Mervin Tran, un «Japonais» à St-Léonard

Mervin Tran soulève sa partenaire Narumi Takahashi.... (Photo: Paul Chiasson, PC)

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Mervin Tran soulève sa partenaire Narumi Takahashi.

Photo: Paul Chiasson, PC

Le patineur Mervin Tran est né à Regina d'un père vietnamien et d'une mère cambodgienne. Patineur de bon niveau en simple, il doutait toutefois de pouvoir percer au Canada et songeait à retourner aux études quand l'entraîneur montréalais Bruno Marcotte l'a contacté en 2007.

«Une jeune patineuse japonaise, Narumi Takahashi, l'avait contacté pour venir s'entraîner avec lui, a raconté Mervin, vendredi à Québec. Elle était prête à déménager au Canada, mais il y avait une condition, trouver un partenaire! Bruno a pensé à moi parce que je suis d'origine asiatique et que nous formons un «bon match».

«Il m'a donc offert de venir à Montréal pour rencontrer Narumi et voir si nous pouvions patiner ensemble. Je n'étais pas vraiment intéressé à patiner en couple, mais l'idée de passer une semaine à Montréal, une ville que je n'avais jamais visitée, m'a tenté. J'ai donc accepté et j'ai été séduit à la fois par le patinage en couple.

«La dédication de Narumi et la confiance qu'elle m'a vite témoignée - elle était prête à me laisser la porter à bout de bras après quelques heures d'entraînement - ont fini de me convaincre.»

Takahashi et Tran représentent maintenant le Japon en compétitions internationales. Ils sont ce week-end à Québec l'un des six couples qualifiés pour la finale du Grand Prix ISU, une preuve de leurs remarquables progrès en quelques saisons.

«Ma première compétition en couple a été un Grand Prix junior, a rappelé Tran. Je me souviens encore avoir été impressionné de me retrouver là, devant une grosse foule, alors que je n'avais aucune expérience. J'ai toutefois appris bien plus rapidement en ayant la chance d'être ainsi tout de suite confronté aux meilleurs.»

Le couple vit et s'entraîne à St-Léonard et Tran a vite retrouvé une bonne maîtrise de la langue française que ses parents lui avaient enseignée. «Ma blonde est Québécoise et elle m'aide beaucoup, a-t-il souligné. J'avais une bonne base, surtout écrite, mais cela est agréable de vivre à Montréal.»

Tran ne peut toutefois s'exprimer en japonais, au grand dam des nombreux journalistes de ce pays qui couvrent assidument toutes les grandes compétitions de patinage artistique. Hier, un interprète devait traduire ses propos de l'anglais au japonais.

Le couple bénéficie toutefois d'un soutien financier important de la fédération japonaise de patinage, trop heureuse d'avoir des représentants de talent en couple. «C'est grâce à eux que j'ai pu continuer ma carrière et je leur en suis très reconnaissant.»

Tran pourrait d'ailleurs devoir renoncer à sa citoyenneté canadienne s'il souhaite avoir la chance de participer un jour aux Jeux olympiques. «C'est impossible d'avoir une double citoyenneté au Japon et le changement pose plusieurs problèmes d'ordre administratif, a expliqué le patineur de 21 ans.

«C'est une grosse décision, qui me touche évidemment personnellement, et Narumi m'a assuré qu'elle comprendrait ma décision, quelle qu'elle soit. Nous avons encore le temps, d'autant plus que cela n'affecte d'aucune façon notre participation aux Mondiaux ou aux autres compétitions ISU.»

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