Steve Montador souffrait d'encéphalopathie

L'ex-hockeyeur Steve Montador est décédé en février dernier à... (Photo Carlos Osorio, archives AP)

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L'ex-hockeyeur Steve Montador est décédé en février dernier à l'âge de 35 ans.

Photo Carlos Osorio, archives AP

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Sheryl Ubelacker
La Presse Canadienne
Toronto

Les chercheurs qui ont analysé le cerveau de l'ex-défenseur de la Ligue nationale de hockey Steve Montador ont découvert qu'il souffrait d'encéphalopathie traumatique chronique (ETC), une maladie dégénérative liée à la réception de coups répétitifs à la tête.

Montador, décédé en février à l'âge de 35 ans d'une cause non divulguée, a subi plusieurs commotions cérébrales au cours de sa carrière. Avant son décès, il a souffert de dépression, avait un comportement erratique et éprouvait des problèmes de mémoire.

Après son décès, son cerveau a été confié au Projet canadien de commotions dans les sports (Canadian Sports Concussion Project, CSCP) du Centre de neuroscience Krembil de Toronto, où les chercheurs ont confirmé mardi l'ETC.

Le directeur du projet, le Dr Charles Tator, a indiqué que l'autopsie a démontré la présence étendue d'une protéine, la tau hyperphosphorylée. Cette protéine, anormale dans les cellules du cerveau, est l'un des marqueurs de l'ETC.

«Il y en avait beaucoup», a noté le Dr Tator.

À la suite de cette annonce, la famille de Montador, qui a joué pour six clubs au cours de sa carrière, a signifié son intention de poursuivre la LNH. Dans un communiqué émis sur le site Internet de son avocat, elle a déclaré que «la découverte de la maladie dont souffrait Steven nous aide tous à mieux comprendre que son cerveau était ravagé par la maladie et qu'il était incapable de le contrôler».

William Gibbs, un avocat de la firme de Chicago Corboy & Demetrio, a noté sur le site Internet que l'analyse neuropathologique du cerveau de Montador a confirmé les doutes de sa famille, à savoir que son «cerveau s'est détérioré en raison des coups à la tête qu'il a reçus pendant sa carrière dans la LNH».

«L'ETC a affligé un autre jeune athlète et sa famille. Ça brise le coeur de savoir qu'une jeune homme ait subi de si importants dommages au cerveau en pratiquant un sport professionnel», a dit Gibbs.

La ligue a réagi à cette éventuelle poursuite par courriel: «La grande famille de la LNH partage le chagrin de la perte de l'un de ses membres prématurément. Nos pensées et nos prières sont tournées vers la famille et les amis de Steve. Toutefois, nous ne sommes pas d'accord avec le rapport émis (mardi) qui établit un lien entre le décès de Steve et sa carrière dans la LNH.»

Corboy & Demetrio représente également la famille de Derek Boogard, qui poursuit aussi la LNH. L'ex-dur à cuire de 28 ans est mort en 2011 d'une surdose accidentelle d'alcool et d'anti-inflammatoires. Malgré son jeune âge, une autopsie a révélé qu'il souffrait d'une sévère encéphalopathie.

Un recours collectif regroupant plus de 200 ex-joueurs de la LNH a également été déposé en octobre. Ils estiment que la ligue connaissait les risques de traumatismes encourus par la pratique du hockey, qu'elle avait les ressources nécessaires pour les prévenir, qu'elle n'a pas informé les joueurs de façon adéquate et qu'elle a fait la promotion de la violence menant à ces blessures.

L'équipe du Dr Tator a également rendu publics les résulatst de deux autres autopsies du cerveau.

Le cerveau de l'ex-Stampeder de Calgary John Forzani a aussi été légué au projet après sa mort à l'âge de 67 ans, mais aucun signe du traumatisme n'y a été découvert, malgré ses nombreuses commotions.

Un troisième donneur, un ex-footballeur de la LCF et de la NFL de 76 ans, souffrait également d'ETC. Cet athlète non identifié a subi plusieurs commotions cérébrales au cours de sa carrière de 14 saisons, certaines le rendant inconscient. Peu de temps après avoir quitté le football, il a souffert de démence, pour laquelle il a été traité de nombreuses années, jusqu'à sa mort.

«Ces résultats indiquent que certains athlètes qui ont subi de nombreuses commotions sont plus vulnérables que d'autres au développement de l'ETC», a déclaré la Dre Lili-Naz Hazrati, neuropathologiste du Programme de laboratoire médical de la University Health Network, qui a pratiqué les autopsies.

«L'ajout de ces résultats à notre banque de données nous permet d'élargir le spectre de nos conclusions en démontrant que les commotions peuvent affecter le cerveau de différentes façons.»

Jusqu'ici, le CSCP a analysé les cerveaux de 16 athlètes. Environ la moitié souffrait d'ETC ou d'autres maladies neurodégénératives. Pour l'instant, l'ETC ne peut être détectée que par une autopsie post-mortem du cerveau, mais les chercheurs tentent d'identifier des marqueurs biologiques pour la maladie qui pourraient permettre de la détecter avant la mort des personnes affectées.

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