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Le tourisme vert des Açores décolle grâce aux compagnies à bas prix

Sao Miguel (sur la photo) est la plus... (AFP, Patricia de Melo Moreira)

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Sao Miguel (sur la photo) est la plus grande des neuf îles que compte l'archipel portugais des Açores.

AFP, Patricia de Melo Moreira

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Thomas Cabral
Agence France-Presse
PONTA DELGADA

Avec sa végétation luxuriante, ses lacs reposant au fond de cratères volcaniques et ses colonies de cachalots, l'archipel portugais des Açores a tout d'un paradis perdu pour les amoureux de la nature, qui affluent en masse depuis l'arrivée fin mars des compagnies aériennes à bas coûts.

Dès le mois d'avril, l'aéroport de Ponta Delgada, capitale de cette région de près de 250 000 habitants, enregistrait 33,6% de passagers de plus qu'il y a un an et le chiffre d'affaires du secteur hôtelier bondissait de 35,2%.

L'ouverture des liaisons aériennes, jusqu'ici réservées aux compagnies nationale et régionale, est une aubaine pour une filière touristique encore peu exploitée. Ce tournant représente aussi un défi majeur pour une destination recherchée pour sa beauté naturelle intacte.

«Je rêvais des Açores depuis longtemps, puis une amie m'a parlé de ces nouveaux vols à bas prix et j'ai pu prendre l'avion pour 100 euros», soit le tiers du tarif moyen pratiqué jusqu'ici, raconte Pamela Massi, une touriste italienne de 33 ans.

«C'est vraiment un lieu spécial, avec une nature splendide», témoigne cette ingénieure de l'environnement, émerveillée par une horde de dauphins jouant avec l'étrave du hors-bord qui sillonne la mer d'un bleu limpide au large de Sao Miguel, la plus grande des neuf îles que compte l'archipel.

Une occasion attendue 

«L'an dernier, nous étions en Nouvelle-Zélande et nous avons cherché des baleines pendant deux jours, en vain. Et là on en voit à une quinzaine de kilomètres de la côte!», s'exclame Tineke Intzveld, une sexagénaire venue des Pays-Bas, ravie de se retrouver à quelques mètres seulement d'un groupe de paisibles cachalots.

L'afflux croissant de touristes est une bonne nouvelle pour Futurismo, la société qui organise cette sortie en mer pour observer des cétacés, une spécialité locale depuis l'abandon en 1986 de la traditionnelle chasse à la baleine.

«L'arrivée des low-cost était attendue depuis longtemps», explique la directrice commerciale Rosa Costa, même s'il est «encore trop tôt» pour en mesurer l'impact sur un chiffre d'affaires annuel qui atteint déjà un million d'euros.

«Mais personne ici ne souhaite que la région devienne une destination de tourisme de masse. Le grand défi consiste à fixer une limite à notre capacité d'accueil et à la respecter», ajoute la responsable de l'entreprise qui, à la saison haute, emmène jusqu'à 250 personnes par jour à la recherche de diverses espèces de baleines, dauphins et tortues.

À deux heures de vol de Lisbonne et à quatre heures des États-Unis, les Açores étaient en 2014 la région du Portugal la moins prisée par les touristes, avec 350 000 visiteurs et une part de marché de 2,1%.

Un hôtel écologique

Actuellement doté de quelque 10 000 lits, l'archipel devrait bientôt en avoir 1800 de plus grâce à une vingtaine de nouveaux projets d'investissement déjà soumis à l'approbation des autorités locales, mais sa capacité hôtelière a d'ores et déjà été limitée à 15 000 lits.

«Nous avons pris la vague au bon moment car les low-cost font un gros travail de promotion afin de rentabiliser leur activité», se réjouit Joao Reis quelques jours après l'inauguration de son hôtel, le Santa Barbara Eco-Beach Resort, qui surplombe cette plage de la côte nord de Sao Miguel.

L'entrepreneur de 37 ans a investi deux millions d'euros pour bâtir une quinzaine de villas bâties à flanc de colline avec des matériaux à 95% recyclables - revêtement en liège, pierre de basalte, bois locaux...

Afin de faire partager sa passion pour les Açores, ce natif du continent portugais souhaite y accueillir les vacanciers dans un cadre harmonieux, «à l'opposé d'un hôtel traditionnel qui aurait détruit le paysage environnant», explique-t-il.

Avec un carnet de réservations plein jusqu'à la fin de l'été, il estime que «l'affluence de touristes devrait doubler, voire tripler dans les prochaines années». Mais les Açores resteront «un marché de niche» tourné vers les amateurs de randonnées, de surf ou de plongée, selon lui.

«Un risque calculé»

La hausse de la fréquentation constitue «un risque calculé», admet le gouvernement régional. «Nos règles de protection environnementale nous permettent de faire face à cette nouvelle donne en toute confiance», assure Vitor Fraga, responsable du Tourisme et des Transports.

Le site de Caldeira Velha, avec ses piscines naturelles alimentées par des sources d'eau chaude à l'ombre de fougères arborescentes, est par exemple devenu payant il y a déjà deux ans afin d'être mieux préservé.

Diogo Caetano, président de l'association écologiste Les Amis des Açores, reconnaît que la région et son économie bénéficieront du développement du tourisme. Ses inquiétudes portent sur «certaines zones plus sensibles, davantage menacées».

Le géologue de 35 ans cite le cas du point de vue panoramique sur le lac de Sete Cidades, où les touristes viennent toujours nombreux pour admirer ces deux lagunes contiguës aux eaux de couleurs différentes, bleue et verte.

Symbole des investissements hasardeux réalisés par le passé, le lieu est dominé par l'imposante masse de béton d'un hôtel laissé à l'abandon depuis les années 1990.

Dorénavant, prévient M. Caetano, «il faudra rester vigilant pour ne pas gâcher l'environnement, ni l'image idyllique qui attire les touristes».

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