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Redécouvrir le plaisir de glisser

Les parents accompagnés de jeunes enfants descendent doucement... (PHOTO PASCAL RATTHÉ, LE SOLEIL)

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Les parents accompagnés de jeunes enfants descendent doucement les pistes du Domaine du Radar.

PHOTO PASCAL RATTHÉ, LE SOLEIL

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La Presse

Bien sûr, il y a les traînes sauvages, les tapis magiques et les trois-skis, mais il y a aussi le bobsleigh, la luge autrichienne et le... Zipfy ou la Tornade! Pour réinventer l'une des activités les plus amusantes de l'hiver, rien de tel que de choisir une nouvelle monture. Sourires et cris de joie garantis!

LUGE AUTRICHIENNE: GLISSADE SPORTIVE - Stéphanie Morin

S'asseoir. Laisser la gravité opérer. Ne rien contrôler. Voilà à quoi ressemble la glissade dans l'esprit de ceux qui lèvent le nez sur la plus ludique des activités hivernales. De toute évidence, ces rabat-joies n'ont jamais grimpé sur une luge autrichienne, aussi appelée luge alpine. Car pour pratiquer ce sport de glisse, arrivé au Québec il y a cinq ans à peine, il faut du tonus, du doigté. Et beaucoup d'humilité.

Depuis trois hivers, le Domaine du Radar, dans la région de Lotbinière, propose des descentes en luge autrichienne à un nombre de plus en plus grand de curieux. Un succès instantané, selon le propriétaire de la base de plein air, Richard Saint-Laurent. «Lorsque j'ai commencé à offrir l'activité, en 2014, j'avais 3 luges; j'ai fini l'hiver avec 10. Aujourd'hui, j'ai 58 luges, qui sont toutes faites par un artisan de Québec!» Et il n'est pas rare que toutes les luges soient occupées...

Mais avant de lancer ses clients sur les pentes de ce qui fut jadis une station de ski alpin, Richard Saint-Laurent doit leur faire découvrir les rudiments de la luge autrichienne. Contrairement à la chambre à air qui file sans qu'on fasse quoi que ce soit dans un couloir bien défini, la luge a besoin d'être dirigée. Et pour la faire tourner, il faut engager tout le corps, pas seulement tourner la tête.

«Si vous voulez virer à gauche, penchez-vous vers la droite. Ce n'est pas naturel pour le cerveau, je sais! C'est pour ça que la première descente est la pire... et la plus drôle.»

Bordée de rires

Pour l'observateur, le spectacle est sûrement comique. Les 50 apprentis lugeurs présents au départ ce samedi-là ont tous testé la résistance de leur luge en grimpant joyeusement sur les bancs de neige qui bordent la piste damée. Les réflexes ne sont pas toujours bons: on vise le centre de la piste, on se retrouve en bordure. On pense déplacer doucement le nez de la luge; on part en tête à queue. Les guides responsables de la sécurité, placés à intervalles réguliers sur la pente, ont dû bien s'amuser... Le casque est obligatoire; on comprend vite pourquoi.

Heureusement, la piste pour débutant est parfaite pour se faire la main. La pente n'est pas trop abrupte, sans être plate. Elle est large comme une route asphaltée... ce qu'elle est en été! En effet, c'est par cette pente que les lugeurs rejoignent le sommet de la montagne à bord d'un autobus d'écoliers réaménagé.

Sur La Familiale, les lugeurs expérimentés peuvent tout de même atteindre des pointes de 50 km/h. Les néophytes se plantent les pieds dans la neige pour freiner bien avant d'atteindre cette vitesse. Chacun y va à son rythme. Les adolescents en manque d'adrénaline se lancent en criant sur le parcours de 2,3 km, tandis que les parents accompagnés de jeunes enfants descendent doucement. Tous les clients partent à la queue leu leu et se rejoignent au pied de la pente, pour attendre le bus qui les mènera au sommet du mont Sainte-Marguerite. De là-haut, à près de 700 m d'altitude, on peut voir jusqu'à Québec par temps clair, dit-on.

Garder la tête froide

Après deux descentes, ceux qui le souhaitent peuvent passer au niveau supérieur: la pente Kamikaze, qui suit sur plus de 2 km le tracé d'une ancienne piste de ski. Seuls les 14 ans et plus y sont admis; les lunettes de ski sont exigées. Contrairement à La Familiale, la pente n'est pas bordée de bancs de neige pour freiner les luges en perte de contrôle. L'inclinaison est beaucoup plus forte. Et les virages plus serrés (un en particulier) exigent une bonne maîtrise de la luge, qui descend beaucoup plus vite de ce côté! C'est grisant, effrayant et exigeant, surtout pour la tête qui doit rester froide en tout temps.

Repères

QUOI?

Au total, l'activité comprend quatre descentes, dont deux obligatoires dans La Familiale. Deux départs sont proposés les samedis et dimanches, à 12 h 30 et à 14 h 30. Pendant la relâche, l'activité sera toutefois offerte chaque jour. Réservations obligatoires.

