Les syndicats ciblent la LHJMQ

Deux ans après avoir avorté pour cause d'amateurisme, le projet de syndiquer les 1300 joueurs de hockey junior majeur du pays est de nouveau sur la table. Mais cette fois-ci, l'idée n'est plus portée par une poignée d'individus, mais bien par le puissant syndicat canadien Unifor.

En entrevue à La Presse, le président de l'organisation qui regroupe 300 000 travailleurs explique qu'il entend se concentrer d'abord sur le Québec. «On espère avoir quelque chose en place dans la LHJMQ d'ici le début de la saison», précise Jerry Dias, qui note que les lois du travail y sont plus favorables aux syndicats qu'en Ontario et dans les provinces de l'Ouest.

Le syndicat n'a pas perdu de temps. Son offensive est bel et bien lancée. Unifor a déjà recruté d'anciens joueurs de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) pour convaincre les hockeyeurs actuels d'appuyer le projet.

Des agents de joueurs ont aussi été contactés par le syndicat, a appris La Presse. «On nous a demandé si nos clients seraient intéressés par un syndicat, mais pour l'instant, c'est informel», note un agent.

Jerry Dias s'est par ailleurs entretenu mardi avec le président de l'Association des joueurs de la Ligue nationale de hockey. «J'ai eu une brève conversation avec Don Fehr, explique-t-il. Ce sont des conversations préliminaires, mais il comprend notre démarche pour protéger les jeunes. C'est un syndicaliste comme moi et nous nous comprenons.»

Le syndicat dit vouloir améliorer les conditions de vie des joueurs, bonifier leurs bourses d'études, hausser leurs salaires et leur assurer une meilleure couverture médicale. «C'est fou de voir un cas comme celui de Tim Bozon, qui, à cause d'une méningite, a dû débourser plus de 300 000 $ en frais médicaux, note le président d'Unifor. Sa famille fait des collectes de fonds pour essayer de repayer. Mais pourquoi son équipe n'avait pas une assurance pour le protéger?»

Les joueurs de la LHJMQ, qui sont âgés de 16 à 20 ans, reçoivent entre 35 $ et 150 $ d'allocation par semaine. Ils sont logés et nourris et leurs études sont payées. «Ça n'a aucun sens que des joueurs fassent 35 $ par semaine, entre le hockey, l'école, les entraînements, les voyages, croit le syndicaliste. C'est une honte.»

Un premier échec

Il y a deux ans, un premier projet de syndicat dans le hockey junior avait vu le jour. L'aventure avait toutefois tourné au vinaigre. La Ligue canadienne de hockey avait engagé un inspecteur qui avait révélé qu'un certain Glenn Gumbley était derrière le projet. Glenn est le frère de Randy Gumbley, ancien propriétaire d'une équipe junior en Ontario qui a été mêlé à une guérilla juridique contre la Ligue.

La réputation des Gumbley dans le petit monde du hockey a nui aux efforts de syndicalisation. Georges Laraque, qui était porte-parole du groupe, s'est distancié après la controverse. Puis, le projet est tombé dans l'oubli.

Il a refait surface quand Glenn Gumbley a contacté Unifor il y a quelques mois. Le syndicat affirme avoir repris le projet à son compte et soutient que Gumbley ne sera impliqué ni de près ni de loin.

Cette fois-ci sera la bonne, insiste Jerry Dias. «Plusieurs de ces jeunes joueurs ont peur. Ce sont souvent des jeunes hommes qui poursuivent leur rêve et qui ne veulent pas faire de vagues. Mais plusieurs voient aussi les injustices et ils veulent que ça change.»

Il a été impossible hier de s'entretenir avec le commissaire de la LHJMQ, Gilles Courteau. Le propriétaire d'une équipe a quant à lui refusé de commenter. «La Ligue nous a demandé de ne pas commenter ce dossier-là et je vais respecter la demande», a-t-il dit.




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