Le printemps des auberges de jeunesse

Forte d'une réputation bonifiée, l'auberge de jeunesse d'aujourd'hui... (Photo André Pichette, La Presse)

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Forte d'une réputation bonifiée, l'auberge de jeunesse d'aujourd'hui vise une clientèle plus diversifiée.

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Marie Bernier
La Presse

Espaces communs au design raffiné. Menu élaboré par un chef-vedette. Concerts à la belle étoile sur la terrasse. Bienvenue à l'auberge de jeunesse version 2017, qui s'est réinventée pour enterrer une fois pour toutes sa mauvaise réputation et diversifier sa clientèle.

Bienvenue aux jeunes... de coeur

Dire que Katie Dawes est une habituée des auberges de jeunesse serait un euphémisme. Depuis 2014, la Britannique de 26 ans a passé pas moins de 550 nuits en auberges de jeunesse pour son blogue The Hostel Girl, qui combine trucs de voyage et critiques d'auberges. «J'aurais probablement dû choisir de devenir critique d'hôtels de luxe ou de tout-inclus!», lance-t-elle à la blague.

Mais la diplômée en psychologie ne regrette pas son choix, même s'il implique de devoir parfois supporter les ronflements d'un compagnon de chambre. «Tu rencontres tellement de personnes différentes avec tant de points de vue sur la vie, qui ont des études, des sources de revenus et des systèmes de croyances variés. [...] C'est un apprentissage constant sur les peuples du monde», s'émerveille-t-elle. Et non, après tout ce temps, elle n'en a toujours pas marre de dormir dans un lit superposé.

Car si les lits superposés demeurent, les auberges de jeunesse, «hostels» en anglais, ont connu ces dernières années une petite révolution, qui n'est sans doute pas étrangère à l'engouement des milléniaux pour le voyage. En 2015, les 15 à 29 ans ont en effet formé 23 % de tous les voyageurs internationaux, selon une étude de l'organisation sans but lucratif STAY WYSE, une part de marché appétissante pour l'industrie du voyage.

N'allez pas croire pour autant que ces nouveaux nomades sont tous fauchés; annuellement, les utilisateurs d'auberges de jeunesse dépensent même davantage que la moyenne des touristes internationaux, indique la firme de recherche Phocuswright.

«On voit beaucoup de gens qui payent 20 $ pour une nuit à l'auberge, mais qui vont payer 70-80 $ pour manger dans un restaurant du Vieux-Port, illustre Clément Maquet, qui gère les auberges Saint-Paul et Bishop, à Montréal. Il y a simplement une répartition différente qu'avant du budget de voyage.»

Auberges de luxe

Pour séduire cette nouvelle génération de globe-trotteurs - et faire oublier les établissements qu'ont pu expérimenter leurs parents, parfois à regret -, les auberges ont pris les grands moyens.

Oubliez donc les dortoirs peu fréquentables et les douches communes à la salubrité défaillante.

L'auberge de jeunesse de 2017 veut se positionner comme un lieu de rencontres branché, sécuritaire et ouvert à toutes les générations.

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Forte d'une réputation bonifiée, l'auberge de jeunesse d'aujourd'hui vise une clientèle plus diversifiée.

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La chaîne européenne Generator illustre parfaitement cette tendance des «auberges de luxe». Rachetée en mars pour la somme de 670 millions CAN, la chaîne est présente dans 14 villes. Les clés de son succès: des installations stylisées, des menus alléchants - conçus par un chef-vedette de 23 ans en suivant les traditions culinaires locales - et une gamme d'activités en phase avec la ville hôte.

L'auberge de jeunesse de 2017 veut se positionner comme un lieu de rencontres branché, sécuritaire et ouvert à toutes les générations.

L'auberge Generator de Copenhague propose un bar de glace l'hiver venu; celle de Barcelone entraîne les gourmands dans une tournée de tapas; tandis qu'à Dublin, c'est du whisky qu'on déguste. Dans l'auberge de Stockholm, les plus enthousiastes peuvent garder un souvenir indélébile de leur passage grâce aux artistes tatoueurs en résidence.

«La mauvaise réputation [qui colle encore aux auberges de jeunesse] est entretenue par des gens qui ne fréquentent pas les auberges», estime Nicolas Lemaire, directeur de l'auberge Hostelling International de Montréal, membre d'un réseau de 4000 auberges sur la planète. Avec une clientèle hyper connectée qui aime donner son avis en ligne, le service se doit d'être impeccable en tout temps, fait-il remarquer.

«On est aussi concurrentiels que des hôtels de 2 ou 3 étoiles», affirme Clément Maquet, gérant des auberges Saint-Paul et Bishop.

Ce dernier souligne par ailleurs que le site de réservation pour auberges Hostelworld se donne le droit de cesser d'afficher tout établissement dont l'appréciation tombe sous les 60 %.

D'abord une expérience sociale

La clientèle jeune et branchée est sans doute parmi les plus susceptibles d'être attirées par les plateformes comme Airbnb. La survie même des auberges de jeunesse en serait-elle menacée?

Les effets d'Airbnb sur les auberges n'ont pas encore été mesurés, répond Claudine Barry, de la chaire de tourisme Transat de l'UQAM. Une chose est cependant claire pour la chercheuse: devant ces nouveaux acteurs, les auberges ont tout à gagner à utiliser leur carte maîtresse qu'est la socialisation.

Car «décrocher» ou «recharger ses batteries» font rarement partie du vocabulaire des milléniaux qui usent leur passeport. «C'est la découverte, le voyage d'aventure. On est loin du tout-inclus!», résume Claudine Barry.

Gaël Chartrand, directrice marketing d'Hostelling International pour le Québec et l'Ontario, confirme que beaucoup d'efforts sont mis en ce sens, à travers des partenariats avec des festivals comme Igloofest, Pop Montréal et Fantasia, notamment.

Et pour profiter de cette vitalité sans compromettre le confort, la grande majorité des auberges offrent désormais des chambres privées «pour accommoder les familles, les couples ou les gens plus âgés», explique-t-elle.

Dans ce contexte, devrait-on encore parler d'auberge «de jeunesse»? «Ce n'est pas juste pour les jeunes, affirme Nicolas Lemaire. C'est un type de mentalité.»

Une réflexion sur la terminologie a cours au sein du milieu, indique Gaël Chartrand. Mais qu'elle soit rebaptisée ou non, l'auberge de jeunesse demeure pertinente, assure-t-elle.

«C'est quelque chose que je trouve beau, d'avoir en dortoir quelqu'un de 18, de 27 et de 55 ans. C'est un bel exemple de cohabitation et que tout le monde a quelque chose à apporter à l'autre.»

Les hôtels suivent l'exemple

Les auberges de jeunesse ne sont pas les seules à vouloir séduire les jeunes. «Toutes les grandes chaînes hôtelières sont en train de lancer des marques plus axées sur les aires sociales, qui visent une clientèle similaire à la nôtre», observe Gaël Chartrand, de Hostelling International. Hilton a ouvert Canopy, Hyatt propose les Centric, et AccorHotels vient de lancer son concept d'«open house» Jo & Joe, créé avec les marques de surf Quicksilver et Roxy. La jeune enseigne Moxy de Marriott a même sa propre websérie, Do Not Disturb, dans laquelle des youtubeurs couchés dans un lit répondent à des questions embarrassantes et se lancent des défis.

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Notre journaliste a élu domicile pendant trois jours dans ce dortoir de l'auberge M Montréal.

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Journal d'un dortoir

Nous avions envie de connaître les voyageurs qui débarquent dans les auberges de jeunesse à Montréal. D'où viennent-ils? Que font-ils dans la métropole? Nous avons élu domicile pendant trois jours dans un des dortoirs de l'auberge M Montréal pour le découvrir.

C'est au début du mois de mai que, petit bagage à la main, nous avons poussé la porte de l'endroit pour la première fois.

Nous avions choisi l'établissement situé près du métro Berri-UQAM parce qu'il semblait parfaitement s'inscrire dans cette tendance d'auberges design et animées. M Montréal peut même se vanter d'avoir été désignée trois années de suite meilleure auberge au Canada par les utilisateurs du site Hostelworld.

En nous faisant visiter les lieux, le directeur Josué Labelle s'est réjoui de voir son auberge afficher complet malgré le temps maussade. En d'autres mots, nous héritions soudainement de 127 colocataires temporaires. Aussi bien se mettre au travail tout de suite.

Première constatation

La moyenne d'âge semblait être de 22 ans lors de notre séjour, mais certains voyageurs affichaient quelques décennies de plus. Pour les trois jours à venir, question de faciliter les échanges avec les «vrais» voyageurs, nous avions prévu préparer les repas dans la cuisine commune et participer au maximum aux activités sur place. Et ce, même si le calendrier à la réception annonçait un tournoi de beerpong le soir de notre arrivée. Pour ceux qui l'ignoreraient, il s'agit d'un jeu d'adresse impliquant des balles de ping-pong, des verres en plastique et des prix en alcool pour les plus talentueux.