TARIFS

29,99 $ pour les 14 ans et plus, 26,99 $ pour les 10 à 13 ans, 3 $ pour les 5 à 10 ans.

À SAVOIR

Outre la luge, le Domaine du Radar offre 8 km de sentiers de raquette et des pistes pour le ski de haute route. Sept unités d'hébergement sont aussi offertes en location toute l'année, dont une yourte et une mini-maison.

50, rang Sainte-Catherine, Saint-Sylvestre

Mystérieux domaine

Avant d'être une base de plein air, le Domaine du Radar était une base militaire. Mis en opération au milieu des années 50, en pleine guerre froide, ce poste de radar avait pour mission de surveiller l'espace aérien pour prévenir une invasion soviétique en Amérique par le Nord. Des dizaines de militaires y travaillaient et, à son apogée, 800 personnes vivaient sur les lieux. Plusieurs bâtiments ont été démolis depuis, mais le bunker qui abritait les instruments radars est toujours debout (le propriétaire y a même découvert un mystérieux tunnel...), tout comme le centre récréatif. L'été, des visites historiques sont proposées.

Où pratiquer la luge?

D'autres adresses pour découvrir la luge autrichienne.

Le Massif de Charlevoix

La station de ski a été la première au Québec à proposer de la luge autrichienne, en 2012. La piste, longue de 7,5 km, est accessible aux 10 ans et plus. Pour les plus petits, une pente pour miniluge a été aménagée cet hiver.

Appalaches Lodge

Une nouveauté pour cet hiver! Une piste longue de 2 km dans l'ancienne station de ski de La Grande-Coulée a été aménagée pour la luge. La remontée se fait en dameuse. S'informer avant de se déplacer; la météo a compliqué l'inauguration de l'activité.

Vallée-du-Parc

La station de ski de Grand-Mère, en Mauricie, dispose d'une piste de 2,5 km consacrée à la luge. Des forfaits de deux ou trois descentes sont offerts le week-end.

Le Zipfy procure une sensation qui n'est pas... (PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE) - image 2.0

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Le Zipfy procure une sensation qui n'est pas sans rappeler celle du ski alpin.

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

ZIPFY: VIRAGE AÉRODYNAMIQUE - Nathaëlle Morissette

CANTON DE HATLEY - Au premier coup d'oeil, le Zipfy - mini-luge qui permet de dévaler les pentes à toute vitesse en effectuant des virages - laisse plusieurs adeptes de la glisse sceptiques. Les plus craintifs hésiteront longtemps avant de l'essayer. Il ne suffit pourtant que d'une seule descente sur ce petit traîneau aérodynamique pour être conquis.

«Ça va vite!», lance d'emblée l'un des employés du mont Hatley en nous présentant le fameux engin de plastique, d'une légèreté surprenante.

Ce centre de glisse situé tout près de North Hatley, dans les Cantons-de-l'Est, se targue d'être le seul endroit au Québec où l'on peut s'adonner au Zipfy en toute sécurité. L'endroit, qui était auparavant une station de ski, dispose de deux pentes destinées exclusivement à la mini-luge.

Pour profiter pleinement de l'expérience, deux éléments essentiels: casque et lunettes de ski. Rien pour rassurer, au départ, les moins téméraires. «On est assis à 5 cm du sol, on ne tombe pas de haut, a tenu à souligner le propriétaire de l'endroit, Martin Gemme, quelques minutes avant la descente. C'est plus sécuritaire qu'un tube. On a le contrôle et on est capable de freiner.»

Rassurant.

Apprivoiser la bête

En haut de la montagne, on nous livre les consignes d'usage. Il faut s'asseoir sur la luge, les jambes tendues vers l'avant. Alors qu'une main est posée sur le bras de l'engin, l'autre est placée vers l'arrière, du côté où l'on veut tourner. En effectuant les virages, on effleure la neige du bout des doigts ou plutôt de la mitaine... Les talons feront office de freins. 

Si les premiers virages s'effectuent au ralenti, histoire d'apprivoiser la bête, on prend vite goût à la vitesse. Ainsi, les talons en viennent à toucher à peine le sol et la neige se soulève de chaque côté de notre corps. La sensation rappelle un peu celle ressentie en ski alpin... en position assise. Et le plaisir s'étire, car au mont Hatley, la descente en Zipfy dure plus longtemps qu'en tube ou en trois-skis. L'une des pistes aménagées pour la mini-luge mesure 2,5 km et la seconde, 1,5 km. Après avoir attaqué la pente une première fois, on n'a qu'une chose en tête: récidiver.

