«Le triathlon a sauvé ma vie»

Lionel Sanders a bouclé le parcours du demi-Ironman... (Photo Edouard Plante-Fréchette, La Presse)

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Lionel Sanders a bouclé le parcours du demi-Ironman de Mont-Tremblant en 3h45:38, un chrono bon pour la première place.

Photo Edouard Plante-Fréchette, La Presse

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(Mont-Tremblant) En 2009, Lionel Sanders travaillait de la maison. Sa vie sociale était inexistante. L'alcool et la drogue gâchaient sa vie. Six ans plus tard, il est un champion de triathlon.

L'Ontarien de 27 ans a prouvé une nouvelle fois qu'il avait gagné le combat de sa vie, hier, en remportant le demi-Ironman.

Sanders a bouclé le parcours en 3h45 min 38 s, au terme des 21,1 km de course. Auparavant, il avait aussi parcouru 1,9 km à la nage et 90 km en vélo.

«Je me suis inscrit à l'Ironman de 2010 à Louisville au moment où je touchais le fond du baril, a raconté le vainqueur du jour à La Presse. J'avais des problèmes de consommation, j'ai abandonné l'école, et puis j'ai passé deux ans seul, déconnecté de la société.

«Je me suis donc entraîné pendant 10 mois afin de me retrouver, de me trouver un nouveau cercle social, me motiver et me discipliner. Le sport a beaucoup de bienfaits. J'essaie maintenant de pousser mes limites, de prouver que tout est possible si tu as la volonté.»

Il fallait voir son large sourire, son ton bon enfant, quand il racontait cette période sombre de sa vie.

«Ça remet tout en perspective, ajoute-t-il. Ici, c'est une autre sorte de souffrance. C'est la souffrance de repousser tes limites. J'en ai des frissons à l'entraînement et en course. Le triathlon a sauvé ma vie. C'est fantastique de pratiquer ce sport. Ce l'est encore plus de gagner ma vie de cette façon!»

Un autre entrepreneur!

Un autre Ontarien, Taylor Reed, a pris le 2e rang, à 44 secondes du vainqueur. Deux minutes plus tard, l'Américain Jesse Thomas a complété le trio de tête.

L'histoire de Thomas n'est pas anodine. Le jeune homme mène en effet une double vie d'athlète et d'entrepreneur. Et son entreprise l'aide dans son sport, puisque pendant la course, il a consommé quatre Picky Bars, des barres énergétiques qu'il produit.

«Quand j'ai commencé à m'entraîner pour le triathlon, je souffrais de problèmes de digestion et je manquais d'énergie, relate-t-il. Ma femme a voulu créer la barre qui serait le meilleur des deux mondes. Au début, c'était simplement un petit projet secondaire, mais on a maintenant un bureau, huit employés et on est en voie de générer des ventes d'environ 1,7 million de dollars cette année.»

Dans un monde où les athlètes ne vivent parfois - à l'excès - que pour leur sport, Thomas voit cette entreprise comme une belle façon de varier ses activités.

«C'est un bon contrepoids pour ne pas se concentrer seulement sur le triathlon, ça permet de se changer les idées», ajoute-t-il.

Son cas rappelle celui de T.J. Tollakson, gagnant de l'Ironman de Tremblant l'an dernier, qui courait sur un vélo qu'il a lui-même conçu et fabriqué. D'ailleurs, Thomas utilise lui aussi les vélos de Tollakson. Le triathlon est un petit monde!

Pierre-Yves Gigou a réussi le meilleur résultat parmi les Québécois avec une 10e place, en 4h06:43.

Tisseyre abandonne

On annonçait de la pluie, et il a fait beau toute la journée. On testait une nouvelle programmation d'événements, et les commentaires ont été positifs. Quelque 3000 participants ont sué leur vie.

Bref, dans ce week-end couronné de succès, une seule ombre au tableau: l'abandon de Magali Tisseyre, porte-parole de l'événement et véritable visage du triathlon au Québec.

Tous les espoirs étaient permis pour la dame de 33 ans, d'autant plus qu'à l'issue du volet natation de l'épreuve - son point faible, de son propre aveu -, elle était 4e.

«Je me sentais bien avant la course et dans l'eau, mais en vélo, ça n'allait pas du tout. J'ai eu des crampes. On ne sait jamais comment on va se sentir, explique-t-elle, déçue.

«C'était LA course où je ne voulais pas que quelque chose comme ça se produise», ajoute la nièce du journaliste Charles Tisseyre.

L'Américaine Meredith Kessler a triomphé du côté féminin, arrêtant le chrono à 4h10:32.

«J'ai couru sous une température de 100 degrés [Fahrenheit] la semaine dernière, donc c'était rafraîchissant aujourd'hui. J'étais euphorique de pouvoir courir dans de telles conditions!», a-t-elle lancé.

Isabelle Rouleau a été la meilleure Québécoise du jour. Son temps a été de 4h35:22.

Pour plusieurs de ces athlètes, l'épreuve d'hier était une mise en bouche pour ce qui les attend plus tard cet été. Le milieu québécois du triathlon «extrême» a en effet rendez-vous le 16 août pour l'Ironman pleine distance: 3,8 km de natation, 180 km de vélo et un marathon pour finir le tout.

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