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Des vacances sans l'Oncle Sam

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Une plage dans le parc provincial Sandbanks, en Ontario

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Vous avez l'habitude de traverser chez nos voisins du Sud pour la saison estivale mais vous cherchez des destinations de remplacement? Bien que deux régions ou villes ne soient tout à fait interchangeables, voici quelques solutions de rechange à des vacances américaines.

De Cape Cod à... Sandbanks

La réputation du parc provincial ontarien de Sandbanks n'est plus à faire. L'endroit est grandement fréquenté par les vacanciers. Au menu : baignade, pêche, canot, randonnée pédestre.

De la Californie au... Niagara

Les amateurs de vin seront servis. On compte quelque 80 vignobles dans la région du Niagara. Et pour s'y rendre, nul besoin de monter à bord d'un avion, il suffit de prendre la voiture. À partir de Montréal, le trajet dure environ sept heures.

De la Floride à... la République dominicaine

Si vous mettez le cap sur la République dominicaine, il faut en profiter pour visiter la vieille ville de Santo Domingo et découvrir la culture locale. Les plages de sable blanc pourraient également vous plaire.

De New York à... Toronto

Évidemment, aucune ville ne remplace vraiment la Grosse Pomme. Toronto et New York diffèrent en plusieurs points. Mais il reste que Toronto a son charme : de bons restos, des galeries d'art, une multitude de quartiers intéressants... On s'y rend en avion, en train ou en auto.

Des parcs américains aux... parcs canadiens

Cette année, à l'occasion du 150e anniversaire du Canada, les visiteurs ont accès gratuitement aux parcs nationaux du pays: du parc national de Banff à Terra-Nova en passant par Forillon, les amateurs de camping et de plein air ont l'embarras du choix.

Le port de St. Andrews au Nouveau-Brunswick... (Photo archives La Presse) - image 2.0

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Le port de St. Andrews au Nouveau-Brunswick

Photo archives La Presse

Le Nouveau-Brunswick plutôt que le Maine

Comme le Maine, le Nouveau-Brunswick a de beaux paysages à offrir, des plages... et du homard. Avec un huard faible et un président américain impopulaire, la province des Maritimes cherche plus que jamais à convaincre les Québécois de rester de ce côté-ci de la frontière et de profiter de ses attraits.

«C'est sûr que le Nouveau-Brunswick va tenter de séduire cette clientèle-là», constate Joanne Bérubé Gagné, directrice générale de l'Office de tourisme Edmundston-Madawaska. Déjà, elle avait noté un retour des vacanciers depuis les dernières années et dit souhaiter que la tendance se maintienne pour la prochaine saison estivale, rappelant en même temps que les Québécois qui se rendront dans la province voisine « en auront davantage pour leur argent » que s'ils vont chez l'Oncle Sam. Entre 2010 et 2014, les Québécois ont fait environ  200 000 visites annuellement (séjour d'au moins une nuit) en terre néo-brunswickoise, selon les données fournies par le ministère du Tourisme, du Patrimoine et de la Culture de la province.

Le homard, les microbrasseries, des terrains de camping qui ont fait peau neuve et la beauté des parcs provinciaux sont autant d'attraits sur lesquels mise le Nouveau-Brunswick pour attirer les vacanciers québécois, énumère Mme Bérubé Gagné.

Les amoureux de la plage seront également servis. Qu'il s'agisse de Grande-Anse, petit village avec une plage, du parc national Kouchibouguac ou du parc provincial de la plage Parlee, il est possible de marcher les deux pieds dans le sable à bien des endroits au Nouveau-Brunswick. Et comme dans les campagnes publicitaires, on ne manquera pas de vous dire que les plages d'eau salée de la province sont les plus chaudes au pays et qu'elles peuvent atteindre une température de 29°C. De quoi convaincre des vacanciers.

Donald Trump... (Associated Press) - image 3.0

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Donald Trump

Associated Press

Qui a peur de Donald Trump?

Les mélomanes ne s'empêcheront pas d'aller voir des concerts à New York, et les retraités vont continuer de fuir l'hiver en Floride. La présence de Donald Trump à la Maison-Blanche n'influencera pas les Québécois dans leur choix de destination, croient les observateurs que nous avons questionnés.

«Une fois que les lumières se ferment et que les rideaux s'ouvrent, le président est très loin. C'est du moins ce qu'estime Alain A. Grenier, professeur en tourisme et en développement durable à l'UQAM. Comme sociologue, je ne crois pas tellement à une baisse significative [du nombre de touristes québécois aux États-Unis] en raison de l'élection de Trump. Les attraits de ce pays sont supérieurs au dédain que le président peut inspirer.»

Paul Arseneault, titulaire de la Chaire de tourisme Transat-UQAM, croit pour sa part que l'on assistera probablement à une diminution du nombre de Canadiens qui prendront leurs vacances aux États-Unis, mais que celle-ci sera minime. «Un boycottage ou un embargo, c'est une vue de l'esprit. Si je ne vais pas aux États-Unis cet été, M. Trump ne sera pas au courant.»