Deuxième constatation

Nous n'avons aucun avenir dans le domaine du beerpong.

C'est donc en toute sobriété et sans camoufler notre identité que nous avons commencé à faire connaissance avec la population de l'auberge. Voici cinq de ces rencontres.

Sophie Blochwitz, 19 ans

Ville d'origine: Neugersdorf, Allemagne

Carlotta Jansen, 19 ans

Ville d'origine: Kirchhellen, Allemagne

Pour ces deux Allemandes qui se sont connues à Vancouver, Montréal marquait la fin d'un long road trip américain. En deux mois, Sophie et Carlotta ont parcouru près de 14 000 km à bord de leur camionnette, dans laquelle elles passaient la nuit grâce au matelas aménagé dans l'espace arrière. Leur plus beau souvenir: voir le lever du soleil sur le Grand Canyon le matin de Pâques. À Montréal, les jeunes femmes ont voulu vendre la voiture qu'elles avaient surnommée Fridolin, mais ont déchanté devant les difficultés administratives, Fridolin étant immatriculée en Colombie-Britannique. Après quelques tentatives infructueuses, Sophie a décidé de changer ses plans et de reprendre la route afin de ramener le véhicule en Colombie-Britannique. «Je ne peux pas le laisser à la fourrière. Je l'aime trop.»

Franck Coudert, 34 ans

Ville d'origine: Hossegor, France

Lorsqu'il résume les 15 dernières années de sa vie, passées en grande partie hors de la France, Franck fait défiler des photos sur son téléphone pour prouver qu'il n'invente rien. Une carrière militaire l'a d'abord mené en mission en Côte d'Ivoire, au Liban et en Guyane française. Il a ensuite été professeur de français en Chine. Boxeur en Thaïlande. Conseiller dans une boutique érotique en Australie. Barman en Angleterre. Jardinier en Corse. Et bien d'autres choses encore. Ironiquement, la seule fois que ce voyageur professionnel s'est fait voler son passeport, c'était... à Ottawa. «J'en suis arrivé à un point où je me dit: j'adore ma vie, je veux continuer à vivre, mais si ça s'arrête aujourd'hui, je n'ai pas de regrets.» Sinon de ne pas avoir un vrai chez-soi... avec un chat.

Justin Gorvett, 23 ans

Ville d'origine: Auckland, Nouvelle-Zélande

À son arrivée à Montréal, le jeune entrepreneur n'a pas dû être complètement dépaysé par le paysage urbain: en Nouvelle-Zélande, il avait fondé une entreprise de fabrication de cônes orange. «Il n'y en a pas assez [à Montréal] pour que je me sente à la maison», nuance-t-il. Ayant vendu ses deux entreprises, dont l'une lancée alors qu'il était à l'école secondaire, Justin estime qu'il pourrait voyager pendant les deux ou trois prochaines années. Il expérimentait pour la première fois les auberges de jeunesse. «Je pourrais aller dans de plus beaux endroits, mais j'aurais peur de ne pas me faire d'amis», dit celui qui a quitté l'auberge M Montréal avec le titre de champion de beerpong.

Shiori Sakaki, 24 ans

Ville d'origine: Osaka, Japon

Depuis son arrivée à Vancouver en septembre pour poursuivre des études en commerce, Shiori s'est vue changer. «J'étais la Japonaise typique, trop gênée pour saluer qui que ce soit, et j'avais peur de déranger en demandant de l'aide.» Tout le contraire de celle qui a été notre voisine de chambre, qui est allée sur le mont Royal, chez Schwartz's et au Musée des beaux-arts... le tout à deux reprises. «Ce que j'ai surtout appris de Montréal, c'est que l'essentiel n'est pas où tu voyages, mais ce que tu partages avec les gens», affirme-t-elle. Grâce à des vidéos qu'elle a filmées durant son séjour, elle espère aider de futurs étudiants étrangers à mieux s'intégrer.

Après trois jours, nous avons bien dû quitter un lieu qui nous semblait déjà familier.

Troisième constatation

Loin de la maison, les liens d'amitié se tissent très rapidement. Nous avons rencontré de jeunes personnes ouvertes et chaleureuses, même avec les journalistes curieuses.