Repères

Tarifs

Tubes: billet pour une journée:  18 $ (4-12 ans), 23 $ (13 ans et plus)

Tubes et luges (Zipfy et trois-skis): billet pour une journée: 23 $ (4-12 ans), 29 $ (13 ans et plus)

Forfaits famille aussi offerts

4785, chemin Capelton, Canton de Hatley

Bon à savoir

Fait à noter, avant de promettre à vos enfants de les amener faire de la mini-luge, sachez qu'il faut être âgé de 6 ans et plus pour monter sur la «machine». Toutefois, d'autres activités s'offrent aux plus jeunes au mont Hatley: la descente en tube ou en trois-skis. Une zone pour les tout-petits (3 ans et moins) a également été aménagée. Dès l'an prochain, le mont Hatley aura du nouveau sur ses pentes: on compte faire l'acquisition de luges alpines. À suivre.

L'activité de bobsleigh des Glissades des Pays d'en... (PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE) - image 3.0

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L'activité de bobsleigh des Glissades des Pays d'en Haut a été inaugurée l'an dernier.

PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE

BOBSLEIGH ET TORNADE: MAL DE COEUR ET SOURIRE AUX LÈVRES - Marie-Eve Morasse

PIEDMONT - Au pied des pentes de bobsleigh, une grande affiche détaille les consignes de sécurité de cette glissade, classée «experte». Le port du casque est obligatoire, et il faut mesurer au moins 1,32 m pour s'y risquer. On accède à la piste par un grand tapis roulant, puis, tout en haut, on attend le signal pour démarrer. Comme dans la vraie discipline, quelqu'un pousse le bobsleigh puis saute à l'intérieur. La descente peut commencer.

Inaugurée l'an dernier, l'activité de bobsleigh des Glissades des Pays d'en Haut est passée de une à trois pistes cette année. Pour y avoir accès, les clients doivent acheter un forfait incluant la glissade sur tube, le rafting et la Tornade. Ce forfait se détaille 11 $ de plus qu'un accès aux seuls tubes, lequel varie de 17$ à 28$, selon la durée et le groupe d'âge.

Les attentes sont à la mesure de la dépense. La descente se fait assez rapidement, mais pas autant qu'on l'aurait espéré, peut-être en raison du temps doux qui ramollit la piste. Le virage arrive et derrière nous, Jonathan crie à son groupe - auquel nous nous sommes joints - de «pencher à gauche». Installées à l'avant du bobsleigh, Ingrid et Omaira n'obtempèrent pas, mais les traces dans la neige démontrent bien que peu importe, on ne contrôle rien: les bobsleighs ont tous emprunté le même chemin.

Arrivés en bas, nos amis d'une descente retournent illico faire la file. C'est, à leur avis, la glissade la plus excitante du site, et on en vient à penser que si on n'a pas crié autant qu'eux, c'est peut-être qu'on a perdu notre coeur d'enfant.

Dans l'oeil de la Tornade

Cap sur la Tornade, dont les pistes sont situées juste à côté. Ariane, Cassandra, Julie-Pier, Charlotte, Zoé et Simon, des élèves de 8e année de Hawkesbury, nous accueillent à bord de leur grande embarcation. «Ce que j'aime ici, c'est l'ambiance, avec la musique», dit Ariane, qui note que c'est Calvin Harris qui s'époumone dans les haut-parleurs.

À l'unanimité, ses amis et elle affirment qu'on s'apprête à découvrir la glissade la plus amusante d'entre toutes. Simon ajoute qu'à son avis, la partie la plus drôle est de regarder les gens sortir de la Tornade une fois qu'ils sont arrivés au pied de la pente. Une affirmation qui nous laisse songeurs. Que peut-il bien y avoir de si drôle là-dedans?

Il fallait faire la descente avec lui pour comprendre son humour. Vue d'en bas, la Tornade n'a l'air de rien. De l'intérieur, on constate que ça tourne vite, et beaucoup. Mais on rigole ferme, même si on se demande quand ça s'arrêtera enfin. Il était donc là, le vrai plaisir de glisser...

«Les jeunes sont étourdis quand ils arrivent en bas, le coeur leur lève, mais je n'ai jamais vu quelqu'un être malade», dit avec optimisme un employé des Glissades des Pays d'en Haut.

Le jeune Simon avait raison: c'est quand ils sortent de la Tornade que les gens sont le plus rigolos, tout étourdis qu'ils sont. Maintenant qu'on l'a fait, on peut bien rire un peu des autres.

Repères

Tarifs

Accès aux tubes: entre 17$ et 28$, selon la durée et le groupe d'âge

Tornade, tubes, bobsleigh et rafting: entre 28$ et 39$, selon la durée et le groupe d'âge

Bon à savoir

En plus de la Tornade et du Bobsleigh, les Glissades des Pays d'en Haut proposent plus d'une cinquantaine de pentes de toutes les hauteurs, incluant une zone pour les plus petits. Un grand chalet au coeur duquel trône un foyer permet de casser la croûte tout en se réchauffant. Il est permis d'y apporter un lunch, bien qu'un petit service de restauration soit offert sur place. 

440, chemin Avila, Piedmont

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