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Le hockey professionnel féminin tente une percée aux États-Unis

L'histoire du hockey professionnel féminin à New York... (PHOTO JEWEL SAMAD, AFP)

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L'histoire du hockey professionnel féminin à New York a débuté dimanche dernier dans le hangar d'un ancien aérodrome reconverti en patinoire.

PHOTO JEWEL SAMAD, AFP

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Thomas URBAIN
Agence France-Presse
NEW YORK

Une jeune Américaine de 28 ans a monté, à bout de bras, le premier Championnat professionnel de hockey sur glace féminin en Amérique du Nord, qui vient de lancer sa saison inaugurale, suscitant intérêt et curiosité.

Dani Rylan, la fondatrice et patronne de la... (Photo fournie par la LNHF) - image 1.0

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Dani Rylan, la fondatrice et patronne de la LNHF.

Photo fournie par la LNHF

L'histoire du hockey professionnel féminin à New York a débuté dimanche soir, dans le hangar d'un ancien aérodrome reconverti en patinoire et perdu dans Brooklyn, à plus de 15 km de Manhattan.

Devant 1200 spectateurs, les New York Riveters ont subi la loi du Boston Pride (7-1), mais l'essentiel était ailleurs.

Pour la première fois en Amérique du Nord, des femmes sont payées pour jouer au hockey, même si elles ont toutes conservé un emploi à côté.

Les salaires vont de 10 000 à 25 000 dollars la saison qui comptera 18 journées jusqu'en mars, pour les quatre équipes engagées (New York, Boston, Connecticut et Buffalo).

Rien n'a filtré sur l'identité des investisseurs qui ont permis à la Ligue nationale de hockey féminin (LNHF) de voir le jour. Ils se cachent derrière le visage d'une jeune femme blonde de 28 ans, Dani Rylan, fondatrice et patronne de la LNHF, qui ne veut rien en dire.

«Tout le monde me disait: "C'est une évidence, il faut le faire"», se souvient cette ancienne hockeyeuse. «Il a quand même fallu faire un petit travail de persuasion chez certains.»

Objectif 60 000 billets

«Nous sommes financés pour la totalité de la première saison», assure-t-elle à l'AFP.

Outre l'investissement de départ, les seules recettes viendront de la billetterie, avec l'objectif de vendre 60 000 billets sur la saison. «Si nous y parvenons, nous serons bénéficiaires», promet Jake Duhaime, porte-parole de la LNHF.

Des discussions sont en cours avec des annonceurs et des chaînes de télévision. Des partenariats publicitaires pourraient être conclus avant la fin de la saison.

Côté billetterie, la saison a bien démarré avec un premier match à guichets fermés à Buffalo (1800 spectateurs).

Le public est un mélange atypique de passionnés de hockey et de néophytes.

«Je n'ai jamais vu un match de sport professionnel, je n'ai jamais eu l'occasion», explique Laurine Lewis, qui habite Brooklyn.

«Des billets pour un match des Rangers (l'une des deux équipes new-yorkaises de la LNH, NDLR), c'est assez cher. Là, c'est 20 dollars», souligne-t-elle.

Brad Bonner a lui emmené une trentaine des jeunes hockeyeuses de 10 à 16 ans qu'il entraîne à Morristown, dans le New Jersey.

«C'est très important pour elles de voir des filles jouer», dit-il.

Ambassadrices

Le hockey est le seul sport collectif à avoir enregistré une hausse de la pratique chez les jeunes depuis 2009 aux États-Unis (+44 %), selon une étude de la Sports & Fitness Industry Association.

Les deux médailles d'argent des Américaines lors des JO de 2010 et 2014 ont bien aidé.

Les joueuses de la LNHF assument totalement leur rôle d'ambassadrices du hockey féminin, accordant les égoportraits et les autographes à tour de bras.

«C'est la première fois que nous suscitons l'intérêt, (...), la première occasion aussi aux États-Unis d'être professionnelles et d'être payées, donc c'est grand», s'enthousiasme Madison Packer, attaquante de New York.

Il existait bien déjà un championnat nord-américain à cheval sur les États-Unis et le Canada, la Ligue canadienne de hockey féminin, mais il ne paye pas ses joueuses. Il a d'ailleurs souffert d'une vague de défections avec la création de la LNHF.

En Europe, deux championnats versent de vrais salaires, en Russie et en Suisse, indique Jaclyn Hawkins, fondatrice du site WomensHockeyLife.com.

Mais pour Hilary Knight, l'une des vedettes de l'équipe nationale américaine qui évolue sous les couleurs du Boston Pride, «aujourd'hui, c'est le plus haut niveau de compétition que vous puissiez trouver».

Dani Rylan porte maintenant sur ses épaules les espoirs de tout un sport, qui n'a jamais bénéficié d'une telle exposition.

«La pression, c'est surtout celle que l'on se met en interne», assure-t-elle, «car, autour, les gens sont tellement positifs que ce n'est pas de la pression.»

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