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Yoga mère-fille: un poisson hors du bocal

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Odette Dumas

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Odette Dumas
La Presse

J'étais ravie de l'invitation d'Ève à ce week-end de yoga mère-fille. J'avais hâte et... j'appréhendais. Hâte parce que ce week-end me permettrait d'être avec ma fille, appréhension parce que je suis au degré zéro du yoga. À chaque classe, j'étais la plus nulle et la moins élastique. Dépassée, j'avais un peu honte en voyant les prouesses de femmes et d'hommes de mon âge. Me mettre sur la tête, moi? Voyons donc, j'ai de la misère à me tenir en équilibre sur une jambe. Enfin me dis-je, n'ayons pas peur des défis qui peuvent améliorer notre qualité de vie.

Dès l'arrivée, on a l'impression qu'il faut se calmer le pompon! Le calme et le silence sont inspirants. Après l'installation dans notre petite chambre, première classe de yoga (il y en a eu quatre en tout, deux heures chacune). J'ai fait plus de yoga en deux jours que dans les dernières années. Trois professeurs différents dont un que j'affectionnais car il se donnait la peine de me pousser plus loin, me tirant les jambes comme un petit poulet pour que je puisse monter plus haut sur mes épaules. Je sais que tout est dans la tête, que si on se pense léger comme une plume, on l'est. Mais je ne suis pas encore rendue là. Donc mon petit surplus de poids, je le sentais à 100%.

 

Après la classe, souper végétarien, fraîchement cuisiné par les membres de l'ashram. Et pour clore la soirée, séance de méditation au temple, suivie de chants et d'une petite conférence sur la philosophie du yoga. Wow! que je me disais en faisant mon possible pour méditer et ne pas laisser errer la folle du logis. Et double wow! lorsque les chants en sanskrit ont commencé. Je me sentais comme un poisson rouge hors de son bocal. J'avais beau essayer de suivre les chants dans le livret, je ne réussissais pas. Pas facile de se mettre ces mots en bouche.

Je me suis mise au lit avec de gros points d'interrogation. Mais j'ai tenu bon. Au son de la cloche à 5h30, j'étais la première sous la douche. Au menu: méditation, chants et petite conférence. La Swami-conférencière ce matin-là a été une révélation. Inspirante, drôle, vive, elle a réussi à réorienter ma boussole. Ensuite, tout a été plus facile, plus naturel. Si on y met du sien, la philosophie du yoga s'adopte facilement. L'important est de se la rappeler quotidiennement lorsqu'on revient à ses vieilles habitudes.

Que ce soit les repas en groupe qui permettent de rencontrer des gens extraordinaires (Sylvie, Alain, Diane), la randonnée en forêt qui mène à un temple hindou, la promenade silencieuse du petit matin ou le yoga-karma qui nous fait participer aux petits travaux de l'ashram (imaginez-vous donc qu'Ève, qui n'est pas du tout portée sur le jardinage, a pris pioche et pelle pour réarranger les bordures de pierres), tout nous aide à nous retrouver, à apprécier les autres et surtout, à nous dépasser, un peu ou beaucoup.

 

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