Les Jeux en cinq questions à nos envoyés spéciaux

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En haut: Mo Farah et Andy Murray. En bas: Thiago Braz da Silva et Penny Oleksiak.

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La Presse

Couvrir les Jeux olympiques est une épreuve en soi, un véritable sprint comptant 16 jours de compétitions. Nous avons demandé à nos envoyés spéciaux de répondre à quelques questions sur ce qui les a impressionnés durant leur séjour à Rio.

L'exploit

Quel est le plus bel exploit sportif que vous avez vu?

Yves Boisvert: Les records du monde d'Almaz Ayana au 10 000 m, et de Wayde van Niekerk au 400 m, sont peut-être plus spectaculaires, mais ce qui m'a donné des frissons, c'est la victoire de Mo Farah au 10 000 m, après sa chute, et quatre ans après sa victoire à Londres.

Philippe Cantin: Rosie MacLennan qui gagne l'or au trampoline, alors que deux commotions cérébrales l'étourdissaient encore six mois plus tôt, c'était magnifique. Mais comment oublier ces quatre heures de tennis d'enfer entre Andy Murray et Juan Martín del Potro en finale masculine? Une ambiance folle, le sport à son meilleur.

Gabriel Béland: Thiago Braz da Silva, ça vous dit quelque chose? Ça ne disait pas grand-chose non plus au champion olympique en titre du saut à la perche, Renaud Lavillenie. À la fin il n'est resté que lui et le Brésilien da Silva. Celui-ci a réussi un saut de 6,03 m. Lavillenie n'a pas été capable d'en faire autant. Le Brésilien a gagné l'or à la surprise générale. Le Stade olympique a explosé de joie.

Simon Drouin: Penny Oleksiak. Son retour sur ce 100 m nage libre restera à jamais gravé dans ma mémoire. Ça et le 800 m nage libre de Katie Ledecky, qui se bat contre la petite ligne jaune de son propre record mondial. Michael Phelps peut partir tranquille.

Le coup de coeur

Quelle est votre personnalité coup de coeur des Jeux?

Yves Boisvert: Geneviève Lalonde, l'Acadienne finaliste au 3000 m steeple, l'athlète qui incarne à elle seule toute la joie athlétique.

Philippe Cantin: Ma première visite au Maracaña, un des stades de soccer les plus mythiques du monde, pour la demi-finale Brésil-Honduras. Plus de 70 000 spectateurs, un festival de couleurs et de bruit, Neymar qui marque un but d'entrée de jeu, les gradins qui en tremblent...

Gabriel Béland: Travailler d'arrache-pied pendant huit ans pour se rendre aux Jeux olympiques et la veille du jour J, être malade comme un chien. C'est arrivé à la boxeuse franco-ontarienne Mandy Bujold. Prise d'une gastro, elle a passé la nuit avec un médecin, est allée à l'hôpital et s'est fait injecter un soluté. Le matin, à 11h, elle est montée dans le ring. Son courage m'a impressionné.

Simon Drouin: Roseline Filion. La fierté se lisait sur son visage durant son tour d'honneur après sa médaille en synchro avec son amie Meaghan Benfeito. À 29 ans, elle a atteint son sommet athlétique dans une discipline rude pour le corps. Cette communicatrice généreuse fera une excellente ambassadrice pour le sport.

L'émotion

Quelle personne ou quel moment vous a le plus ému?

Yves Boisvert: Ces petits gars et filles de la favela de Rocinha, venus sur le tatami de leur club de judo voir Rafaela Silva, une enfant de la Cité de Dieu, gagner la première médaille d'or du Brésil.

Philippe Cantin: Ma rencontre avec un homme de 83 ans, Claude Marshall, un des responsables de l'équipe des athlètes réfugiés. Il m'a raconté leur parcours, le sien aussi, celui d'un enfant ayant fui l'Allemagne nazie et qui, après une vie dans le monde des affaires, aide bénévolement ceux qui n'ont plus rien. Inspirant.

Gabriel Béland: C'est celui qui m'avait le plus ému à Londres. C'est celui qui m'a le plus ému à Rio. Voir ce grand gars de 6 pi 2 pleurer comme un enfant, c'est à vous scier les jambes. C'est aussi étrangement beau. Antoine Valois-Fortier a des tripes, ça paraît sur le tatami et ça paraît quand il en sort.

Simon Drouin: La famille Fournel. Hugues qui rit, Émilie qui pleure, toute la beauté du sport, là, qui se déploie devant nos yeux mouillés.

Les souvenirs

Au-delà du sport, quel souvenir marquant ramenez-vous du Brésil?

Yves Boisvert: Le petit café dont je suis devenu un habitué, où j'allais chercher des sandwichs et où j'ai entendu Oublie-moi de Coeur de pirate. Et à deux rues, un marché public itinérant multicolore.

Philippe Cantin: L'intersection des rues Santa Clara et Barata Ribeiro, à Copacabana, où j'ai pris la navette pour le Centre de presse tous les jours. Jamais vu une telle déferlante d'autobus. Ils filent dans toutes les directions, des gens montant et descendant sans cesse, comme un ballet n'en finissant plus. Le rappel qu'au-delà de la bulle des Jeux, les Cariocas continuent leur train-train quotidien.

Gabriel Béland: La rivalité avec l'Argentine. Vous vous trouvez dans un aréna et soudainement la foule brésilienne se met à scander: «Polonia, Polonia, Polonia!» Vous levez la tête. Il y a un lutteur de la Pologne qui en affronte un... de l'Argentine. J'ai assisté à une scène similaire une dizaine de fois. Ces voisins que l'on aime détester...

Simon Drouin: Ces randonnées matinales en autobus vers Copacabana, à louvoyer à flanc de montagne le long de la côte sur cette route haut perchée, à observer ces surfeurs couchés sur leur planche dans l'attente de la bonne vague. Viendra, viendra pas?

Le rendez-vous manqué

Quel événement vous a laissé sur votre faim?

Yves Boisvert: Suis allé voir du volley de plage à Copacabana. Bof. Je préfère la version improvisée, partout sur la plage, jour et nuit.

Philippe Cantin: J'avais hâte de revoir Lizanne Murphy, la dynamique basketteuse montréalaise, en quarts de finale Canada-France. Cette fille incarne à merveille l'amour du sport. Elle est demeurée sur le banc tout le match et son équipe a perdu. En retraitant au vestiaire, elle était inconsolable, atterrée que sa carrière olympique prenne fin sur ce cruel revers. Une peine immense.

Gabriel Béland: La boxeuse Ariane Fortin y aura rêvé longtemps, aux Jeux olympiques. La double championne du monde a travaillé fort pour s'y rendre. Finalement, elle a perdu à son premier combat par une décision douteuse. On aurait aimé de meilleurs juges. On aurait aimé voir ce qu'elle avait dans le ventre.

Simon Drouin: Le keirin. Indélicat de parler de rendez-vous manqué pour un quasi-miraculé, mais ce diable d'homme d'Hugo Barrette aurait tellement aimé pouvoir faire parler ses jambes sur le vélodrome de Rio. Rendez-vous à Tokyo pour le sympathique Madelinot.

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