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La côte Est américaine pâtit de la faiblesse du huard

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Entre janvier et mai, 16% moins de Canadiens se sont rendus aux États-Unis qu'à la même période l'an dernier.

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Louise Leduc
La Presse

La côte Est américaine est frappée de plein fouet par la faiblesse du dollar canadien. Le bureau de tourisme de la région de Cape May, au New Jersey, dit observer une baisse de 30 à 40% du nombre de touristes canadiens, surtout des Québécois, jusqu'ici cet été.

«Étant donné la faiblesse du dollar canadien, nous avions prévu qu'il y aurait beaucoup moins de touristes, explique Diane Wieland, directrice du bureau de tourisme du comté de Cape May. Avec plusieurs commerçants de la région, nous avons mis sur pied un programme de rabais offerts exclusivement aux Canadiens. [...] Nous continuons de cibler tout particulièrement les Ontariens et les Québécois dans nos campagnes de marketing, mais nous comprenons que le taux de change fait en sorte que les États-Unis sont hors de prix pour eux.»

«Pendant les vacances de la construction, on a recommencé à entendre un peu de français ici et là, raconte Karen Arel, présidente de la Chambre de commerce d'Ogunquit, dans le Maine. C'est de la musique à mes oreilles parce que jusqu'ici cette saison, tout comme l'an dernier, les Québécois se faisaient rares, à Ogunquit».

Ceux qui viennent sur la côte Est, poursuit Mme Arel, y passent deux jours de moins qu'avant ou y séjournent au printemps et à l'automne, en basse saison, quand les prix sont moins élevés.

Même son de cloche chez Greg Dugal, directeur de l'Association des hôtels et motels du Maine, qui représente 500 membres. 

«On voit de moins en moins de Canadiens qui réservent une chambre d'hôtel comme ils le faisaient avant. Quand ils viennent, ils se mettent à plusieurs et ils louent une maison, ou alors ils écourtent leur séjour.» - Greg Dugal, directeur de l'Association des hôtels et motels du Maine

Michel Bouffard, propriétaire du Normandie Motor Inn d'Old Orchard depuis 1996, note que dans son coin, les propriétaires d'hôtel en bord de mer comme lui arrivent à s'en tirer, mais que «ceux qui se trouvent quelques rues plus loin y goûtent».

Les séjours plus courts ont leurs conséquences. «Ça fait plus de nettoyage, plus de changements de chambre», relève-t-il.

Dans un sondage Léger Recherche Stratégie Conseil réalisé en avril pour CAA-Québec, seuls 7% des 1000 Québécois interrogés indiquaient envisager de se rendre sur la côte est américaine, 41% des répondants pensaient passer leurs vacances au Québec et 13%, dans une autre province canadienne.

Après vérification auprès des différents bureaux de CAA au Québec, Rébecca Salesse, conseillère en communication, confirme que le sondage a visé juste. Le Québec, les provinces maritimes et l'Ontario ont la cote, cette année. La côte est américaine? La demande de tracés ou de renseignements est très faible.

Un mauvais départ

L'année a certes mal commencé.

Entre janvier et mai, 16% moins de Canadiens se sont rendus aux États-Unis qu'à la même période l'an dernier. Et si l'on compare avec 1991, il y a deux fois moins de Canadiens qui ont franchi la frontière pendant ces premiers mois de l'année, selon des données de Statistique Canada qui s'appuient sur celles de l'Agence des services frontaliers du Canada.

Ces données confirment parfaitement la prédiction d'analystes de la banque Toronto Dominion qui, en février, prévoyait que le nombre de visites de Canadiens aux États-Unis atteindrait les plus bas niveaux enregistrés depuis la récession de 2008.

Dans cette même analyse, on prédisait que cette année, les Canadiens dépenseraient 3 milliards de moins aux États-Unis qu'en 2014 (soit environ 20 milliards cette année).

Des prix d'ami, quelque part?

Certains commerçants tentent d'infléchir cette tendance lourde. Outre les commerçants du comté de Cape May, certains hôtels du Maine, de même qu'un centre commercial de l'État de Washington, plus tôt cette année, ont fortement publicisé leurs aubaines offertes spécifiquement aux Canadiens. Sea World Orlando et Busch Gardens, à Tampa, offrent des prix d'ami aux Canadiens.

À Kissimmee, en Floride, plusieurs maisons sont louées 30% moins cher aux Canadiens, selon Brand USA, un organisme qui fait la promotion des États-Unis comme destination touristique.

D'autres, au contraire, commencent à trouver que la parité, c'est trop cher.

C'est le cas de Jay Peak qui, après 40 ans à attirer les Québécois avec des billets de ski, des chambres d'hôtel et des repas à parité, y a renoncé cette année.

Impact sur l'immobilier

Du point de vue immobilier, la faiblesse du dollar a aussi ses conséquences.

«La faiblesse du huard va sans aucun doute ralentir les investissements immobiliers, et l'idée de louer [un condo] plutôt que d'acheter sera plus séduisante», écrivait la TD en février.

Gaétan Giguère, lui, explique avoir profité de la faiblesse du dollar canadien pour vendre sa maison en Floride.

«Nous avions acheté une maison quand le dollar canadien était quasi à parité avec le dollar. Simplement avec le jeu du taux de change, on a fait un bon profit. À la Caisse populaire, on a ouvert un compte en dollars américains, qu'on utilise maintenant pour faire des croisières où tout se paie dans cette devise. Bref, notre dollar américain - qui sera toujours la valeur refuge -, on le conserve pour nos vacances d'hiver.»

- Avec la collaboration de Louis-Samuel Perron, La Presse

***

Nombre de Canadiens ayant voyagé aux États-Unis...

Entre janvier 2016 et mai 2016 : 15,9 millions 

Entre janvier 2015 et mai 2015 : 18,4 millions 

Entre janvier 2014 et mai 2014 : 21,1 millions

Source : Statistique Canada

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