Nous aurons appris que les attraits touristiques ne sont pas toujours ceux que l'on croit. Le Vieux-Port et l'excursion sur le mont Royal à 5 h du matin pour voir le lever du soleil avaient la cote. Mais personne n'avait entendu parler du Plateau ou du Mile End. Et au moins deux voyageurs - qui n'étaient en rien des adeptes de Formule 1 - ont bravé le mauvais temps pour marcher sur le pont Jacques-Cartier, atteindre le circuit Gilles-Villeneuve, puis rebrousser chemin. Allez comprendre.

Avant notre départ, le directeur Josué Labelle nous a présenté le projet qui l'occupe depuis des mois, soit le réaménagement et l'expansion de l'auberge M Montréal. Il décrit les dortoirs qui seront tous transformés grâce à un changement de mobilier offrant plus de confort et d'intimité. Mais la pièce de résistance du projet réside dans l'ajout d'une nouvelle aile à l'auberge, actuellement en construction. L'immeuble tout neuf comptera des dortoirs, bien sûr, mais aussi des studios et même de petits appartements, pour un total prévu de 98 lits supplémentaires. Sur le toit, une terrasse comprenant deux piscines ouvertes à l'année, un sauna et des espaces de relaxation sera aménagée. 

Si tout se déroule comme prévu, la nouvelle aile devrait être inaugurée sous peu et des clients pourront se faire bronzer sur la terrasse dès cet été, espère-t-il. Avoir su...

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À chacun son auberge

La plupart des Montréalais l'ignorent, mais on retrouve 11 auberges de jeunesse dans l'île, en comptant le YWCA. Visite guidée d'auberges de trois styles différents.

L'artistique

Auberge Alternative

358, rue Saint-Pierre

Est-ce en raison des murs colorés ornés de tableaux? Du kéfié que portait le gérant Simon Gauvin autour du cou? Ou de l'assiette que nous a spontanément offerte une touriste française qui avait cuisiné une portion plus généreuse que prévu? Quoi qu'il en soit, il régnait lors de notre passage une atmosphère zen et chaleureuse de café étudiant dans cette auberge à vocation écologique. Ici, les soirées de jeux de société, les vernissages d'artistes locaux et les spectacles ont plus la cote que les tournées des bars. «Je ne bois pas d'alcool depuis des années, peut-être que je contribue un peu à la vibe plus calme», suggère Simon Gauvin. «Les gens connectent quand même, mais différemment», estime-t-il.

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La familiale

Gîte du Plateau Mont-Royal

185, rue Sherbrooke Est

Après cinq ans de voyage en solitaire autour du monde, Carl Gagné a décidé de poser son sac et d'ouvrir une auberge de jeunesse. Originaire du Sénégal, Coumba Ngom n'a jamais quitté l'auberge après un séjour. Le couple et ses deux enfants vivent aujourd'hui dans un appartement adjacent au Gîte du Plateau Mont-Royal, qui s'est ajouté au Gîte du parc Lafontaine. «Souvent, les gens nous disent: "On se sent un peu à la maison"», souligne la gérante. L'été, la terrasse sur le toit de l'immeuble victorien se remplit pour des concerts et des soirées barbecue. Le potager qui y sera aménagé devrait aussi permettre de fournir la cuisine commune en fines herbes et en petits produits maraîchers dès cet été, indique Carl Gagné.

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Les historiques

Auberges Saint-Paul et Bishop

347, rue Saint-Paul E. et 1447, rue Bishop

«Une auberge, c'est un peu comme une oeuvre d'art», dit le gérant de l'Auberge Saint-Paul, Clément Maquet, 25 ans, en désignant les murs de pierres de la cuisine baignée de lumière. L'auberge Saint-Paul est située dans un immeuble construit en 1861 devant le marché Bonsecours. «Avec la vague de renouveau [chez les auberges], on porte beaucoup attention au design. On essaie aussi de s'intégrer à notre emplacement.» Une philosophie également suivie à l'Auberge Bishop, du même propriétaire, cette fois nichée dans un ancien manoir du Mille carré doré avec beaucoup de cachet, vitrail d'origine en prime.

Ce qui n'empêche pas les dortoirs des deux bâtiments historiques, récemment rénovés, d'être parmi les plus modernes visités: chaque lit est équipé de deux prises USB, d'une prise électrique et d'une lampe de lecture.

