Le design hybride de l'Atelier-D

Jonathan Dorthe... (PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE)

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Jonathan Dorthe

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

Claudia Guerra

Collaboration spéciale

La Presse

Avec ses objets utilitaires, Jonathan Dorthe croise avec brio technologie et art du fait main, en se façonnant une vision bien personnelle du design artisanal. D'ailleurs, l'artiste-designer aime bien le qualificatif de «craftsmanship contemporain» pour décrire Atelier-D.

En empruntant certains codes esthétiques issus des métiers d'art traditionnels, Jonathan Dorthe propose en série limitée meubles et accessoires ultramodernes qu'il crée lui-même, avec des outils de haute technologie comme des machines de découpe et de gravure au laser.

Cette approche s'est imposée tout naturellement. Quand il a fondé Atelier-D il y a cinq ans, il travaillait à temps partiel en tant que concepteur en architecture (il a quitté un emploi chez Sid Lee Architecture en décembre 2012 pour se consacrer entièrement à ses recherches) et comme designer industriel dans l'entreprise familiale. C'est là qu'il a appris les techniques de transformation du plastique, qu'il a eu l'occasion de mettre à l'épreuve ses concepts et de réaliser ses propres projets.

«Au départ, je confectionnais beaucoup d'objets en plastique, mais les gens trouvaient ce matériau un peu froid et l'associaient à la fabrication de masse. J'ai donc décidé d'introduire le bois et le cuir. Ça m'a permis d'apporter de la chaleur, mais aussi de mieux faire ressortir la main du designer.»

Lampe de table HEXA, de 250 à 450$,... (Photo fournie par Jonathan Dorthe) - image 2.0

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Lampe de table HEXA, de 250 à 450$, selon le format. Base en acrylique noir et abat-jour en placage de bois.

Photo fournie par Jonathan Dorthe

Tendance géométrique

À vue d'oeil, ses oeuvres sont légères, minimalistes et visiblement dans l'air du temps. Mais on gagne à étudier de plus près lampes, chaises, boîtes de rangement empilables et petits accessoires a priori banals (sous-verres et coffres à crayons), qui témoignent de sa passion pour la gravure et de son obsession des dessins géométriques.

«On ne se rend pas compte tout de suite de ce qu'on est en train de créer. Depuis le début, je mélange les textures et j'intègre des motifs à mes objets. Maintenant, il y a presque toujours un élément noir dans mes réalisations. Tout ça fait partie de ma signature. Elle découle aussi des outils que j'ai à ma disposition et qui orientent mon design.»

Par exemple, le meuble d'appoint Chevrons en acrylique givré produit un effet de tissage avec ses empreintes à chevrons. La table QUILT inspirée de la marqueterie reprend un motif de courtepointe avec son dessus en bois composé de pièces sillonnées, tandis que les tablettes du valet de nuit HOUNDSTOOTH (la base a été préparée par un ébéniste) font un clin d'oeil à l'imprimé pied-de-poule.

Valet de nuit HOUNDSTOOTH, structure en érable massif... (Photo fournie par Jonathan Dorthe) - image 3.0

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Valet de nuit HOUNDSTOOTH, structure en érable massif et tablettes en acrylique noir, 400 $.

Photo fournie par Jonathan Dorthe

Point de vue architectural

«Souvent, je pense d'abord forme, texture, motif, puis j'attribue une fonction à l'objet. C'est une méthode que j'ai acquise en architecture, comme mon intérêt pour la perforation et la stratification avec les lattes pour créer des volumes. Dans les salons de design, j'attire beaucoup les architectes qui reconnaissent ces thèmes.»

En effet, plusieurs de ses réalisations évoquent le vocabulaire de l'architecture. De plus, le valet de nuit, les suspensions Lattes et la lampe HEXA munie d'un abat-jour en contreplaqué percé d'hexagones n'ont pas manqué de susciter l'attention de blogues et de magazines spécialisés comme Design Milk et Dwell.

Touche-à-tout et curieux (en plus d'une maîtrise en architecture, il a obtenu un diplôme en photographie professionnelle et a suivi un stage de perfectionnement en estampe), Jonathan Dorthe confectionne des accessoires plus artistiques et ludiques. Actuellement, il termine la conception d'un cadre de bois d'érable. Composé de 22 morceaux, ce cadre «casse-tête» sera finalisé d'ici un mois et demi. «Il sera offert dans un sac en tissu et il y aura un site web. L'idée est aussi de pouvoir l'accrocher au mur.»

L'artiste-designer est actuellement au Salon du design d'intérieur (IDS) de Toronto (jusqu'à demain) en compagnie d'une quinzaine de créateurs regroupés sous le nom de Qc Design.

Il est possible de trouver ses produits dans les magasins montréalais Jamais assez, Buk&Nola et à la boutique du Musée d'art contemporain de Montréal.

atelier-d.ca




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