on se sent comme en famille. Les gens sont très chaleureux. En plus, il n'y a presque pas de files d'attente pour les chaises. Ça fait donc plus de temps pour skier!

À suivre: Marie-Michèle Gagnon participera aux épreuves de ski alpin.

Super combiné: lundi 10 février, 2h*

Super-G: samedi 15 février, 2h*

Slalom géant: mardi 18 février, 2h*

Slalom: vendredi 21 février, 7h45*

MONT ORIGNAL

Dénivelé: 296 m

Nombre de pistes: 23

Prix adulte: 32,18$ (de 9h à 16h ou de midi à 22h)

Prix enfants: 4,35$ pour les 8 ans et moins, 18,26$ pour les 9-13 ans, 25,22$ pour les 14-21 ans (de 9h à 16h ou de midi à 22h).

www.montorignal.com

Caroline Calve... (PHOTO ANDREAS SOLARO, AFP) - image 3.0

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Caroline Calve

PHOTO ANDREAS SOLARO, AFP

Caroline Calvé

OUTAOUAIS/Mont Sainte-Marie

Caroline Calvé a passé ses hivers de jeunesse au mont Sainte-Marie, en Outaouais. À 6 ans, elle dévalait ses premières pistes en ski alpin, avant de se consacrer à la planche à neige. L'athlète le dit: c'est beaucoup grâce à cette station de ski qu'elle peut aujourd'hui aspirer à une première médaille olympique.

Où avez-vous appris à skier?

Je viens d'Aylmer, en Outaouais, et ma mère avait un chalet familial près du mont Sainte-Marie. J'ai commencé à skier à l'âge de 6 ans. On skiait toutes les fins de semaine et on avait nos abonnements de saison tous les hivers.

Étiez-vous bonne en ski dès le début?

Je me souviens que la première fois, je n'avais pas aimé ça du tout. Je suis aventurière et en même temps, je n'aime pas beaucoup le changement. Je pense qu'à 6 ans, je voulais montrer un peu de résistance parce qu'on m'obligeait à faire du ski. Heureusement, je me suis fait plein d'amis au mont Sainte-Marie et grâce à ça, je suis devenue complètement amoureuse du ski.

Quand avez-vous troqué le ski pour la planche?

J'avais 16 ans et je descendais une piste bleue. Le mont Sainte-Marie, c'est peut-être la plus grosse montagne de la région, mais d'habitude, ça prend 37 secondes descendre de haut en bas. Cette journée-là, ça m'avait pris 45 minutes! J'étais en sueur et j'étais complètement épuisée. La première fois, ç'a été dur!

Quelle est votre piste préférée au mont Sainte-Marie (à part la piste qui se nomme Caroline-Calvé)?

J'ai fait toutes les pistes 150 millions de fois. Mais il y en a une qui me reste en tête. C'est la piste Outaouais (diamant) sur le versant Cheval blanc. C'est une longue piste avec toutes sortes de dévers. C'est une piste amusante à skier. Des fois, elle penche plus à droite, des fois plus à gauche. Elle n'est pas plate du tout!

Quel est votre meilleur souvenir sur cette montagne?

J'en ai plusieurs parce que j'ai tellement passé de beaux moments au mont Sainte-Marie. Mais puisqu'il faut que je tranche... Sur le versant Vanier, toutes les pistes viennent rejoindre la piste principale. Quand j'étais petite, il y avait une petite chaise à deux places qui n'existe plus aujourd'hui. En fin de journée, la chaise restait ouverte et les parents se rendaient au bar où ils pouvaient voir leurs enfants skier. Avec mon ami Jean-Sébastien, on skiait de 8h du matin jusqu'à la fermeture. Mes parents allaient au bar et nous, on continuait à faire des descentes.

Est-ce que vous y retournez parfois?

Ça dépend des hivers. J'ai des saisons plus occupées et il y a des hivers où je suis moins au Canada que d'autres. En plus, maintenant que j'habite à Montréal, c'est plus difficile de m'y rendre, mais j'essaie quand même d'y retourner quand je peux. La dernière fois, j'y suis allée pour le Festival des couleurs. Ils ouvrent la chaise et les gens peuvent monter à pied ou en remontée mécanique. Ils peuvent aussi amener leur vélo de montagne.

Pourquoi devrait-on skier au mont Sainte-Marie cet hiver?

Si vous allez dans la région de la capitale nationale ou dans l'Outaouais, vous n'avez pas le choix d'aller au mont Sainte-Marie! C'est tellement une belle région. C'est boisé, et juste avant d'arriver à la station, il y a un magnifique lac. C'est vraiment une belle place et les gens sont super accueillants. Il y a une belle gang qui va vous faire découvrir la montagne! Pour les aventuriers, il y a une piste qui se rend jusqu'au golf de Sainte-Marie. La piste n'est pas damée. Un instructeur accompagne les skieurs et un service de navettes les ramène jusqu'à la station. Quand il y a de la poudreuse, c'est encore mieux!

À suivre: Caroline Calvé participera aux épreuves de slalom en surf des neiges.

Slalom géant parallèle: mercredi 19 février, 0h15 (qualifications) et 4h, finale*.

Slalom parallèle: samedi 22 février, 0h15 (qualifications) et 4h (finale)*.

MONT SAINTE-MARIE

Dénivelé: 381 m

Nombre de pistes: 20

Prix adulte: 43$

Prix enfants: gratuit pour les 6 ans et moins, 26$ pour les 7-12 ans et 32$ pour les 13-17 ans.

www.montstemarie.com

*Heure de Montréal




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