Recherche Voyage

À Paris, la nouvelle vie touristique et festive des berges de Seine

La question des nuisances sonores, éternel sujet de... (PHOTO FRANCOIS GUILLOT, AFP)

Agrandir

La question des nuisances sonores, éternel sujet de tracas pour les riverains, se pose aussi avec moins d'acuité sur les berges que dans les petites rues étroites du centre de Paris.

PHOTO FRANCOIS GUILLOT, AFP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Stéphanie LEROUGE
Agence France-Presse
PARIS

Des dizaines de péniches récréatives, un restaurant universitaire flottant, et bientôt une salle de concert et un hôtel sur l'eau: la Seine et ses berges sont devenues en quelques années un des hauts lieux du tourisme et de la vie nocturne à Paris.

«Il y a vingt ans, la Seine était un espace presque ''underground''. Aujourd'hui, on a du mal à trouver de la place !» relève Ricardo Esteban, un des pionniers de cette vie au bord du fleuve, qui a lancé trois péniches musicales parmi les plus réputées: la Guinguette Pirate (1995), le Batofar (1999), et Petit Bain (2010).

Initié il y a vingt ans du côté du Port de la Gare (XIIIe), le mouvement a connu une accélération en 2013 avec la décision de la Ville de fermer à la circulation les berges de la rive gauche, entre le Pont de l'Alma et le musée d'Orsay.

«Paris est une ville très dense, dès que quelqu'un veut faire quelque chose c'est un barnum pas possible. Là, d'un coup, en fermant la circulation, on a rendu utilisables des dizaines de milliers de mètres carrés», s'enthousiasme Frédéric Hocquard, délégué à la nuit à la mairie de Paris.

La question des nuisances sonores, éternel sujet de tracas pour les riverains, se pose aussi avec moins d'acuité sur les berges que dans les petites rues étroites du centre de Paris.

D'une rive à l'autre et d'est en ouest, c'est l'effervescence. Port de la Gare, on note l'arrivée cette année du «restau U» flottant du CROUS , de la péniche Baody et de sa terrasse (bar à chicha et restaurant halal), ou encore de la plage «la Vie est Belle» (un «bar de copines» éphémère). Rive droite, le quai des Célestins a accueilli une nouvelle recrue, la péniche «Mademoiselle Rose».

Autre proposition dans les cartons: celle d'un hôtel flottant, censé s'amarrer en 2016 ou 2017 quai d'Austerlitz. Le projet, qui sera dévoilé le 10 septembre à l'Hôtel de Ville, implique notamment la Banque publique d'investissement (Bpifrance), le groupe hôtelier Elegancia Hotels et le cabinet d'architectes Seine Design, qui a déjà dessiné l'Adamant (un hôpital de jour sur l'eau) et la péniche Rosa Bonheur sur Seine.

Cette dernière a ouvert l'an dernier le bal des nouvelles barges installées près du pont Alexandre III, à la faveur de la fermeture des berges à la circulation. Elle sera rejointe en septembre par le Flow, une grosse embarcation de 40 mètres sur 15 dont les flancs abriteront un restaurant gastronomique et une salle de concert de 500 places (ouverture au public à la fin de l'année).

Tourisme urbain

L'équipe du «Flow» a installé il y a deux ans déjà sur le quai une terrasse qui ne désemplit pas. Même chose pour celle du restaurant le Faust, même si ce dernier, encore en quête de la formule du succès, a été placé en redressement judiciaire.

«La terrasse a rencontré un engouement qui a dépassé nos espérances (...) Les voies sur berges sont une vraie réussite. On a créé une zone piétonne en plein Paris, au bord de l'eau. Au fil des saisons, il y a de plus en plus de gens qui courent, qui pique-niquent», décrit un des fondateurs du Flow, Laurent Segall (lui aussi un ancien du Batofar).

Plus chic que le Port de la Gare, le Quai d'Orsay voit se côtoyer à l'heure de l'«afterwork» touristes en goguette, familles et cadres en chemise.

«Les berges sont un nouveau point d'attrait pour Paris, notamment pour les amateurs de tourisme urbain, qui au-delà de la découverte du patrimoine, viennent chercher une expérience plus typique, plus authentique», se félicite l'adjoint de la maire de Paris responsable du Tourisme Jean-François Martins (ex-MoDem).

Les rives sont aussi devenues un lieu très prisé des «clubbers» de tous les pays, notamment depuis l'installation en 2011 de la péniche Concrete Paris. Située au Port de la Rapée (XIIe), cette nef réputée pour ces «afters» dominicaux a largement contribué à «replacer Paris sur la carte européenne de la nuit», selon le DJ Eric Labbé, initiateur en 2010 d'une retentissante pétition sur l'atonie des nuits parisiennes.

La maire de Paris Anne Hidalgo (PS) n'entend pas s'arrêter en si bon chemin. L'été prochain, elle souhaite fermer à la circulation une partie des berges de la rive droite, malgré les protestations, notamment du patronat.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires : Voyage

Tous les plus populaires de la section Voyage
sur Lapresse.ca
»

publicité

Destinations

Asie Europe Afrique Amérique latine Océanie États-unis Canada Québec

publicité

Autres contenus populaires

image title
Fermer