Cédric Paquette: la persévérance personnifiée

Cédric Paquette a souligné son tour du chapeau,... (Photo Kim Klement, USA Today Sports)

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Cédric Paquette a souligné son tour du chapeau, vendredi dernier, sans que Henrik Zetterberg et Niklas Kronwall, des Red Wings, le regardent. L'attaquant du Lightning totalise huit points à ses neuf derniers matchs.

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La photo vaut mille mots.

Cédric Paquette, du Lightning de Tampa Bay, célèbre son troisième but du match. En arrière-plan, Henrik Zetterberg et Niklas Kronwall, les deux vedettes des Red Wings de Detroit, ont la mine basse, dépités.

Le jeune homme de 21 ans incarne la persévérance et l'acharnement. Personne n'aurait parié sur ses chances de succès, surtout quand on a joué dans le hockey simple lettre jusqu'aux rangs midget, qu'on a été boudé au repêchage à ses premières années d'admissibilité, autant dans la LHJMQ que dans la LNH.

«Je rêvais à la Ligue nationale quand je jouais dans le bantam A parce que je dominais, mais c'était un rêve lointain», nous a-t-il confié vendredi au bout du fil, au lendemain de sa soirée mémorable contre les Red Wings.

Quand on grandit dans un bled entre Gaspé et Rivière-au-Renard, les tours du chapeau sous le nez de Zetterberg et Kronwall sont loin, très loin au bout du chemin...

«Il y a un dépanneur derrière chez nous et c'est à peu près tout», dit-il.

Le garçon a joué au niveau A parce qu'il n'y avait pas d'équipe double lettre dans son coin. «L'équipe double lettre la plus proche était à Rivière-du-Loup, qui se trouvait à cinq heures de route de la maison. Mais arrivé aux rangs midget, mon père s'est dit que ça vaudrait peut-être la peine de tenter ma chance.»

À la surprise de la famille, Paquette a été retenu par l'équipe midget AAA du Collège Notre-Dame. Mais l'adaptation n'a pas été facile en première moitié de saison.

«Je n'avais jamais joué contact de ma vie, j'ai eu à m'ajuster, ce n'était pas évident au début.»

Ainsi, il a été boudé par les équipes de la LHJMQ lors du repêchage à la fin de la saison. Il ne semblait pas sur les écrans radars non plus après sa deuxième année midget, et Joël Bouchard a entendu des railleries lorsque le Junior de Montréal l'a repêché en sixième ronde l'année suivante, en 2010. Bouchard a fait fi des idées reçues, il tenait à ce joueur acharné.

Malgré tout, il a été retranché à son premier camp d'entraînement avec le Junior, qui deviendrait l'Armada de Blainville-Boisbriand un an plus tard.

«Ç'a été un choc d'être retranché à 17 ans et de devoir retourner dans le midget AAA à cet âge. Mon rêve en prenait un coup.»

On peut deviner qu'il est plutôt difficile d'être repêché par une équipe de la LNH à sa première année d'admissibilité quand on n'arrive même pas à percer une formation de la LHJMQ...

Paquette ne s'est pas découragé et une place l'attendait à 18 ans chez l'Armada. Il a compté 31 buts en 63 matchs à sa première saison dans les rangs juniors, mais ce ne fut pas suffisant pour figurer sur la liste des espoirs de la Ligue nationale.

Le Lightning avait sa propre opinion et l'a repêché en quatrième ronde en 2012, même s'il avait alors 19 ans.

Il a fait le saut directement dans la Ligue américaine et a obtenu 20 buts et 44 points en 70 matchs l'an dernier.

Ses performances lui ont valu un rappel pour les séries éliminatoires contre le Canadien, le printemps dernier. Une ascension aussi rapide qu'irrésistible!

«C'était incroyable de jouer contre le Canadien en séries au Centre Bell. Mes parents et quelques amis étaient là, je ne pouvais rêver de mieux.»

La série s'est terminée amèrement pour lui. Avec un peu plus de deux minutes à faire dans le quatrième match, la recrue a écopé d'une punition en territoire adverse devant Michaël Bournival. Max Pacioretty a marqué le but gagnant qui allait éliminer le Lightning quelques instants plus tard.

L'entraîneur Jon Cooper a vite pris sa défense lors de sa conférence de presse après le match.

«C'est le premier gars que je veux prendre dans mes bras dans le vestiaire, a déclaré Cooper. Il a été formidable pour moi. J'espère que personne ne le juge responsable. On ne serait pas dans cette position sans lui. Il a gagné toutes ses mises en jeu en zone défensive, il a eu de nombreuses chances de marquer et a fait de ses compagnons de trio de meilleurs joueurs. Il a frappé l'autre équipe à chacune de ses présences.»

Avec le soutien de son entraîneur, Paquette a vite oublié cet épisode. «Je n'étais pas content sur le coup, mais je n'y ai pas pensé longtemps. Je vais être prêt cette année en séries.»

Malgré tout, Paquette, représenté par l'agent Christian Daigle, a commencé l'année dans la Ligue américaine en octobre, mais après sept points en cinq matchs à Syracuse, on l'a rappelé et il a fait en sorte qu'on ne le renvoie plus dans les mineures.

Il forme actuellement un solide trio au centre de Jonathan Drouin et Alex Killorn et obtenu huit points à ses neuf derniers matchs.

Son anglais s'améliore. «J'arrive à tout comprendre, c'était plus difficile de communiquer et les mots ne sortaient pas, mais j'y arrive de mieux en mieux.»

Il était encore tout feu tout flamme vendredi après son premier tour du chapeau en carrière.

«Je n'arrive toujours pas à croire ce qui m'arrive», avoue-t-il candidement.

Parmi les 212 joueurs repêchés par les équipes de la Ligue de hockey junior majeur du Québec en 2010, un seul joue actuellement dans la LNH. Inutile de vous dire lequel.

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Cédric Paquette en bref

> Livre favori: «Je ne lis pas.»

> Film préféré: Miracle

> Personnalité marquante: Joe Sakic

> Métier autre que celui de hockeyeur: golfeur professionnel

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