Gilles Tremblay est décédé

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Après une carrière de neuf saisons avec le Canadien, Gilles Tremblay est passé à la galerie de presse d'où il a analysé quelques milliers de matchs du CH.

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Premier «joueurnaliste» à faire carrière au Québec, Gilles Tremblay est mort mercredi matin à l'âge de 75 ans, a annoncé le Canadien via son compte Twitter officiel.

Un ailier gauche, Tremblay a porté les couleurs du Canadien pendant neuf saisons avant d'analyser les performances de l'équipe montréalaise pendant plus de 25 ans à la télévision et à la radio de Radio-Canada.

Le hockey n'a pourtant pas été le premier sport qu'a pratiqué Tremblay dans sa ville natale de Montmorency, près de Québec. Il s'est adonné au ski alpin avant de subir une fracture d'une jambe à 7 ans. L'hiver suivant, le cadet d'une famille de 14 enfants a chaussé les patins... d'une de ses soeurs. «C'était des patins blancs avec de la fourrure dessus», a rappelé Tremblay dans Gilles Tremblay, 40 ans avec le Canadien, un livre paru en 2008 et écrit par le journaliste Guy Robillard.

Patins blancs ou bruns, Tremblay a vite acquis beaucoup de vitesse sur les lames. Au point que le Canadien, qui avait droit de regard sur tous les joueurs au Québec, lui a fait signer un contrat.

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Gilles Tremblay (à droite) complétait un trio avec Jean Béliveau et Bernard Geoffrion à sa première saison dans la LNH, en 1960-1961.

Photo Réal St-Jean, archives La Presse

Tremblay a fait ses débuts dans la Ligue nationale en 1960-1961 pas avec n'importe qui ni contre n'importe qui. Complétant un trio avec Jean Béliveau et Bernard Geoffrion, Tremblay avait la tâche de surveiller Gordie Howe à son premier match. L'ailier droit des Red Wings de Detroit était l'une des plus grandes vedettes de la LNH, mais pas le plus difficile à couvrir, dit Tremblay dans son livre. «Kenny Wharram (des Blackhawks de Chicago) était aussi rapide que moi, en plus d'être un bon marqueur. Contre Howe, je pouvais toujours m'en tirer grâce à mon coup de patin. Mais si Kenny avait une avance sur moi, je n'étais pas capable de le rattraper. Tout comme Bobby Orr.»

«Howe est probablement la personne qui m'a fait la meilleure publicité dans la ligue. En plus d'avoir critiqué mon absence à un match des Étoiles, un jour, il m'a dit: ''En te voyant la première fois, j'ai su que tu pouvais me couvrir.''»

Gilles Tremblay avec le Canadien en 1969.... (Photo Michel Gravel, archives La Presse) - image 3.0

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Gilles Tremblay avec le Canadien en 1969.

Photo Michel Gravel, archives La Presse

Brillant joueur défensif, Tremblay a néanmoins totalisé 168 buts et 162 mentions d'aide en 509 matchs en saison régulière. Il a même enfilé 32 buts en 1961-1962, sa deuxième saison dans la LNH, et en a ajouté 27 en 1965-1966.

Des problèmes respiratoires, apparus en 1968, l'ont contraint à la retraite au terme de la saison 1968-1969. «Je n'ai jamais blâmé la direction ni les médecins de l'équipe à l'époque, mais je suis persuadé qu'aujourd'hui, on m'aurait mis au repos bien avant, probablement jusqu'à la fin de la saison, plutôt que de continuer à me faire jouer. J'entrais à l'hôpital, j'en sortais pour disputer un match, je retournais à l'hôpital, etc. Je me promenais de l'hôpital à la patinoire.»

Au micro avec les meilleurs

Tremblay a poursuivi ses études pendant qu'il évoluait dans les rangs juniors et «je n'ai jamais eu peur d'exprimer mon point de vue. Je n'étais pas intimidé comme bien d'autres. J'avais complété une 12e année scientifique à une époque où les jeunes abandonnaient rapidement l'école pour jouer au hockey.»

Radio-Canada a songé à imiter la CBC en embauchant d'anciens athlètes comme analystes. «(Le réalisateur Jean-Paul) Lamy m'a convaincu en m'assurant que j'allais avoir beaucoup moins de pression que lorsque je jouais, en plus de profiter d'un horaire très souple. Les médecins m'ont donné le feu vert, conscients que j'avais l'avantage de demeurer dans mon élément.»

Ses débuts au micro n'ont cependant pas été faciles. «Quand j'ai commencé, c'était exactement comme si j'étais encore au banc du Canadien ou que je jouais. Je parlais de MA ligne bleue, derrière NOTRE filet.»

Tremblay s'est amélioré, de son propre aveu, au contact des meilleurs: René Lecavalier, Richard Garneau, Lionel Duval, Claude Quenneville, René Pothier et Jacques Moreau.

Gilles Tremblay avec l'entraîneur des Nordiques de Québec... (Photo Denis Courville, archives La Presse) - image 4.0

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Gilles Tremblay avec l'entraîneur des Nordiques de Québec Michel Bergeron en 1986.

Photo Denis Courville, archives La Presse

Il a décrit les gestes des meilleurs joueurs: Bobby Orr, Guy Lafleur, Wayne Gretzky et Mario Lemieux. «Quand je jouais, j'ai toujours accepté les critiques lorsqu'elles étaient justifiées et constructives, a-t-il expliqué à Pierre Foglia, de La Presse. Aujourd'hui, je suis de l'autre côté de la barrière, et je m'efforce d'être juste. Je ne porterai jamais de jugement global sur un joueur qui fait une erreur. Je dirai qu'il connaît une mauvaise soirée, j'expliquerai pourquoi, à mon avis, il aurait dû faire tel jeu, mais jamais je ne le descendrai.»

Il a aussi été un témoin privilégié de la rivalité Montréal-Québec. «Mon travail est devenu encore plus intéressant grâce à la présence des Nordiques et j'ai toujours voulu le faire sans parti pris, en essayant toujours de demeurer sur le strict plan hockey. Mon travail de preparation devenait plus facile: je n'avais qu'à lire les journaux!»

Le Temple de la renommée de la LNH l'a accueilli en 2002 pour sa contribution dans le domaine des médias.

Ses ennuis de santé ont continué à amoindrir sa qualité de vie jusqu'à la fin. Il avalait une dizaine de pilules chaque jour.

«Gilles a subi des fractures qui sont des conséquences de sa médication, a dit le docteur Norman Searle dans le livre de Tremblay. Encore aujourd'hui, on peut contrôler l'asthme, mais on ne peut pas le guérir.»

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Gilles Tremblay en bref

> Né le 17 décembre 1938 à Montmorency, près de Québec, Gilles Tremblay était le cadet d'une famille de 14 enfants. Son frère Ludger a joué dans la Ligue senior du Québec.

> Il a joué pendant neuf saisons dans la LNH avant que des problèmes respiratoires ne mettent abruptement fin à sa carrière, à 30 ans. Il a connu quatre saisons de plus de 20 buts.

> Son nom a été gravé trois fois sur la Coupe Stanley, en 1966, 1968 et 1969. Il en a été privé en 1965 puisqu'il n'a pu participer au succès du CH, se remettant d'une blessure à une jambe.

> Il a été le premier «joueurnaliste» au Québec. Il a analysé les matchs du Canadien à la télévision et à la radio de Radio-Canada pendant plus de 25 ans.

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