Entraîneurs des botteurs de père en fils

Il y avait au moins deux personnes vendredi soir au Stade Percival-Molson qui espéraient que le match entre les Redmen de McGill et les Gaiters se termine par un botté de précision.

Mathieu Paquette et son père Daniel forment assurément le seul duo père-fils à oeuvrer comme entraîneurs des botteurs au football universitaire canadien.

Un record devenu possible depuis que Mathieu, un ancien botteur chez les Gaiters de Bishop's, s'est joint aux Redmen de McGill, avant le début de la présence campagne.

Son père Daniel, quant à lui, exerce déjà les mêmes fonctions avec les Gaiters depuis quelques années.

Botter le ballon ovale, chez les Paquette de Magog, c'est dans la famille depuis longtemps.

«J'ai joué au football chez les Carnicas, à La Ruche, mais j'étais receveur. C'est un peu par hasard que je suis devenu botteur, chez les Volontaires du Cégep de Sherbrooke; je n'avais pas de place comme receveur, je n'étais pas les tops. Mais ça me fascinait de voir les gars botter. J'ai essayé et c'était difficile, le défi m'a intéressé», a indiqué celui qui fut botteur pendant trois ans avec les Volontaires, avant de jouer un an et demi avec les Carabins de l'Université de Montréal et trois ans à Bishop's, où il était dirigé par son père.

«Et moi, je suis devenu entraîneur à cause de Mathieu. J'étais entraîneurs des demis défensifs à La Ruche, lorsqu'il y jouait, et moi aussi j'ai appris à aimer cette position. J'ai pris des formations, je me suis impliqué au football scolaire, collégial et ensuite universitaire. Tout cela en quelques années seulement», a continué Daniel.

Ce dernier agit aussi comme consultant avec les Volontaires, avec les Cougars du Collège Champlain (Collégial division 1), avec Thetford Mines (Collégial division 3) et il entraîne personnellement Mathieu Hébert (Vert & Or) et Dominic Lévesque (Rouge et Or).

«J'ai souvent suivi mon père dans son coaching chez les autres équipes. J'ai été entraîneur des receveurs à La Ruche, j'ai enseigné au basket, au tennis, j'ai toujours eu cette passion. Une fois ma carrière universitaire terminée, et comme je n'ai pu poursuivre chez les pros par la suite, j'ai décidé de redonner aux jeunes», a dit Mathieu.

«Je vis mon rêve autrement, qui sait où ça peut mener.»

Un père qui dirige son fils chez les universitaires n'est pas monnaie courante. Jamais de bisbille entre les deux, assurent-ils.

«Il me connaît assez pour me laisser tranquille quand je ne suis pas content», a lancé Mathieu en riant.

«On a travaillé ensemble pendant quatre ans et jamais de chicane, aucun mot plus haut qu'un autre; on a été chanceux», a rigolé Daniel.

Si les Redmen de Mathieu ont eu le dessus 10-3 vendredi soir, le duel des coachs s'est avéré un match nul; le botteur de précision de Mathieu (Justin Lavallée) et celui de Daniel (Vincent Dubé) ont chacun réussi un placement.

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