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Coast Starlight: de la mer... à la lune

Lorsque le train commence à longer la côte... (Photo Marie-Ève Morasse, La Presse)

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Lorsque le train commence à longer la côte du Pacifique, on croirait rouler sur la plage, à certains endroits.

Photo Marie-Ève Morasse, La Presse

(À bord du Coast Starlight) Trente-quatre heures: c'est le temps que met le train pour parcourir le chemin entre Los Angeles et Seattle. C'est beaucoup moins qu'à vélo, soit, mais il faudrait la moitié du temps pour faire la route en voiture sans s'arrêter. Reste qu'entre paysages à couper le souffle et rencontres, le Coast Starlight n'a pas besoin de se presser.

Kim et son mari ont quitté l'Arizona pour passer leurs vacances en Oregon. «Le voyage en train, c'était son idée», chuchote la femme, troublée de devoir passer la nuit dans une cabine exiguë. Assis à ses côtés, son mari, qui passera une bonne partie du voyage à regarder le paysage en silence, s'ouvre une deuxième bouteille de faux champagne. Il n'est pas encore midi. Le train vient à peine de quitter Union Station, à Los Angeles.

Le «Parlour Car» où Kim cherche la conversation est, en quelque sorte, le salon de ceux qui ont réservé une chambre dans le train. La société Amtrack en a seulement quatre sur rails, dont deux desservent les passagers du Coast Starlight. Dans ces voitures, construites dans les années 50 et rénovées récemment, on peut manger, boire un verre ou simplement converser. C'est un lieu de rencontre, où vous ne trouverez toutefois pas beaucoup de gens pour parler lorsque le train côtoie des panoramas spectaculaires. C'est le cas un peu avant la gare de Santa Monica, où le train commence à longer la côte du Pacifique. À certains endroits, on croirait rouler sur la plage, non loin des surfeurs qui défient les vagues et des falaises se jetant dans la mer.

Puis, le paysage change et devient presque lunaire. On se surprend à peine de découvrir un emplacement de lancement de fusées situé sur une base militaire américaine. De la mer à la lune, la vue éblouit.

Entre les travailleurs qui coupent des laitues romaines par centaines dans les champs et des rivières dont on suit le cours, le temps passe vite. En fin d'après-midi, les passagers ayant réservé une couchette peuvent participer à une dégustation de vin. Le premier jour, les vins sont californiens, le second, ils sont de l'Oregon et de l'État de Washington, question de boire local. Et comme le vin délie les langues, des passagères entonnent au quatrième verre une chanson à la gloire du train à l'attention de William, le préposé du wagon qui, timide, retourne derrière son bar.

Les amitiés sur rails

Chacun a sa raison de faire un bout de chemin - ou le trajet en entier - à bord du Coast Starlight. Plusieurs n'en peuvent plus de l'avion ou ne veulent pas conduire sur de longues distances. Au souper, notre sympathique voisin de table Andrew a une tout autre explication: il souhaite réduire son empreinte de carbone et songe à faire le trajet jusqu'à New York en train. «J'ai tout mon temps, personne ne m'attend à la maison», précise-t-il.

La même raison motive Garry Low, technicien du réseau de transport de Chicago. L'itinéraire de ses vacances a de quoi surprendre. Parti de Chicago, il a rejoint Los Angeles en train. Sa femme et lui se rendaient à Seattle avant de retourner à Chicago, toujours sur rails. Un trajet de près de 10 000 km!

«Vous savez ce qu'on dit, c'est le voyage qui compte, pas la destination», dit-il. Sa conjointe ne le contredira certainement pas. «J'apporte toujours plein de livres, mais je les lis à peine. Il y a tellement de choses à regarder par la fenêtre», dit-elle.

À moins d'être un groupe de quatre, les passagers sont jumelés pour les repas. Inévitablement, on fait connaissance. Jane montre les photos de ses quatre filles, Gan et Andrew décrivent l'entreprise qu'ils ont fondée. À la fin du repas, tout ce beau monde se souhaite bonne chance et retourne à sa voiture. Ainsi vont les amitiés sur rails.

La plupart des passagers vont au lit un peu passé Oakland. Lorsqu'ils se réveillent, le train a grimpé vers le nord jusqu'à la frontière de l'Oregon. Le matin se lève sur le mont Shasta et, de là, les Cascade Mountains se déploient. Le rail serpente au milieu des sapins enneigés, bien en hauteur dans les montagnes. Prendre son déjeuner n'aura jamais été si émouvant.

Lorsque le train s'arrête pour plus que cinq minutes, les passagers peuvent sortir «prendre l'air ou fumer une cigarette», comme l'annonce un employé au micro. À Eugene, dans l'Oregon, Kim est sortie se délier les jambes. Dans environ huit heures, elle sera à destination.

«Je pense que deux jours est le maximum de temps que je peux passer dans un train», soupire-t-elle. Elle a de quoi se réjouir: n'en déplaise à son mari, son retour de vacances se fera en avion.

Dans les voitures, construites dans les années 50... (Photo Marie-Ève Morasse, La Presse) - image 3.0

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Dans les voitures, construites dans les années 50 et rénovées récemment, on peu manger, boire un verre ou simplement converser.

Photo Marie-Ève Morasse, La Presse

Repères

Le train n°14 quitte chaque jour la gare de Los Angeles à 10h10. S'il a respecté son horaire, il entre en gare à Seattle le lendemain à 20h37.

Les prix varient selon la demande, mais comptez au minimum 360$ par personne pour faire le trajet Los Angeles-Seattle, ce qui comprend une nuitée en couchette et les repas, pas gastronomiques, mais honnêtes.




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