Il ajoute du même souffle que les familles qui se rendent généralement sur la côte Est américaine pendant leurs vacances ou encore les voyageurs qui s'envolent chaque année pour San Francisco ne dérogeront probablement pas à leurs habitudes.

Rappelons par ailleurs que bien des voyageurs effectuent leurs réservations près d'un an à l'avance. Ainsi, les gens ont planifié leur semaine en camping ou dans un chalet pour cet été bien avant de connaître le résultat des élections.

Alain A. Grenier ajoute pour sa part que le taux de change, présentement défavorable aux Canadiens a, selon lui, bien plus d'impact sur les projets de voyage. «Ce qui touche vraiment le portefeuille, c'est ce qui va influencer les gens.»

Les compagnies aériennes et les agences de voyage jointes par La Presse ont toutes assuré qu'elles n'avaient pas noté de baisse, pour le moment, dans la vente de circuits ou de billets à destination des États-Unis depuis le début de l'année.

L'attrait du reste du monde

Des résultats récemment dévoilés par l'agence en ligne hotels.com tendent en revanche à démontrer un changement dans les habitudes des voyageurs canadiens au cours de l'année 2016. Ceux-ci auraient une nouvelle préférence pour les destinations internationales, au détriment de certaines destinations américaines. Pour établir un palmarès des villes les plus populaires, l'entreprise a tenu compte du nombre de nuitées réservées dans un endroit donné.

«La faiblesse du dollar canadien et l'environnement politique tumultueux semblent avoir entraîné une baisse importante de l'intérêt des Canadiens pour quelques villes-clés des États-Unis, peut-on lire dans le communiqué envoyé par l'entreprise. Los Angeles est passée de la 8e destination internationale la plus populaire pour les Canadiens en 2015 à la 20e en 2016, alors que Washington (D.C.) a chuté du 19e rang en 2015 au 35e en 2016.»

Notons toutefois que New York et Las Vegas occupent toujours respectivement la première et la deuxième position du palmarès des villes les plus populaires auprès des voyageurs canadiens en 2016.

Et vous?

Les Canadiens bouderont-ils les États-Unis l'été prochain? Les avis des voyageurs interrogés par La Presse à l'aéroport Montréal-Trudeau étaient assez partagés.

«Si j'avais à planifier un voyage, j'irais en Europe, c'est plus beau », affirme sans détour Christian Heraldez, un résident permanent depuis 10 ans, d'origine mexicaine. Le matin où nous l'avons rencontré, il venait avec son frère jumeau Oscar, reconduire sa mère qui retournait dans son Guadalajara natal après deux mois passés en terre québécoise. Lorsqu'on lui a demandé si, comme Mexicaine, elle avait envie d'aller aux États-Unis, elle a d'abord répondu un non catégorique pour ensuite se raviser. «J'irais peut-être à Las Vegas...»

«Je ne vous répondrai peut-être pas ce que vous avez envie d'entendre», a laissé tomber Pascale, de passage dans la métropole pour son travail, alors qu'elle se dirigeait vers les bornes d'enregistrement. Cette Québécoise, qui habite maintenant à Toronto, dit aller régulièrement aux États-Unis pour faire du ski en famille. «C'est sûr que je trouve ça dommage quand je regarde certaines décisions qui sont prises, admet-elle. Mais en tant que Québécoise de souche et Canadienne, je ne sens aucune différence maintenant [par rapport à avant] quand j'y vais.»

Enceinte, Khadiga Samy, employée à l'aéroport Montréal-Trudeau, caressait le projet d'aller en Californie avec son mari à l'été. Elle cherche une destination où il faut chaud et où le virus Zika est absent. Le sud-ouest des États-Unis s'avérait donc une option intéressante. Or, son conjoint, né en Égypte, possède un passeport syrien. Mme Samy n'ose donc pas s'aventurer au sud de la frontière par crainte d'avoir des problèmes. Elle a par conséquent décidé de faire une croix sur ses vacances estivales au pays de l'Oncle Sam.

Accompagnée de ses deux enfants et d'un chariot rempli de valises, Mélanie Fortier affirme ne pas vouloir aller aux États-Unis. Pourquoi? «Parce que ça coûte trop cher avec le taux de change», explique celle qui s'apprêtait à s'envoler pour Cuba. Et le contexte politique actuel chez nos voisins du Sud la dissuade encore plus d'y mettre les pieds, dit-elle.

Le malaise d'Elisa Lane et de son mari Greg était palpable quand nous leur avons posé la question. Ce couple d'Ottawa, en désaccord avec plusieurs décisions de l'administration Trump, se rendait à Palm Springs pour visiter sa fille. «Je me sens vraiment mal à l'aise», admet Mme Lane. Son mari et elle savent qu'ils ne pourront passer outre les États-Unis puisque leur fille y habite et qu'ils ont l'intention de continuer d'aller lui rendre visite.

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