10+1 questions avec Marc Bergevin

Le nouveau directeur général du Canadien, Marc Bergevin.... (Photo: Ivanoh Demers, La Presse)

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Le nouveau directeur général du Canadien, Marc Bergevin.

Photo: Ivanoh Demers, La Presse

Nathalie Collard
La Presse

Chaque semaine, Nathalie Collard rencontre une personnalité qui s'est retrouvée au premier plan médiatique et lui pose 10 questions en lien avec la couverture dont elle a été l'objet. La 11e question provient du public. Cette semaine, notre journaliste s'est entretenue avec Marc Bergevin, nouveau directeur général du Canadien de Montréal.

1-Depuis l'annonce de votre embauche, une véritable vague d'amour déferle sur vous. Vous attendiez-vous à un tel accueil?

Jamais. Serge Savard m'avait demandé: «Es-tu prêt?» et je lui avais répondu: «Oui, oui, je suis prêt.» Et là, il m'a dit: «Non... Es-tu prêt?» (rires) Il m'a fait peur. Honnêtement, je n'en reviens pas encore. Et je n'ai pas lu les textes ni regardé la télévision. Tout ce que je sais, c'est ce qu'on m'a dit.

2-On vous a décrit comme un homme émotif. Est-ce que l'émotivité est un atout dans le milieu du hockey?

(Rires) Non, pas nécessairement. En fait, on peut être émotif, mais tout est dans la façon dont l'émotion se manifeste. Moi, honnêtement, quand je pense à mes parents surtout... (silence ému). C'est fatigant. Je ne peux pas m'en empêcher, ça vient automatiquement. J'aimerais mieux maîtriser mon émotion, mais ça fait plus de 20 ans que c'est comme ça et ça ne changera pas. C'est gênant des fois. Il faut que j'arrête, mais c'est difficile.

3-Le milieu du hockey est difficile pour les couples et la vie familiale. On voyage beaucoup, on n'est pas souvent à la maison, etc. Quel est le secret pour qu'une famille dure dans ce milieu?

C'est de bien comprendre la situation et de voir aussi les belles choses dans tout ça. C'est certain que lorsqu'on joue au hockey, il y a les départs, les échanges, les voyages sur la route pendant plusieurs jours... C'est difficile pour la famille. Par contre, on a plusieurs mois de vacances l'été et il y a aussi une compensation financière. Ça ne rend pas les gens heureux, mais ça permet certaines choses. Mais c'est certain que c'est difficile pour la famille.

4-Depuis le début de la semaine, on ne compte plus les textes et même les sondages en faveur de l'embauche de Patrick Roy comme entraîneur-chef du Canadien. Jusqu'où faut-il être à l'écoute des fans selon vous?

C'est important pour les partisans, mais à la fin de la journée, il y a beaucoup d'autres choses à considérer. Des fois, ce que les partisans veulent n'est peut-être pas la bonne décision à prendre pour l'équipe. Il faut jongler avec tout ça. Je ne serai pas du genre à écouter ce qui se dit dans les médias, car si je me fie à l'expérience que j'ai eue à Chicago, on peut être influencé inconsciemment par ce qui se dit autour de nous et prendre une mauvaise décision. Par contre, je vais m'entourer de personnes que je vais écouter.

5-Les réseaux sociaux ont pris beaucoup de place, certains joueurs ont des comptes Twitter, Geoff Molson aussi. Allez-vous vous joindre à la conversation?

Je n'ai pas de compte Twitter pour l'instant, je vais en parler avec notre équipe médias avant de prendre une décision. Les réseaux sociaux, c'est beaucoup d'information supplémentaire. J'ai un poste qui me demande beaucoup de temps et il y a seulement 24 heures dans une journée. Il faut faire des priorités dans la gestion du temps.

6-Aujourd'hui tout le monde vous aime, mais cela pourrait changer. Êtes-vous bien préparé à la critique? L'avez-vous connue durant votre carrière?

Oui, j'ai connu la critique personnellement. Je n'étais pas un joueur étoile et les critiques sont venues de mes entraîneurs. J'étais un joueur d'équipe et je prenais ça très à coeur. Mais j'essaie toujours de voir le côté positif des critiques afin de m'améliorer. Dans tout ça, il faut savoir rester humble.

7-De Chicago, quelle était votre impression du Canadien de Montréal au cours des dernières années?

En 2010, on a failli jouer contre Montréal. Je me disais: gagner la Coupe Stanley à Montréal, ce serait spécial. Mais c'était avec Chicago... Nous avons finalement joué contre l'équipe qui a battu Montréal. À mes yeux, le Canadien était une très bonne équipe puisqu'il s'était rendu jusque-là. L'an dernier, il s'est passé ce qui s'est passé, mais de Chicago, au cours des dernières années, j'avais une impression positive de l'équipe.

8-Est-ce qu'il y a un directeur général qui vous inspire dans le monde du hockey?

Il y a beaucoup de très bons directeurs généraux dans la Ligue nationale, mais il n'y en a pas un en particulier qui m'inspire. Disons que j'observe ce que font plusieurs directeurs que je trouve très bons comme à Detroit, à Nashville et à Chicago. Cela dit, je veux être moi-même, je ne veux pas répéter ce que d'autres font.

9-Vos enfants sont à l'âge où apprendre qu'on va déménager n'est pas une bonne nouvelle. Q'allez-vous leur dire sur Montréal pour qu'ils apprennent à aimer leur nouvelle ville?

Premièrement, il faut que je dise que mes enfants viennent à Montréal tous les étés. Pour eux, Montréal, c'est les vacances, alors c'est agréable. Quand on vient à Montréal, on va chez mes soeurs, en banlieue, dans un milieu francophone, alors pour mes enfants, Montréal est aussi synonyme de français. Or ils ne parlent pas français, juste quelques mots. Cette semaine, ma soeur a envoyé un message Facebook à mon plus vieux qui lui a répondu: «Merci beaucoup!» Ça commence tranquillement, il y aura des étapes à suivre. Actuellement, ils sont à l'école, donc je vais les emmener graduellement: un week-end, une semaine, les vacances d'été. Ce que je peux leur dire sur Montréal? C'est ma ville. L'église qu'on voit là-bas, par la fenêtre de mon bureau (il la montre du doigt), c'est l'église où j'ai été baptisé. J'ai grandi juste là...

10-On dit que vous êtes reconnu pour jouer des tours pendables. Quel est votre meilleur en carrière?

Il y en a beaucoup. Disons qu'un des meilleurs s'est passé à Tampa Bay. Au hockey, il y a de la cire chaude que les joueurs se mettent sur les mains quand ils ont mal. C'est liquide puis ça durcit sur la peau. Un jour que les entraîneurs avaient acheté des beignes, j'en ai trempé quelques-uns dans cette cire puis je les ai replacés dans la boîte, à côté de la cafetière. Je me suis assis pas très loin et j'ai attendu que mes coéquipiers se servent... C'était vraiment très drôle.

Question du public : Est-ce que le fait de ne jamais avoir joué avec le CH constituait une déception dans votre carrière?

Oui, mais en même temps, comme j'ai grandi à Montréal, j'ai toujours placé le Canadien de Montréal très haut, alors je n'ai jamais pensé que j'étais assez bon pour jouer avec l'équipe. J'aurais aimé ça, mais j'avais accepté que ça n'arriverait jamais.

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