Le père de victimes tente d'attaquer le Dr Larry Nassar

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L'homme s'est précipité en hurlant vers l'accusé après avoir entendu ses deux filles témoigner sur les abus sexuels.

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Nova SAFO, Cyril JULIEN
Agence France-Presse
Chicago et Washington

Submergé par la rage et la douleur, le père de trois des nombreuses victimes de Larry Nassar s'est jeté vendredi sur l'ex-médecin de la Fédération américaine de gymnastique, jugé pour agressions sexuelles, après avoir demandé à la juge de pouvoir passer cinq minutes seul avec lui.

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Larry Nassar

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Au troisième jour d'un procès éprouvant à Charlotte, au Michigan, la cour venait d'entendre Madison et Lauren Margraves témoigner, en pleurs, sur les abus sexuels dont elles ont été victimes quand leur père Randal s'est adressé à la présidente du tribunal Janice Cunningham, selon des images diffusées par la télévision.

« Dans le cadre de sa sentence, je souhaiterais que vous m'autorisiez à rester cinq minutes dans une pièce fermée avec ce démon », a-t-il demandé avant de se précipiter soudainement vers l'accusé.

Le père en colère a alors été plaqué au sol par les policiers alors que le thérapeute était évacué de la salle.

« Je veux ce fils de pute », a hurlé M. Margraves en étant menotté par les officiers. « Qu'est-ce que vous feriez si ça vous arrivait à vous ? », leur a-t-il lancé pendant qu'il était lui aussi évacué.

Le procès a repris après 20 minutes avec un appel au calme de la juge Cunningham, alors que 35 témoignages devaient être entendus vendredi.

« Je reconnais que M. Margraves a trois filles qu'il a dû voir évoquer leur douleur et leur peine, a-t-elle dit. Je ne peux pas imaginer ce que cela fait à un père ».

Le père s'est ensuite excusé auprès de la juge, affirmant avoir « perdu le contrôle ». « J'ai dû les écouter et j'ai vu Larry Nassar qui faisait "non" de la tête, comme si ça n'était pas arrivé », a-t-il développé.

Il a expliqué qu'il ne savait pas ce qu'allaient dire ses filles à la barre et avait été envahi par l'émotion après leurs témoignages.

« Je suis de tout coeur avec vous et votre famille à cause de ce que vous avez enduré », a déclaré la juge en décidant de ne pas le poursuivre.

« Un nombre infini de victimes »

« Je t'ai fait confiance. Mes parents t'ont fait confiance », avait déclaré Lauren Margraves à l'adresse de Larry Nassar. « Mes deux soeurs et moi avons passé tellement de moments difficiles à essayer de se parler de cela ».

Larry Nassar, accusé d'avoir abusé en toute impunité et pendant 20 ans de jeunes gymnastes, anonymes ou championnes olympiques, est à l'origine du plus grand scandale sexuel de l'histoire du sport américain.

Il a déjà écopé d'au moins 100 ans de réclusion dans deux procès pour abus sexuels et détention de matériel pédopornographique, et est à nouveau jugé depuis mercredi par le tribunal de Charlotte.

Il plaide coupable de trois chefs d'accusation pour abus sexuels et encourt de 40 à 125 années de prison supplémentaires. Selon l'accusation, au moins 65 victimes présumées ont demandé à témoigner.

« Nous avons plus de 265 victimes identifiées et un nombre infini de victimes dans l'État, dans le pays et dans le monde », avait déclaré mercredi la juge Cunningham qui, fait rare, a accepté que le procès soit filmé.

La semaine dernière, près de 160 sportives au total ont raconté devant le tribunal de Lansing (Michigan) les agissements du prédateur sexuel qui se cachait derrière l'image d'un ostéopathe bienveillant ayant officié de 1994 à 2016 au sein de la fédération (USA Gymnastics), du Comité olympique américain (USOC) et de l'Université d'État du Michigan (MSU).

Plusieurs dirigeants de USA Gymnastics ont démissionné et des enquêtes internes ont été ouvertes par l'USOC et la MSU pour déterminer comment le praticien a pu passer entre les mailles du filet pendant si longtemps, malgré plusieurs plaintes.

La police a également fait son mea culpa. Le chef de la police de Meridian Township, petite localité de l'État, s'est excusé à l'audience jeudi d'avoir « laissé tomber » une victime en classant sans suite sa plainte pour agression sexuelle en 2004. Larry Nassar avait à l'époque convaincu les enquêteurs que la jeune fille était mentalement instable.




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