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Les majestueux séquoias de Californie menacés par les incendies

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Paradoxalement, les séquoias ont besoin de feux de faible intensité pour se reproduire, afin d'éliminer les espèces concurrentes et permettre l'ouverture des cônes ainsi que la dispersion des graines.

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GLENN CHAPMAN
Agence France-Presse
Middletown

Les incendies qui font rage en Californie menacent les majestueux séquoias géants, véritables trésors nationaux, tandis que des milliers de résidents au nord de l'État ont dû évacuer leur domicile pour fuir les flammes.

L'incendie dit de Rough Fire, le plus gros parmi la dizaine de feux qui dévastent actuellement le nord et le centre de la Californie, s'approchait des arbres géants du parc national de Sequoia, visité chaque année par deux millions de touristes.

«Le feu s'est dirigé vers plusieurs forêts de séquoias dans le Parc national de King's Canyon et de la Forêt nationale de Sequoia, et nous prenons des mesures préventives pour nous assurer qu'il ne leur arrivera rien», a indiqué à l'AFP Mike Theune, porte-parole de ces parcs.

L'arbre «General Grant», deuxième séquoia le plus haut du monde, qui culmine à près de 82 mètres, faisait l'objet d'une attention toute particulière. Surveillé 24 heures sur 24, il est régulièrement aspergé d'eau et les environs de l'arbre ont été débroussaillés.

«Nous avons des pompiers parmi les meilleurs du monde mobilisés pour protéger ces trésors nationaux», a précisé M. Theune.

Les pompiers ont aussi mis en place un système d'arrosage pour protéger le «Boole Tree», qui est le sixième plus gros du monde.

Paradoxalement, les séquoias ont besoin de feux de faible intensité pour se reproduire, afin d'éliminer les espèces concurrentes et permettre l'ouverture des cônes ainsi que la dispersion des graines.

Mais la chaleur extrême qui se dégage d'incendies monstres comme celui du Rough Fire est bien supérieure à ce que ces conifères sont en mesure de supporter.

Le Rough Fire a déjà calciné 562 km2 près des parc de Sequoia et King's Canyon, soit plus de cinq fois la superficie de Paris.

Plus de 3700 pompiers tentent de maîtriser le brasier, contenu à 40% jusqu'à présent, selon les services forestiers.

Des milliers de pompiers plus au nord luttaient également contre deux autres incendies colossaux, dits de Valley et Butte, qui ont déjà fait une victime, forcé l'évacuation de 23 000 personnes et détruit plus de 700 maisons.

Celui de Valley est le plus incontrôlable, sa vitesse et sa force mettant au défi les soldats du feu les plus expérimentés. Il menace 9000 maisons.

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L'arbre «General Grant» est surveillé 24 heures sur 24.

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Middletown, une petite bourgade au nord de San Francisco, a été réduite à l'état de cendres et à un triste paysage post-apocalyptique.

«Les gens vous racontent des horreurs comme vous n'avez pas idée», a dit à l'AFP Ashley Mayhew, gérante du magasin Hardester au coeur du village, resté ouvert au coeur de l'enfer.

Elle a raconté que les résidents, désespérés, se sont rués dans le magasin ce week-end, achetant en masse des réserves d'eau, de victuailles et autres denrées de première nécessité.

«Les gens (...) arrosaient les maisons pour tenter de les préserver» a-t-elle encore dit.

«La situation va empirer»

Il y avait un peu de progrès mardi sur le front du Butte Fire, et certains résidents de San Andreas et de ses environs pourraient être autorisés à regagner leur maison.

Les représentants des pompiers restaient toutefois prudents en raison de la sécheresse record qui sévit depuis quatre ans en Californie et qui a enlevé toute humidité aux terrains, où les feux se répandent comme une trainée de poudre.

Le gouverneur de Californie, Jerry Brown, a proclamé l'état d'urgence dans les zones affectées et a affirmé lundi que le pire était à venir, à «cause de la nature du changement climatique» qui fait monter le mercure.

John Wickstrom, des services forestiers fédéraux, a indiqué que les équipes de pompiers avaient du mal à anticiper la trajectoire des feux: «Avec les conditions (de sécheresse et chaleur) et les dégâts déjà faits, nous pourrions en avoir pour encore des semaines», pour vaincre le brasier, a-t-il dit à l'AFP.

Les incendies ont pour l'instant épargné les vignes de la Napa Valley.

«Nous avons eu beaucoup de chance», a estimé Cate Conniff, porte-parole des vignerons de la plus célèbre région viticole des États-Unis.

Les pompiers ont dû aussi combattre cet été des brasiers dans d'autres États de l'ouest américain, l'Oregon et l'État de Washington.

Les autorités estiment que les incendies de cette année pourraient être parmi les plus coûteux jamais connus aux États-Unis avec 30 000 pompiers mobilisés ces derniers mois et déjà plus de 1,23 milliard de dollars dépensés.

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