Lac Masson: le lac au passé glamour

Jalonné de grandes baies, le lac Masson se montre... (Photo Bernard Brault, La Presse)

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Jalonné de grandes baies, le lac Masson se montre aussi attirant l'été, avec sa plage et ses sports nautiques, que l'hiver, quand il se transforme en patinoire.

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(SAINTE-MARGUERITE-DU-LAC-MASSON) Quand il fait beau, tout le monde veut être au bord de l'eau. Nos journalistes vous proposent de courtes escapades estivales autour d'un lac.

La route descend en pente douce vers le lac, où mouillent les bateaux dans la marina. Le pignon de l'église pointe fièrement à travers les arbres, juste à côté de la caisse populaire, de la bibliothèque et du café du coin. C'est un petit matin tranquille à Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson, dans les Laurentides.

Rien dans cette scène paisible ne permet de déceler le passé glamour de cette petite municipalité des Pays-d'en-Haut. Destination autrefois prisée d'une certaine élite, elle a entretenu des liens surprenants avec la Belgique, a fait construire un des plus beaux bâtiments Art déco du Québec et a attiré des écrivains renommés chez elle.

Tout cela s'est passé autour d'un même lac, le lac Masson.

À la marina, on peut aussi louer des... (Photo Bernard Brault, La Presse) - image 2.0

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À la marina, on peut aussi louer des pontons, des kayaks, des pédalos... La location de ces embarcations est gérée par le Resort Viking qui, depuis cette année, loue aussi des condos-chalets pour ceux qui veulent prolonger leur séjour.50, chemin Masson

Photo Bernard Brault, La Presse

Ce plan d'eau jalonné de grandes baies se montre aussi attirant l'été, avec sa plage et ses sports nautiques, que l'hiver, quand il se transforme en patinoire. Il partage ses rives avec une autre municipalité, celle d'Estérel. Deux villes, deux réalités: il y a une différence notable entre la plus chic Estérel - où se trouve l'hôtel reconnu du même nom - et la plus modeste Sainte-Marguerite.

«Ici, c'est quand même assez tranquille, mais très vivant», note Julie Paquin, du café O'Marguerites, situé non loin de la rive. Ce n'est pas pour rien que des écrivains prolifiques s'y sont établis ou s'en sont inspirés! Georges Simenon y a séjourné après la guerre avec sa femme, son fils et une certaine Denyse Ouimet, une Canadienne dont il est tombé follement amoureux et qui est devenue sa deuxième femme. L'auteur belge a écrit quelques opus à Sainte-Marguerite, dont Maigret à New York et Trois chambres à Manhattan. Quant à l'écrivain français Alexandre Jardin, un habitué des étés québécois, il a campé l'action d'un de ses derniers romans, Juste une fois, au lac Masson.

Les rives comptent aussi un secret bien gardé, soit une maison conçue par l'architecte Pierre Thibault: La résidence du lac Masson.

Photo d'époque du centre commercial de Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson... (Photo fournie par la Société d’histoire de Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson et d’Estérel) - image 3.0

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Photo d'époque du centre commercial de Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson

Photo fournie par la Société d’histoire de Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson et d’Estérel

Un domaine ambitieux

Un peu plus loin se trouve la plage municipale, juste à côté du bâtiment Art déco emblématique qui a fait la fierté de Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson. Il a été érigé dans les années 30 par un architecte belge, Antoine Courtens, à la demande d'un baron belge richissime, Louis Empain. On dit que ce bâtiment a été le premier centre commercial du Canada. Dans la rotonde, à l'avant, était logé le restaurant-cabaret Blue Room. Cette partie est aujourd'hui protégée par le gouvernement du Québec.

Le centre commercial, qui comptait également une salle de bal et un cinéma, faisait partie d'un grand complexe de villégiature, le Domaine-de-l'Estérel. Celui-ci englobait aussi un sporting club - sur les lieux de l'actuel hôtel Estérel -, des chalets de ski, un hôtel... L'édifice qui surplombe la plage en est le dernier vestige entièrement debout.

Il faut dire qu'avant la Seconde Guerre mondiale, le lac Masson était une destination recherchée des touristes, qui venaient d'aussi loin que les États-Unis pour s'y divertir, rappelle Francine Chassé, de la Société d'histoire de Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson et d'Estérel. «Ils atterrissaient en hydravion sur le lac à partir du Maine ou du Vermont. Au Sporting Club, il y avait des compétitions d'aviron, de bateaux, sans oublier les sports d'hiver comme le ski. C'était très couru à l'époque», ajoute Mme Chassé.

Aujourd'hui, la plage appartient à la municipalité et est accessible gratuitement au public, en passant par les anciens terrains de tennis. Mais le bâtiment - qui a notamment abrité l'hôtel de ville jusqu'à assez récemment - est placardé et clôturé. Il appartient au promoteur HBO Construction, qui aurait un projet en cours.




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