Les dortoirs, indissociables des auberges de jeunesse, peuvent... (Photo Thinkstock) - image 7.0

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Les dortoirs, indissociables des auberges de jeunesse, peuvent devenir le théâtre de nombreux imprévus.

Photo Thinkstock

Ça s'est passé dans une auberge...

Parce que la cohabitation d'inconnus provoque parfois des frustrations, des moments cocasses ou touchants, nous avons recueilli quelques anecdotes qui ont pour décor une auberge de jeunesse.

«Je dormais paisiblement dans mon dortoir quand je me suis réveillée en sursaut. Un des autres voyageurs s'était couché par erreur dans mon lit, et s'était lové en cuillère derrière moi! Il n'avait aucune mauvaise intention, mais avait consommé un peu trop d'alcool... Il a failli mourir de honte le lendemain matin quand je lui ai raconté comment je l'avais chassé de mon lit après l'avoir trouvé là!

Une nuit, je me suis réveillée au son des cris d'un voyageur tentant tant bien que mal d'arrêter un homme endormi (et peut-être en état d'ébriété?) qui soulageait sa vessie dans un coin de la chambre, inondant au passage de nombreux effets personnels et sac à dos. Les miens ont été épargnés: comme quoi il vaut toujours mieux ranger ses affaires dans son casier!

Une autre fois, le lit supérieur du voisin s'est soudainement affaissé sur la personne en dessous alors que nous étions tous confortablement couchés. Rien de grave, mais de sérieux fous rires à essayer de les extraire!

L'alarme de feu de l'auberge s'est mise à sonner à 1 heure du matin et nous avons dû évacuer l'établissement en pyjama et attendre de longues minutes dans la rue. Heureusement, c'était l'été!

Lors d'une de mes premières nuitées en auberge de jeunesse à vie, à Vienne, j'ai été quelque peu traumatisée par les douches communales sans rideau. Heureusement, je n'en ai plus jamais revues, même après 13 ans à dormir dans des auberges!» - Jennifer Doré Dallas, du blogue Moi, mes souliers

«Il y a toujours des histoires de vie intéressantes. Un jour où je travaillais à la réception, un jeune Japonais qui voyageait seul est entré, et j'ai remarqué qu'il marchait un peu drôlement. Il s'approche et je me rends compte qu'il n'avait pas de bras. Quand est venu le temps de signer son reçu, il a enlevé son soulier et mis le crayon entre ses orteils. J'étais tellement impressionnée de voir le courage que ça prenait. Des fois, on a peur de voyager, peur de sortir de chez nous. Lui, sans avant-bras et en parlant à peine anglais, il avait traversé la planète tout seul.» - Gaël Chartrand, directrice marketing de Hostelling International pour le Québec et l'Ontario

«Noël 2006, dans une auberge de jeunesse près des portes de la vieille ville de Jérusalem. C'est le premier temps des Fêtes passé si loin des amis et de la famille, et après trois mois d'errance, la solitude commence à fesser fort. L'auberge organise chaque soir un souper communautaire pour tout le monde, et ce soir-là ne fait pas exception. Un peu morose, je joue avec une fille d'environ cinq ans, en voyage avec ses parents australiens, quand elle part de sa chambre et me rapporte une surprise: un petit toutou de koala qui sert de porte-clés, en guise de seul et inattendu cadeau de Noël de la soirée. Ça m'a raccroché un sourire et remis dans l'ambiance des Fêtes. Je n'ai pas rapporté beaucoup de souvenirs de voyages, mais j'ai encore le koala.» - Christopher Young

«J'ai déjà trouvé une aiguille à coudre dans mon lit au Costa Rica. J'ai aussi déjà eu un empoisonnement alimentaire alors que ma salle de bain était commune-et turque-au Cambodge. J'ai déjà partagé une chambre avec des gens qui avaient une chambre gratuite, car ils faisaient leurs cours de plongée. On m'avait rajouté un lit au sol, mais je n'avais pas de moustiquaire. Je me suis battue toute la nuit avec des maringouins. Le lendemain, j'avais plus d'une centaine de piqûres...» - Laurence C.

«Il y avait cette dame de 75 ans, je crois notre plus vieille voyageuse, qui était aimée de tout le monde pour sa générosité et son ouverture d'esprit. On allait en boite de nuit avec elle et à la fin de la soirée, on la suppliait de rentrer! Les jeunes étaient tous autour d'elle, je n'avais jamais vu ça.» - Coumba Ngom, gérante du Gîte du Plateau Mont-Royal




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