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Mes vacances idéales

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Quand le soleil brille, tout le monde pense aux vacances. Certains rêvent d'une semaine dans un chalet au bord d'un lac, d'autres, d'une escapade dans le Bas-du-Fleuve ou sur la Côte-Nord, d'autres encore, d'un séjour dans une auberge perchée dans la montagne ou d'un terrain de camping au milieu des bois. À chacun ses vacances idéales au Québec! Voici celles de nos journalistes.

Beau temps sur le fleuve...

Élément essentiel d'un scénario de vacances idéales: le beau temps. Ni trop humide. Ni trop venteux. Un mercure atteignant 25 °C.

Parfait. Pour compléter le tableau, le bruit des vagues du fleuve Saint-Laurent qui viennent tranquillement s'échouer sur la plage en laissant une traînée de petits coquillages que les enfants s'amuseront à ramasser avec leur seau de plastique.

Nous sommes à Rivière-du-Loup, dans le Bas-Saint-Laurent. L'endroit, à plus 400 km de Montréal, rime pour moi avec vacances réussies. Bon, certains jours, il y aura bien sûr plus de vent que nécessaire, mais on réussit à vivre avec et on se surprend même à l'apprécier, surtout en constatant que, pendant ce temps, la métropole fond sous la canicule.

Si les gens de la région s'assoient tranquillement pour compter les hivers, comme le chante Gaston Mandeville dans Le Vieux du Bas-du-Fleuve, le rythme estival est tout aussi lent et calme. On aime.

Pendant la journée, on s'approche de l'eau, pieds nus. Celui qui réussit à tremper ses orteils dans le fleuve, glacial même en été, rappelons-le, remporte la palme du plus courageux. On s'installe sur une grande couverture pendant que les enfants font des châteaux de sable et ramassent des algues qu'ils exhibent ensuite en riant devant le visage des adultes. Il y a aussi le concours de la roche. Le but est de réussir à la faire bondir sur l'eau plusieurs fois. Une technique qui demande de la pratique...

Quand la faim nous tenaille, nous n'avons qu'une seule envie: un pain salade au homard, le classique «Lobster Roll». Direction Le Boucaneux, petit restaurant saisonnier situé en bordure du fleuve, à deux pas de la gare fluviale. Une véritable institution.

Ici, tout est dans l'assiette: pains pita garnis généreusement de gros morceaux de homard, filets de poisson délicieusement apprêtés, combinés de crevettes nordiques, pétoncles et morue.

Pour s'y rendre, on marche le long du fleuve ou on enfourche son vélo pour rouler sur la piste cyclable. C'est aussi ce même moyen de transport que l'on utilisera après le repas pour aller prendre un dessert au Snack bar D'Amours, à la fois cantine et bar laitier. Je jette toujours mon dévolu sur le sundae au chocolat fondant. D'autres craquent pour celui aux fraises agrémenté de morceaux de sucre d'érable. Un autre incontournable dans mon pèlerinage louperivois.

À aucun moment pendant le séjour, je peux me résoudre à quitter le fleuve et la vue qu'il offre sur les montagnes de Charlevoix, de l'autre côté. Voilà pourquoi il faut dormir tout près. L'Auberge de la Pointe, située sur une falaise qui surplombe le Saint-Laurent, est une bonne option.

Il faut louer les chambres situées dans le Pavillon du Cap. On ne les choisit pas pour leur décor intérieur - elles sont certes propres et bien tenues -, mais surtout pour le spectacle qui se déroule dehors. Chaque unité de ce pavillon, qui a des airs de petit motel avec ses portes qui donnent directement sur l'extérieur, dispose d'un balcon où l'on peut s'asseoir pour admirer le fleuve le matin en sirotant son café et le soir en prenant un verre de vin.

Chaque fin de journée se déroule de la même façon. Et cette routine n'a rien d'ennuyant. On assiste au coucher du soleil. Tous les soirs, quand le temps le permet, plusieurs promeneurs - vacanciers ou locaux - se baladent le long du Saint-Laurent et regardent la boule de feu descendre tranquillement dans le fleuve. Qui dit mieux? - Nathaëlle Morissette

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Archives La Presse

En camping sur le bord du lac

La noirceur est tombée, le lac est calme et, sur la plage, seuls quelques feux épars assurent un éclairage. L'ambiance sonore est composée de voix et de rires. Une fois la soirée terminée, enfants et adultes iront dormir sous la tente. C'est ce moment, capturé il y a quelques années, qui évoque des vacances sans faille au Québec.

Les vraies vacances sont celles où on laisse ses habitudes de côté. Au parc national de la Pointe-Taillon, sur les rives du lac Saint-Jean, les voitures sont rapidement abandonnées dans le grand stationnement à l'entrée. Pour des citadins, laisser des enfants courir sans dire «attention aux voitures» est une libération, une habitude qu'on aura tôt fait d'oublier. À quoi faire attention ici, sinon aux tendeurs qui retiennent le double toit de la tente sur lesquels on pourrait trébucher? L'attention ne servira qu'à guetter le renard, le porc-épic ou l'orignal qui pourraient daigner se montrer.

Les vraies vacances sont celles où l'on prend son temps. En camping, tout est ralenti. Faire la vaisselle devient une longue entreprise, qui requiert d'attendre que l'eau chauffe un peu avant de pouvoir laver. Le feu qui nous permettra de veiller un peu plus tard peut prendre du temps à s'embraser. Quant aux guimauves, non seulement faut-il les mettre au bon endroit, mais encore il faut patienter pour qu'elles grillent à point. Pour une rare fois, rien ne presse.

Les vraies vacances sont faites pour décrocher. Des sites de camping sans service? Tant pis pour les piles de téléphone qui s'épuisent. Une visite à l'accueil suffirait à aller les charger, mais on ignorera volontairement qu'on pourrait le faire, tout comme on fera le plus possible fi du réseau internet gratuit qu'on y trouve.

Les vraies vacances sont celles où il fait beau. Celles où l'on fait du vélo sans traîner d'imperméable, où l'on s'arrête à un petit casse-croûte manger des frites arrosées de vinaigre, celles pendant lesquelles on se baigne pour se rafraîchir. Dans cette province où rien n'est moins certain que le temps qu'il fera le lendemain, le Lac-Saint-Jean nous a déjà gratifiés d'une météo digne de novembre en plein juillet. Le vent, la pluie et le froid se sont alliés pour qu'on ne veuille plus jamais y mettre les pieds. Et puis? On y retournera cet été. - Marie-Eve Morasse

Au bout du monde...

Un chalet, quelque part au bord d'un lac, quelque part en Haute-Mauricie.

C'est un tout petit chalet et un tout petit lac, avec au milieu une toute petite île de rien du tout, qui semble n'avoir été posée là que pour qu'on ait envie de s'y rendre à la nage.

Ici, pas d'électricité. Pas de téléphone, pas de télé, pas de radio, rien que les petits bruits de vie qui nous viennent du lac, des bois, du ciel. On paresse toute la journée, on lit, on plonge du bout du quai quand le soleil tape trop fort. On savoure le délice de nager nu dans un lac frais et noir, de se laisser flotter en regardant les nuages...

À la fin du jour, les truites font des ronds à la surface de l'eau, qu'elles troublent parfois d'un plif! discret, quand elles sautent pour attraper quelque imprudent moucheron.

Les libellules vont et viennent en vrombissant, un bruant lâche son chant joyeux, les grives vocalisent en prévision du concert du soir. Le castor rentrera bientôt dans sa hutte, on le verra passer, sa boîte à lunch sous le bras, son casque jaune sur la tête. «Ça avance!», dira-t-il à madame, qui l'attend à la maison. On l'a entendu, aujourd'hui, battre furieusement l'eau de sa queue, mécontent d'être dérangé par notre canot, qui pourtant avançait tout doucement dans les roseaux.

Nous sommes en août. Les framboisiers sont chargés de fruits, la récolte a été bonne. La confiture répand son parfum acidulé dans la cuisine. Demain matin, ou peut-être même tantôt, pour dessert, on s'en fera une tartine, avec ça d'épais de beurre sur du pain frais. Petits bonheurs simples des jours sans souci.

Le soleil cligne de l'oeil avant de disparaître derrière la montagne, de l'autre côté du lac devenu miroir. Au concert des grives succède celui des grenouilles - tuîîî-tuîîî-tuîîî... De temps à autre, la note grave d'un ouaouaron claque comme une corde de guitare qui casse.

