Visite historique à Cuba de joueurs «déserteurs» de la MLB

Les joueurs ont été accueillis par de nombreux... (PHOTO AFP)

Agrandir

Les joueurs ont été accueillis par de nombreux amis et membres de leurs famille dans un grand hôtel de la capitale cubaine.

PHOTO AFP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Carlos BATISTA
Agence France-Presse
La Havane

Pour la première fois depuis plusieurs décennies, quatre joueurs de baseball ayant fui Cuba ont pu se rendre sur l'île mardi dans le cadre d'une visite de la Ligue majeure de baseball (MLB) américaine.

Deux jours avant le premier anniversaire de l'annonce du rapprochement entre les deux pays, la visite de cette délégation marque une étape forte en symbole, les dollars de la MLB ayant encouragé de nombreux joueurs cubains à fuir leur pays ces dernières années.

«Je suis vraiment heureux d'être à Cuba, qu'on m'ait permis de revenir dans mon pays», a déclaré à l'AFP Yasiel Puig, 25 ans. Ce joueur des Los Angeles Dodgers avait fui son pays en 2011.

Accompagné de hauts responsables de la ligue américaine pour une tournée de trois jours, Yasiel Puig est arrivé à Cuba mardi aux côtés de la star des White Sox de Chicago Jose Abreu, Alexei Ramirez (agent libre) et Brayan Peña des Cardinals de Saint Louis.

Brayan Peña avait déserté en 1999 et Jose Abreu en 2013. Comme Yasiel Puig, ils n'avaient pu remettre les pieds à Cuba depuis leur départ.

Les joueurs, notamment Brayan Peña, ont été accueillis par de nombreux amis et membres de leurs famille dans un grand hôtel de la capitale cubaine avant une conférence de presse organisée mardi après-midi, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Jose Abreu, qui a signé un contrat de 68 millions de dollars sur six ans en 2013, n'avait pas revu son fils de cinq ans depuis son départ.

Alexei Ramirez, médaille d'or aux JO de 2004 avec Cuba, avait quand à lui pu sortir du pays par la voie légale suite à son mariage avec une Dominicaine.

Il s'agit de la première visite sur l'île de représentants de la MLB depuis 1999, lorsque les Orioles de Baltimore avaient disputé un match de gala contre l'équipe nationale cubaine. Depuis, seules des équipes universitaires ont traversé le Détroit de Floride.

Au sein de la délégation de la MLB, figurent également les joueurs vénézuélien Miguel Cabrera, dominicain Nelson Cruz et américain Clayton Kershaw, qui accompagnent le directeur des opérations Baseball de la MLB Joe Torre et des représentants de l'Association des joueurs.

La visite prévoit une série de rencontres avec les autorités sportives locales ainsi que des séances d'entraînement avec de jeunes cubains à La Havane et Matanzas (110 km à l'est de la capitale).

Une centaine de désertions en 2015

La MLB espère mettre cette visite à profit pour organiser à Cuba des rencontres de pré-saison en 2016, comme c'était régulièrement le cas avant la révolution castriste de 1959.

«Le baseball est une chose que nous avons en commun, et nous espérons revenir dans le futur», a déclaré devant la presse Tony Clark, dirigeant de l'association des joueurs de la MLB (MLBPA).

À La Havane, cette nouvelle ravit les fans de «pelota», qui reste le sport numéro un du pays malgré la popularité grandissante du soccer.

«Être en mesure de voir ces stars qui ont été formées au pays et qui maintenant brillent dans le meilleur championnat du monde, comme Abreu et Puig, ça va être grandiose. On est nombreux à suivre leurs carrières», explique notamment à l'AFP l'inconditionnel Pedro David.

Une vingtaine de «déserteurs» cubains, déchus de leur citoyenneté cubaine, évoluent actuellement au sein de la MLB.

L'annonce fin 2014 d'un rapprochement entre Cuba et les États-Unis pourrait à terme permettre aux joueurs cubains d'accéder légalement aux juteux contrats de la ligue américaine, mais dans cette attente les «désertions» se poursuivent sur l'île.

En 2015, une centaine de joueurs auraient quitté Cuba, amputant l'équipe nationale de ses principaux talents.

En 2013, le gouvernement de Raul Castro avait autorisé pour la première fois des sportifs cubains à signer dans des clubs étrangers sous le contrôle des autorités, marquant le retour au professionnalisme qui avait été aboli en 1961.

Mais seule une dizaine de joueurs de baseball ont été depuis autorisés à évoluer au Mexique, au Japon ou au Canada. Jamais aux États-Unis.

Les médias cubains ne se font jamais l'écho des exploits de ces «déserteurs», et, jusqu'en mai dernier, la télévision d'État prenait soin de ne diffuser que des matchs de la MLB où ne figuraient pas des Cubains ayant quitté leur pays.

Partager

À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

Les plus populaires : Sports

Tous les plus populaires de la section Sports
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer