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Les tunnels de guerre oubliés de Dover retrouvent la lumière

Le complexe souterrain se situe à 23 mètres... (PHOTO LEON NEAL, AFP)

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Le complexe souterrain se situe à 23 mètres sous terre, à l'intérieur des falaises de craie du sud-est de l'Angleterre, face au continent.

PHOTO LEON NEAL, AFP

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Robin MILLARD
Agence France-Presse
DOVER

Tombé dans l'oubli, un réseau secret de tunnels de guerre, creusé dans les falaises blanches de Dover lors de la Deuxième Guerre mondiale, accueille ses premiers visiteurs depuis six décennies pour un étonnant «voyage dans le temps».

Le complexe souterrain se situe à 23 mètres sous terre, à l'intérieur des falaises de craie du sud-est de l'Angleterre, face au continent. «Vous pouvez voir la France, à 34 kilomètres de l'autre côté de la Manche, et à 70 secondes de portée d'obus. On est ici aux avant-postes de la défense du territoire britannique», souligne le guide Gordon Wise.

Excédé de voir les navires nazis passer le long des côtes anglaises sans être inquiétés, Winston Churchill avait ordonné la construction de ces tunnels en juillet 1940. Le «Fan Bay Deep Shelter» a été creusé en moins de 100 jours.

Il a abrité jusqu'à 185 soldats et quatre officiers qui commandaient trois canons destinés à harceler la flotte allemande et répondre aux batteries nazies installées en face, sur les côtes françaises occupées, au Cap Blanc Nez et au Cap Gris Nez.

Les 325 m2 de tunnels ont été abandonnés en 1950 et bouchés dans les années 1970. Seul un couvercle en métal, dans l'herbe des falaises, donnait alors un indice sur ce qui se trouvait en-dessous.

Le site a été racheté en 2012 par le National Trust, organisme britannique assurant la conservation et la mise en valeur de monuments et sites historiques. Après dix-huit mois de travaux de restauration, il a ouvert au public le 20 juillet dernier. Pour «témoigner des temps de la guerre et aussi rappeler une histoire oubliée», dit Jon Barker, le chef de projet su site.

«Une vraie fourmilière»

En descendant les 125 marches qui conduisent aux tunnels, qu'on visite à la lampe frontale pour dix livres (20 dollars) l'entrée, on est frappé par l'humidité qui y règne à cause de la condensation. Les murs sont soutenus par des arches en tôle et en acier souvent rouillés. La température est fraîche, un 12 degrés constant tout au long de l'année.

«Vides, ces tunnels respirent le calme. Mais dans les années 40 c'était une vraie fourmilière», note Jon Barker.

En déblayant les lieux, les volontaires ont retrouvé de nombreux vestiges de la vie quotidienne des militaires stationnés sous terre: des paquets de cigarettes, des télégrammes, des coupons de paris sur des matchs de soccer et des livres. Les murs de craie sont parsemés de graffitis gravés dans la roche par les soldats. On trouve notamment un jeu du morpion et une inscription dont l'auteur se plaint du manque de papier toilette...

S'y sont ajoutés d'autres graffitis plus récents, laissés notamment par «Nick et Julie», des visiteurs réguliers des années 70. «C'était alors très difficile et dangereux de descendre dans les tunnels. C'est aussi pourquoi ils sont dans un aussi bon état de conservation aujourd'hui. Ils permettent un vrai voyage dans le temps dans les années 1940», commente Jon Barker.

Et même un peu plus loin, puisque les travaux de restauration ont permis d'exhumer également deux miroirs acoustiques de la Première Guerre mondiale. Ces paraboles en béton de 4,6 mètres de diamètre servaient à détecter l'arrivée d'avions ou bateaux ennemis, avant d'être rendues obsolètes par l'invention du radar.

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