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Croquer dans le Vermont

Troupeau de vaches de Hollister Farms, au Vermont.... (PHOTO ÉDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE)

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Troupeau de vaches de Hollister Farms, au Vermont.

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Les Québécois sont nombreux à profiter des montagnes, des lacs et des coquets petits villages du Vermont. Pour les Montréalais Michelle Marek et Anthony Kinik, respectivement chef et blogueur culinaire (entre autres), les excellents produits laitiers, les bières et la culture maraîchère bio étaient des motivations tout aussi valides. Aujourd'hui propriétaire d'une vieille maison de ferme près de Woodbury, le couple nous a fait faire une virée gourmande dans sa verdoyante campagne.

De l'escapade à l'enracinement

Michelle Marek et Anthony Kinik ont fait des dizaines d'escapades aux quatre coins du Vermont: Burlington, Waterbury, Hardwick, Montpelier, Calais, Vergennes, Woodstock, etc. Depuis deux ans, ils possèdent une vieille maison de ferme près du village de Woodbury. Nous avons voulu savoir ce qui pouvait autant faire vibrer une chef pâtissière et un professeur de cinéma, blogueur culinaire à ses heures. La preuve s'est évidemment faite par le ventre.

Certes, les produits du Vermont sont incomparables. La réputation des bières n'est plus à faire. Les fromages et les autres produits laitiers ont un goût d'exception. La boulangerie ne cesse de faire de nouveaux adeptes. Mais ce sont avant tout les gens qui cultivent, pétrissent, brassent, élèvent, fermentent, torréfient, affinent, etc., que le couple apprécie, au point de vouloir s'en entourer le plus souvent possible.

«Ici, les gens sont simples, terre à terre et libres d'être complètement eux-mêmes. J'apprécie leur obstination et leur volonté de travailler très fort pour produire la nourriture le plus correctement possible», indique Michelle Marek, qui était chef du Labo culinaire de la SAT jusqu'en juillet dernier.

Prenez Elmore Mountain Bread, qui distribue son pain on ne peut plus artisanal dans les coopératives, marchés et restaurants de la région. Les boulangers, Andrew Heyn et Blair Marvin, étaient à la recherche de blé biologique local. On leur a rapidement présenté Nate et Jessie Rogers, qui se lançaient justement dans la culture céréalière. Les premiers ont promis aux seconds d'acheter toute leur production s'ils étaient prêts à faire pousser le blé dont ils avaient besoin pour faire une bonne partie de leurs 1800 pains par semaine.

À peine quelques années plus tard, 95 % du blé de Rogers Farmstead est vendu à la boulangerie, qui moud sa propre farine dans son moulin à meule de granit fait sur mesure. Pour les zélés de l'Elmore Mountain Bread, qui travaillent également avec un four à pain chauffé au bois, rien ne rivalise avec le goût - ni l'apport nutritionnel - d'une miche à base de farine ultrafraîche, surtout quand celle-ci permet en plus à une famille voisine de bien gagner sa vie!

Dans le village de Maple Corner, les propriétaires... (PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE) - image 2.0

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Dans le village de Maple Corner, les propriétaires de la «grange bleue» organisent depuis plusieurs étés un grand pique-nique communautaire et familial avec musique, baignade dans le lac, feux et excellente compagnie.

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Pôle d'attraction

Des histoires d'entraide et de partenariat comme celle-là, il y en a dans tous les petits villages du Vermont. Ce n'est pas pour rien que nombre de familles ont quitté New York, la Californie et d'autres États du Sud pour s'installer dans les vertes montagnes du Nord. Le Vermont a aussi ses problèmes de pauvreté, de drogue et de xénophobie, naturellement, mais nombreux sont les Américains qui clament que c'est beaucoup moins grave qu'ailleurs.

Mary Alice Proffitt, propriétaire du restaurant Down Home, à Montpelier, est venue s'installer au Vermont après son divorce. Originaire du Sud (Géorgie et Caroline du Nord), la maman de trois enfants ne se sent jamais seule ni isolée dans son nouvel environnement.

La trentenaire, qui a travaillé en restauration presque toute sa vie se demandait ce qu'elle pouvait offrir à la petite ville déjà bien charmante. La réponse n'a pas tardé: un bon restaurant à déjeuner! Elle a donc restauré un magnifique édifice historique et commencé à servir des oeufs, du macaroni au fromage, du poulet frit et même du poisson-chat. Ouvert de 7 h à 15 h, le lumineux restaurant est pratiquement toujours bondé de clients souriants et satisfaits.

Mike et Stephanie Olson sont pour leur part fondateurs de Keep Vermont Weird, un organisme qui incite les gens à continuer d'acheter le plus localement possible et à conserver cette ambiance d'éclectisme qui caractérise ce coin de pays. Gens de l'endroit et touristes achètent t-shirts, tasses, collants à pare-chocs, etc., dans la petite boutique de Burlington ouverte en 2015.

«Nous adorons la fierté que les gens d'ici ont de leur région. Les Vermontois se soutiennent et forment une communauté bien soudée dans l'adversité. C'est pourquoi nous avons décidé de quitter la Californie et d'élever nos enfants ici. This place is different», explique Stephanie Olson.

Ce n'est évidemment pas que dans les moments difficiles que les Vermontois se réunissent. Les nombreux petits marchés fermiers permettent aux gens de prendre des nouvelles les uns des autres. Les cafés, les restaurants, les microbrasseries, les disquaires vintage et autres librairies sont des lieux de choix pour prendre le pouls de l'art de vivre vermontois. Puis, de temps en temps, on tombe sur une réunion politique dans un bar, une épluchette de maïs dans un parc, une soirée dansante dans une grange, une fête dans un champ...

Nous l'avons vécu avec Michelle Marek et Anthony Kinik par un beau samedi soir de la fin du mois d'août. Dans le village de Maple Corner, les propriétaires de la «grange bleue» organisent depuis plusieurs étés un grand pique-nique communautaire et familial avec musique, baignade dans le lac, feux et excellente compagnie.

Les enfants s'initient au bocce (pétanque italienne), quand ils ne sont pas en train de jouer à cache-cache ou de s'inventer des jeux avec trois fois rien. Les adolescents virent leur première cuite. Les adultes rattrapent le temps perdu autour d'une bière (ou deux)! C'est ce que les anglophones de ce monde appellent du good clean fun.

On peut suivre les aventures vermontoises (et montréalaises) de Michelle et d'Anthony sur leur excellent blogue.

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