Tout à l'heure, on descendra sur le quai, avec des couvertures et des oreillers: le spectacle des Perséides va commencer.

En attendant, le feu crépite dans le foyer de pierre, dehors, et les braises seront bientôt prêtes pour les petites truites pêchées le matin, qu'on posera directement sur la grille, avec des pommes de terre en robe des champs.

Et demain?

Qui songe à demain? Demain sera pareil. Et l'autre demain aussi. À moins qu'il pleuve? Alors les gouttes tambourineront sur le toit de tôle, on aura peut-être même assez froid pour allumer un feu dans l'âtre, on jouera au Scrabble, on tentera un gâteau avec pas de recette, on commencera un autre roman. Puis soudain s'élèvera le chant plaintif du huard, seul au milieu du lac, comme le plus doux, le plus mélancolique, le plus poignant des poèmes à la beauté du monde. - Fabienne Couturier

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Photo Stéphanie Morin, La Presse

Repos sur mer

Parce que parfois la chandelle est par les deux bouts brûlée, il arrive qu'on rêve de vacances ouatées où les journées s'égrèneraient lentement, dans une douce oisiveté.

L'ambiance surannée de Métis-sur-Mer sied bien à cet état d'esprit. Dans cette ancienne station balnéaire jadis fréquentée par les riches anglophones de Montréal, les belles demeures victoriennes se dressent toujours bien droites sur des parterres impeccablement fleuris, derrière des clôtures de bois peintes de rouge ou de blanc. Dans la rue principale, le vélo a supplanté l'auto. Au club de tennis, les joueurs sont encore souvent tout vêtus de blanc.

Située au coeur du village, l'auberge du Grand Fleuve a su importer entre ses murs cette impression que le sablier a cessé de couler. Dans ce «bouquin-couette», des livres sont partout à portée de main, jusque dans les chambres, où l'on peut s'endormir en lisant une bédé, un roman, un essai, laissés au hasard par les propriétaires bibliophiles. La décoration ne fera jamais la première page des magazines de tendances, mais qu'importe: le fleuve est juste là, à nos pieds.

Quand l'envie de bouger se manifeste, on prend l'escalier pour descendre sur la plage ou suivre la grève pour approcher le phare plus que centenaire qui surveille le fleuve depuis sa crête rocheuse.

Dans la rue principale, résidants et visiteurs convergent vers l'ancienne cordonnerie du village devenue le Café sur mer pour déguster les salades, les soupes ou les pâtisseries au milieu des créations artisanales. Ici aussi, le temps passe lentement.

À 10 km vers l'ouest, les Jardins de Métis déroulent leur tapis fleuri pour envelopper les vacanciers des effluves d'azalées, de pivoines, de gentianes. Au restaurant de la Villa Estevan, les jardins se dégustent carrément à la petite cuillère, avec un menu axé sur les plantes comestibles cueillies à même l'imposante collection horticole.

Certains dimanches après-midi, des thés littéraires sont aussi organisés. Tiens, le 10 juillet, Anaïs Barbeau-Lavalette vient y faire la lecture, accompagnée au piano par Émile Proulx-Cloutier. La date est notée.

Une fois les batteries rechargées, il sera toujours possible de filer vers l'est sur la péninsule gaspésienne. Pas besoin d'atteindre l'extrémité du Finistère québécois pour se contenter. Le littoral nord de la Gaspésie possède son lot de sites spectaculaires et d'adresses gourmandes. La poissonnerie Boréalis de Matane, célèbre pour ses poutines aux fruits de mer. Le fumoir Atkins et frères, à Mont-Louis. Le restaurant La Broue dans l'Toupet, désormais installé à Sainte-Anne-des-Monts...

Et puisqu'il est question ici de rêve, le luxe ultime serait de clore ce séjour aux accents de mer par une incursion tout confort en forêt, à l'Auberge de montagne des Chic-Chocs. On ne perd pas au change lorsqu'on troque l'horizon infini du fleuve pour les sommets vierges de la réserve faunique de Matane. On se sent tout aussi microscopique devant pareille immensité. Ici, la nature est dense; les orignaux sont des compagnons réguliers de randonnée. Et l'auberge est un cocon rêvé pour terminer ses journées, un verre de vin à la main, auprès d'un immense feu de foyer. - Stéphanie Morin

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