Il promène ses chiens, on l'arrête parce qu'il est Noir

Une voiture de police à San Diego.... (ARCHIVES REUTERS)

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Une voiture de police à San Diego.

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Agence France-Presse
Los Angeles

Un homme noir originaire du Nigeria est devenu l'une des dernières victimes en date du profilage racial aux États-Unis : il a été dénoncé à la police tandis qu'il promenait ses chiens, puis déclaré suspect dans un cambriolage.

La mésaventure d'Ike Iloputaife a commencé le mois dernier pendant qu'il promenait ses lévriers russes dans un quartier de San Diego, en Californie.

Une habitante du quartier l'a pris en photo, affirmant que c'était un «étranger» dans sa rue, et a envoyé le cliché à la police à la suite d'un cambriolage dans les environs. Le shérif de San Diego a ensuite placé Iloputaife sur la liste des personnes «dignes d'intérêt» - autrement dit suspectes.

M. Iloputaife était en vacances quand le communiqué de presse frappé de la photo a été diffusé et il a été informé par un voisin à son retour chez lui.

«C'est la première fois que j'ai affaire aux forces de l'ordre», a-t-il confié à la radio locale KPBS. «Je ne sais pas comment elles traitent les choses en général, mais elles n'ont pas traité ce cas correctement», ajoute-t-il.

«Dans la tête de (la personne qui l'a signalé à la police) je suis devenu une personne suspecte à cause de la couleur de ma peau», a-t-il déploré sur l'application Nextdoor, où s'organisent des événements de voisinage.

«Appeler la police à propos d'une personne noire dans cet environnement politique et culturel explosif peut la mettre en danger», insiste-t-il.

M. Iloputaife est arrivé aux États-Unis en 1981 pour étudier l'ingénierie aérospatiale puis a tenu des chambres d'hôte en Provence pendant deux décennies avant de retourner aux États-Unis l'an dernier.

Si la police de San Diego s'est excusée pour sa bévue, il aimerait qu'elle diffuse un communiqué pour l'innocenter totalement.

Le bureau du shérif de San Diego a présenté ses excuses dans un courriel. «Nous nous excusons pour les tourments que cela a pu causer à M. Iloputaife et avons commencé à mettre en oeuvre des mesures» pour éviter que cela ne se reproduise, indique-t-il.

Ces incidents à caractère raciste sont fréquents et anciens, mais ils rencontrent désormais un écho beaucoup plus important grâce aux téléphones intelligents et aux réseaux sociaux.

Le mois dernier, une femme blanche a appelé la police d'Oakland, au nord de la Californie, pour dénoncer une famille noire qui faisait un barbecue dans un parc, affirmant qu'ils violaient le règlement du parc, alors qu'elle était parfaitement en règle. L'échange a été filmé et largement diffusé.

En avril, deux hommes noirs qui attendaient un ami ont été arrêtés dans un café Starbucks à Philadelphie parce qu'un employé les trouvait suspects. Starbucks a réagi en fermant tous ses points de vente une demi-journée fin mai pour sensibiliser tous ses employés aux préjugés raciaux.

Une étudiante de la prestigieuse université de Yale a pour sa part été interrogée par des agents après qu'une autre étudiante - blanche - l'eut trouvée assoupie dans la pièce commune du dortoir où elle vivait.

L'acteur Darris Love a quant à lui porté plainte contre le shérif de Los Angeles à la suite de son arrestation musclée dans un centre commercial: les agents l'avaient pris pour le suspect d'un cambriolage. À cause de sa couleur de peau, d'après lui.

Ces incidents se terminent parfois beaucoup plus tragiquement et les États-Unis ont connu ces dernières années plusieurs émeutes, notamment à Baltimore ou Ferguson, pour dénoncer les violences policières envers les Noirs.




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