La filière française des Carabins

Kevin Kaya, receveur de passe des Carabins de l'Université... (Photo James Hajjar, fournie par les Carabins de l'Université de Montréal)

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Kevin Kaya, receveur de passe des Carabins de l'Université de Montréal

Photo James Hajjar, fournie par les Carabins de l'Université de Montréal

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La lutte est très vive entre les formations de football universitaire québécois pour recruter les meilleurs joueurs et toutes les avenues sont explorées pour dénicher des espoirs.

C'est ainsi en France que les Carabins de l'Université de Montréal ont trouvé deux athlètes-étudiants qui ajoutent chacun une dimension supplémentaire à leur offensive : le porteur de ballon Asnnel Robo et le receveur de passe Kevin Kaya. En fait, ils n'ont pas eu à aller outre-mer, la France étant venue à eux, en passant par Thetford Mines où l'entraîneur-chef des Filons (Collégial div. 2) Diego Ratelle mise depuis plusieurs années sur un gros contingent de joueurs d'origine française.

«On avait joué à Toulon, dans le sud dela France, où il y a une bonne équipe et où on pouvait s'entraîner sérieusement», a raconté Robo, un matin cette semaine sur le terrain du CEPSUM, avant ses cours à HEC Montréal où il fait un certificat en gestion d'entreprise.

«Le football n'est toutefois pas très développé en Europe et on voulait venir en Amérique, au Canada ou aux États-Unis. Comme c'était plus simple de venir ici, en raison de la langue notamment, on a accepté la proposition de Diego Ratelle quand il nous a approchés. Ensuite, le choix des Carabins était facile : l'équipe est excellente et je voulais un diplôme qui serait aussi valide en France.»

Robo, un joueur de troisième année, n'a séjourné qu'une session à Thetford Mines, mais il a été le meilleur porteur de ballon de sa division en 2014. Kaya a joué une saison de plus avec les Filons et il a participé à la conquête du Bol d'or en 2015.

Inséparables dans la vie, les deux joueurs se sont retrouvés la saison dernière à l'Université de Montréal. Malgré leurs succès dans les rangs collégiaux, ils ont dû patienter pour gagner leurs places sur le terrain. Réservistes à leurs premières saisons, Kaya et Robo sont appelés à jouer un rôle plus important cette saison.

Kaya, en particulier, s'est mis en évidence lors des trois premiers matchs avec déjà 20 réceptions, dont un touché sur sa toute première réception de la saison à Concordia.

«Nous avons un bon groupe de receveurs et le quart Samuel Caron distribue bien le ballon, a souligné l'étudiant en études préparatoires (il aimerait poursuivre en psychologie). Pour ma part, je pense être un joueur dynamique. J'aime les tracés profonds où je peux exploiter ma vitesse et ma taille (6 pi 3 po).»

Robo n'était pas en uniforme lors du premier match, mais il s'est repris depuis. «J'étais déçu de ne pas être de la formation, mais Marco [Iadeluca, le coordonnateur de l'attaque des Carabins] m'a expliqué la décision et je me suis remis au travail avec la même ardeur. Je suis un porteur de ballon dynamique, qui possède une bonne vision du jeu et qui peut exploser quand il y a une petite ouverture. J'espère avoir l'occasion de le faire davantage lors des prochains matchs.»

Des rêves professionnels

En Europe, le football américain attire plusieurs passionnés qui s'inspirent des étoiles de la NFL. «Il n'y a pas beaucoup de Français qui ont joué chez les professionnels, rappelle Robo. Anthony Dablé a eu des contrats récemment [à New York et à Atlanta], mais sinon, il faut remonter loin...»

Richard Tardits, qui a joué au début des années 90, avec les Patriots de la Nouvelle-Angleterre notamment, reste en effet le seul Français à avoir pris part à un match du calendrier de la NFL. D'autres ont joué ou jouent présentement dans la LCF, le botteur Boris Bede par exemple, mais ils sont alors considérés comme des joueurs internationaux, au même titre que les Américains.

Qu'importe, Robo et Kaya veulent rêver.

«[La NFL] c'est pour ça qu'on est venus ici. Les règles de la LCF ne nous avantagent pas en principe, mais il y a des exceptions, en fonction du nombre d'années passées au Canada, par exemple...», explique Kevin Kaya.

«De toute façon, on n'y pense pas trop pour l'instant, ajoute Kaya. Les Carabins sont notre priorité. Nous avons vite été intégrés dans la famille - par les autres joueurs, les entraîneurs, les partisans - et nous voulons aider l'équipe à gagner!»

Deux autres Français ont rejoint les Bleus cette saison, le receveur de passe Liam Ward et le botteur Benjamin Lies. Plusieurs étudiants-athlètes français jouent aussi pour d'autres formations des Carabins, au rugby masculin ou au hockey féminin notamment.

L'Université de Montréal n'a d'ailleurs pas le monopole dans ce domaine. Même à McGill, où les études se déroulent en anglais, trois Français jouent cette saison pour les Redmen.

Cette semaine

Plus disciplinés, les Carabins?

Malgré une victoire de 28-1 vendredi dernier contre Sherbrooke, les Carabins de Montréal n'ont guère été convaincants. Les joueurs de Danny Maciocia ont notamment péché par leur indiscipline avec pas moins de 16 punitions. Depuis le début de la saison, les Carabins concèdent en moyenne près de 100 verges à leurs adversaires au différentiel des pénalités, une statistique qui pourrait finir par les rattraper. On verra ce soir, à McGill, si les Bleus ont retenu la leçon. De leur côté, les Redmen devront oublier la raclée de 68-16 qu'ils ont subie samedi dernier à Concordia. Éprouvée par les blessures, l'équipe de Ronald Hilaire aura fort à faire pour éviter une autre lourde défaite.

Miller peut-il répéter ses exploits?

Le quart Trenton Miller, des Stingers de Concordia, a retrouvé samedi dernier la touche qui lui avait permis d'être nommé joueur par excellence au Québec en 2015. Après une saison inégale en 2016, l'étudiant américain au MBA s'est moqué de la défense des Redmen de McGill avec pas moins de 472 verges de gains par la passe en trois quarts de jeu. Ses six passes de touché constituent un nouveau record d'équipe. Miller, qui a été élu joueur offensif de la semaine au Canada, devra maintenant confirmer son retour en forme dimanche à Québec. Le Rouge et Or de Laval a eu deux semaines pour effectuer des ajustements, en défense notamment, après avoir accordé plus de 450 verges aux Carabins lors de leur dernier match. Trenton Miller a intérêt à être prêt à lancer le ballon rapidement...

Le programme

Aujourd'hui

Montréal à McGill, 19 h

Dimanche

Concordia à Laval, 13 h

Le top 10 canadien

Les Carabins de l'Université de Montréal ont conservé le premier rang du classement national, devant le Rouge et Or de Laval. Calgary et Western se rapprochent toutefois des formations québécoises.

1. Montréal (3-0), 189 points

2. Laval (2-1), 166 points

3. Calgary (3-0), 151 points

4. Western, (4-0), 147 points

5. Laurier (3-0), 105 points

6. Regina (2-1), 90 points

7. UBC (2-1), 62 points

8. McMaster (2-1), 61 points

9. Waterloo (4-0), 25 points

10. Saskatchewan (2-1), 14 points

A aussi reçu des points: Concordia (2-1), 13 points




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