Le retour de Maria Sharapova ne fait pas l'unanimité

Maria Sharapova fera son retour à la compétition... (Photo Bernd Weissbrod, AP)

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Maria Sharapova fera son retour à la compétition mercredi au tournoi de Stuttgart.

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François Bontoux
Agence France-Presse
Paris

Le retour à la compétition de Maria Sharapova, mercredi au tournoi de Stuttgart (Allemagne), après une suspension de 15 mois pour dopage, et surtout les aménagements accordés à la Russe pour faciliter sa reprise ne font pas l'unanimité dans le monde du tennis.

Deux aspects ont suscité des réserves. D'abord, le fait que ce tournoi sur terre battue commence lundi, soit deux jours avant la fin de la sanction prononcée à la suite d'un contrôle positif au meldonium. L'obstacle a été contourné en faisant jouer à la Russe son premier match le mercredi, ce qui est d'ordinaire réservé aux têtes de série.

Or, second problème, Sharapova n'a plus de classement à la WTA, n'ayant plus joué depuis les Internationaux d'Australie de 2016. Elle ne pouvait donc participer sans une «wild card», une invitation laissée à la discrétion des organisateurs qui l'accordent d'ordinaire à des compétiteurs de leur pays, à des joueurs revenant de blessure ou à des espoirs particulièrement prometteurs.

«Elle va pouvoir arriver mercredi et commencer son tournoi comme ça, c'est un peu bizarre pour les autres joueuses», a commenté l'Allemande Angelique Kerber au mois de mars, lorsque le sésame a été délivré à la Russe. «C'est un tournoi allemand, des joueuses allemandes auraient besoin d'invitation», a déclaré l'ex-numéro 1 mondiale, détrônée lundi par l'Américaine Serena Williams, et qui fait partie d'un tableau très relevé aux côtés de la Tchèque Karolina Pliskova, de la Roumaine Simona Halep et de la Britannique Johanna Konta.

Un «mauvais message»

Même son de cloche du côté de la Danoise Caroline Wozniacki, selon laquelle le retour de la Russe aurait pu être différé d'une semaine, et dans un tournoi de moindre calibre. «Je trouve très discutable de permettre à une joueuse encore suspendue - quelle qu'elle soit - de participer à un tournoi la semaine même» de la fin de sa suspension, a-t-elle ainsi noté.

«Tout le monde mérite une deuxième chance. Mais en même temps, je trouve que lorsqu'un joueur est suspendu pour dopage, il devrait repartir de zéro et mériter son retour, car c'est différent d'une blessure», a estimé la Danoise.

On avait entendu le même type de propos chez les hommes, le Britannique Andy Murray estimant qu'il fallait «travailler pour revenir» et le Français Jo-Wilfried Tsonga que «c'était comme donner un bonbon à un enfant qui a fait une bêtise, il va recommencer». «On envoie un mauvais message», a-t-il souligné.

D'autres ont été plus compréhensifs, telle la Roumaine Simona Halep, persuadée que Sharapova pouvait de toute façon «revenir facilement même sans wild-card», ou Venus Williams qui s'est réjouie de «l'avoir de nouveau sur le circuit».

«Le cadet de mes soucis»

Au moment de la révélation du contrôle positif, la Russe avait déjà trouvé des défenseurs pour minimiser la gravité de sa faute. Certains avaient loué la franchise de la championne aux cinq titres du Grand Chelem, qui avait tout de suite reconnu son erreur: ne pas avoir vérifié la liste des nouveaux produits interdits au 1er janvier 2016, dans laquelle se trouvait pour la première fois le meldonium.

Ainsi, pour sa grande rivale Serena Williams, qui a tiré un trait sur sa saison 2017 pour cause de grossesse, elle avait «montré beaucoup de courage en admettant ce qu'elle avait fait», tandis que pour la Russe Svetlana Kuznetsova, l'affaire n'était «pas aussi sérieuse que ce qu'on en a fait».

Sera-t-elle pour autant accueillie à bras ouverts? «C'est le cadet de mes soucis», a lâché Sharapova cette semaine au magazine allemand Bild. «Je n'y ai même pas pensé. Je sais que je suis respectée dans mon domaine. Je le vois dans la façon dont elles (les autres joueuses, ndlr) jouent contre moi», a assuré l'ancienne numéro un mondiale, qui sera opposée au premier tour à l'Italienne Roberta Vinci.




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