Rien d'ordinaire à Wakefield

Le pont couvert de Wakefield, reconstruit par un... (Photo Mathieu Waddell, La Presse)

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Le pont couvert de Wakefield, reconstruit par un remarquable effort collectif, est réservé aux piétons et aux cyclistes.

Photo Mathieu Waddell, La Presse

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Si on ne fait que passer à Wakefield sans s'arrêter, on n'y verra rien d'autre qu'un village ordinaire, avec sa petite église, sa boulangerie, ses cafés, ses artisans, sa jolie gare fleurie transformée en resto, sa rivière paresseuse...

Mais, euh, attendez... 

Justement, il n'y a là rien d'ordinaire! Peu de villages, au Québec, connaissent une telle vitalité. Vrai, on n'est qu'à une trentaine de kilomètres (pour ainsi dire en banlieue) de Gatineau, ce qui pourrait expliquer une certaine prospérité. Peut-être aussi la clientèle de l'hôtel-spa aménagé dans l'ancien moulin y contribue-t-elle. Mais il y a plus que ça. Une sorte d'esprit bohème, indocile, anticonformiste colore les lieux et les gens. 

Par exemple, il faut prendre le temps de visiter la Boiserie du Ruisseau, loin d'être, comme on pourrait le croire, un simple atelier d'ébénisterie. C'est l'antre de Denis Tremblay, à la fois artiste, habile homme d'affaires, fameux patenteux et un peu poète sur les bords.

Il conçoit et fabrique des meubles et divers objets parfois vraiment «flyés» à partir de bois et de métal récupérés, mais pas seulement. 

Il est aussi propriétaire de la pizzeria voisine, de même que de deux invraisemblables «bateaux pirates» amarrés à un quai presque secret, au bord de la Gatineau.

Ce sont en fait des sortes de péniches, meublées de bric et de broc, dont l'une est à louer à l'heure ou à la journée. C'est d'ailleurs comme ça, par hasard, qu'on a découvert l'homme: en apercevant ces bateaux-maisons insolites, on a tout de suite eu envie de savoir qui avait patenté ça. Il n'a pas été trop difficile, dans ce petit patelin où tout le monde se connaît, de remonter jusqu'à lui... Et la rencontre vaut le détour!

Amarré au même quai que les bateaux de Denis Tremblay, un autre, tout aussi sympa mais un peu plus sage, est également à louer sur Airbnb, sous le nom de The River Den.

Autre jolie surprise dans une si petite localité, The Village House résume peut-être à lui seul l'esprit qui anime Wakefield. Asseyez-vous au bar pour voir le chef, Michael Houle, ou son acolyte, Christophe Legault (sosie de Tom Waits), préparer des assiettes généreuses et pleines de saveur.

Sarah Swan, copropriétaire avec son mari de chef, officie en salle avec grâce et efficacité. Le coup de feu passé, après vous être bien régalé, vous pourrez jaser avec eux, rigoler un bon coup et en apprendre plus sur les secrets du village. 

Ensuite, pour continuer dans le même esprit, direction le Kaffé 1870. Les mercredis soir, alors que la plupart des villages s'endorment tranquillement devant la télé, les gens de Wakefield s'y donnent rendez-vous pour des soirées «à micros ouverts».

Sur une scène grande comme un mouchoir de poche, en groupe, en solo, en duo, les artistes locaux se succèdent dans les deux langues officielles et une bonne humeur inextinguible.

La maison MacLaren, du nom de celui qui... (Photo Mathieu Waddell, La Presse) - image 2.0

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La maison MacLaren, du nom de celui qui fut propriétaire du moulin de Wakefield à compter de 1844, appartient désormais à l’hôtel-spa Le Moulin Wakefield.

Photo Mathieu Waddell, La Presse

Le pont couvert

À la sortie du village, un superbe pont couvert dit assez comment les gens du cru savent s'unir pour poursuivre un but commun. Le pont d'origine, construit en 1915, a été incendié en 1984. Quelque 1000 personnes ont mis 10 ans de travail bénévole et de collectes de fonds pour le reconstruire à l'identique. Rien que pour ça, il vaut le déplacement!

Au passage, on s'arrêtera à la Maison Fairbairn, à la fois musée, bureau de tourisme et centre culturel. En ce moment, une jolie petite exposition rend hommage à la contribution des ménagères au «front intérieur» durant la Première Guerre.

Consultez le site de la Maison Fairbairn: www.fairbairn.ca

Le moulin

Il fut un temps où un train touristique à vapeur faisait la liaison entre Hull et Wakefield, dont le principal attrait était le vénérable et splendide moulin à farine qui s'élève au bord d'un bras de la Gatineau.

Vaincu, à ce qu'on dit, par des querelles politiques, le train n'existe plus. Quant au moulin, construit en 1838 et classé au registre des édifices fédéraux du patrimoine, il avait été transformé en musée en 1980, mais des gens d'affaires l'ont acquis et converti en hôtel-spa en 2001. Maintenant, sa belle muraille de pierre, côté rivière, est hélas défigurée par deux étages de solariums en verre et aluminium. La somptueuse demeure MacLaren (du nom du propriétaire du moulin à compter de 1844) appartient également à l'hôtel, ainsi que la jolie maison du meunier, juste en face.

Visitez le site de l'Hôtel Moulin Wakefied: wakefieldmill.com

Où dormir

Auberge Les Trois Érables

Dans une superbe demeure de style Queen Anne toute remplie de meubles et de photos d'époque, Shana Hedges réinvente à sa manière le concept d'hospitalité. C'est ainsi qu'elle propose une armoire remplie d'oreillers de toutes tailles, où les clients sont invités à se servir si, d'aventure, le confort déjà transcendant de leur lit ne les satisfait pas. Shana prépare et sert elle-même le petit-déjeuner, copieux et raffiné, dans la salle à manger où tous les clients partagent la même table, pour un maximum de convivialité. Jardin fleuri, coquette véranda et cuisinette sont à la disposition des hôtes, qui peuvent en outre compter sur les judicieux conseils de Shana pour passer un séjour parfait.

www.lestroiserables.com

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