«Les records sont faits pour être battus»

Ryan Miller... (Photo archives La Presse Canadienne)

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Ryan Miller

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(VANCOUVER) Au Super Bowl XLII, des membres des Dolphins de Miami de 1972 - qui avaient alors connu la seule saison parfaite de l'histoire de la NFL - avouaient publiquement qu'ils prenaient pour les Giants de New York, souhaitant qu'ils brisent la saison parfaite des Patriots de la Nouvelle-Angleterre.

«Les Dolphins de 1972 ont ri, applaudi et porté des toasts tard dimanche soir», écrivait une collègue d'ESPN, au lendemain de la victoire des Giants.

Ce soir, contre les Canucks de Vancouver, le Canadien tentera d'égaler le record de 10 victoires de suite pour amorcer une saison, partagé par les Maple Leafs de Toronto de 1993 et les Sabres de Buffalo de 2006.

Évidemment, il n'y a pas de commune mesure entre un départ parfait et une saison parfaite. Les Dolphins de 1972 ont gagné le Super Bowl, les Patriots de 2007 l'ont perdu. Le Canadien, lui, demeurera aussi loin - ou aussi proche, pour les plus enthousiastes - d'une Coupe Stanley, gagne ou perd.

Mais la nature humaine étant ce qu'elle est, on pourrait comprendre les détenteurs du record de tenir à leur marque. Les Sabres de 2006 auront-ils le même réflexe que les Dolphins de 1972?

«Non, pas vraiment! Ça fait parler de nous, lance en riant Daniel Brière, au bout du fil. Les records sont faits pour être battus. Et j'ai encore beaucoup d'amis chez le Canadien.»

Miller et Price, des similitudes

Avec une récolte de 95 points, Daniel Brière était un rouage essentiel des Sabres de 2006-2007. Il avait participé à cette séquence de 10 victoires à hauteur de 12 points, dont deux buts.

Mais à ses yeux, la colonne vertébrale de son équipe se trouvait à la même place que celle du Canadien: entre les poteaux.

«Ce que Ryan Miller faisait, ça ressemblait beaucoup à ce que Carey Price fait cette année, répond le nouveau retraité. Il était un des meilleurs gardiens dans la ligue. Il masquait plusieurs problèmes. Pour connaître une séquence comme ça, ça te prend un gardien dans sa zone. On avait le même feeling à l'époque.

«Chaque soir, tu fais une erreur ici et là. Quand tu as un gardien de cette trempe, tu as l'impression de ne pas faire d'erreur, que tout est facile. Tu donnes une chance de marquer, c'est annulé par le gardien.»

Statistiques de Carey Price et de Ryan Miller au cours de la séquence

Price / Miller

Matchs 7 7

Buts accordés 9 16

Tirs 228 198

Efficacité ,961 ,919

Heureux hasard, c'est ce même Miller qui devrait défendre le filet des Canucks ce soir. Il sera donc à même de protéger son propre record!

Une confiance qui grandit

Toute équipe gagne en confiance au cours d'une séquence victorieuse. Mais quand cette séquence survient dès le début de la saison, quand l'équipe n'a toujours pas même connu la défaite, l'effet boule de neige est amplifié.

«La confiance grossit, et tu as l'impression que tu ne perdras pas de l'année, explique Brière. Ce n'est plus: est-ce qu'on va gagner ce soir? C'est: par combien on va gagner? On a vu le Canadien contre Buffalo et Toronto, il n'y avait aucune crainte dans l'esprit des joueurs qu'ils allaient perdre.»

Ici, les chiffres donnent visiblement raison à Brière: les Sabres de 2006 allaient en s'améliorant. Après avoir remporté leurs quatre premiers matchs par un seul but, ils allaient ensuite gagner leurs six rencontres suivantes - sauf une - par trois buts ou plus. Au passage, des massacres de 9-1 et de 6-2, et un jeu blanc de 3-0.

Le Canadien, lui, vient de connaître coup sur coup ses deux meilleures performances offensives de la saison, avec des récoltes de sept et cinq buts, et ce, même sans disputer ses meilleures rencontres. «Il y a des matchs que tu ne mérites pas, rappelle Brière. Dans une séquence comme ça, ça t'en prend. C'est ce qui crée le feeling que tu es imbattable.»

«Ça aide certainement pour la confiance! ajoute Miller. Ça nous avait lancés pour le reste de la saison. Et quand ça allait mal, on était contents d'avoir pu se construire ce coussin.»

Rien d'acquis

Le record, c'est bien beau. Mais les Leafs de 1993-1994 et les Sabres de 2006-2007 ont aussi en commun d'avoir été éliminés en finale d'association. En cinq matchs dans les deux cas.

«On avait connu une belle saison, estime Brière. Mais tu ne gagnes pas la Coupe Stanley en octobre. Les joueurs et Michel Therrien le savent. Il y a encore beaucoup de travail. Tu essaies de vivre au présent, tu ne penses pas aux séries ou à la Coupe. Tu veux juste amasser des points et garder ce feeling-là.»

«Avec une telle séquence, quand tu veux réaliser quelque chose, tu t'en crois capable, résume Miller. Tu ne regardes pas trop loin, mais tu te dis: on a d'autres buts qu'on pourrait accomplir aussi. Cet objectif n'a pas besoin d'être une autre séquence de 10 victoires. Mais en tant que groupe, tu te prouves que tu peux réussir quelque chose.»

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