Sous pression, Trump dénonce les «violences racistes» de Charlottesville

Donald Trump a condamné les « suprémacistes blancs, le... (PHOTO EVAN VUCCI, ASSOCIATED PRESS)

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Donald Trump a condamné les « suprémacistes blancs, le KKK et les néonazis » et déclaré que « le racisme, c'est le mal », lors de sa déclaration prononcée à la Maison-Blanche, le 14 août.

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Jérôme CARTILLIER, Sébastien BLANC
Agence France-Presse
Washington

Vivement critiqué pour ses atermoiements et ses silences après les violences qui ont secoué la petite bourgade de Charlottesville samedi, Donald Trump a changé de ton lundi, dénonçant des «violences racistes» et pointant du doigt les suprémacistes blancs.

«Le racisme, c'est le mal», a lancé le président américain lors d'une brève allocution depuis la Maison-Blanche.

«Ceux qui ont recours à la violence en son nom sont des criminels et des voyous, y compris le KKK, les néo-nazis et les suprémacistes blancs (...) qui sont à l'opposé de tout ce qui nous est cher en tant qu'Américains», a-t-il encore dit.

Ces propos tranchaient singulièrement avec ses premières déclarations, il y a deux jours, lorsqu'il avait refusé de condamner les groupuscules dont est issu le militant néofasciste ayant projeté sa voiture contre des manifestants antiracistes en Virginie. Cette ambiguïté avait provoqué une vague d'indignation, y compris au sein de son propre camp républicain.

«Ceux qui ont agi de manière criminelle lors des violences racistes de ce week-end devront répondre de leurs actes devant la loi, justice sera rendue», a assuré M. Trump, après avoir rencontré son ministre de la Justice Jeff Sessions et son nouveau chef du FBI Christopher Wray.

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Une mascotte gonflable géante à l'effigie de Donald Trump a été paradée près de la Trump Tower, lundi.

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Manifestations à New York 

Mais ses propos n'ont pas apaisé les critiques. Plusieurs élus ont estimé qu'ils étaient bienvenus mais regretté qu'ils interviennent si tard.

À New York, où M. Trump était attendu dans la soirée, plusieurs centaines de manifestants s'étaient rassemblés devant la Trump Tower.

«Trump le raciste doit partir», scandaient certains d'entre eux. «Pas de Trump, pas de KKK, pas d'USA fasciste», chantait également avec d'autres manifestants Ryan Egan, musicien de 28 ans. «L'amour, pas la haine. C'est ce qui fait la grandeur de l'Amérique».

Venant d'un dirigeant que l'on sait prompt à réagir sur Twitter et qui se targue d'appeler un chat un chat, sa réticence initiale à désapprouver nommément ces militants xénophobes avait suscité un véritable malaise à travers les États-Unis.

Une femme de 32 ans, Heather Heyer, a été tuée à Charlottesville quand un sympathisant néo-nazi de 20 ans, James Fields, a intentionnellement percuté avec son véhicule des contre-manifestants.

Il «s'intéressait beaucoup au nazisme. Il avait vraiment une passion pour Adolf Hitler», a déclaré un de ses anciens professeurs, Derek Weimer.

Un juge l'a maintenu lundi en détention pour une durée indéterminée. Selon le chef de la police locale Al Thomas, des plaintes étaient toujours déposées lundi après ce drame qui a également fait 19 blessés. 

Une photo de Heather Heyer a été installée... (REUTERS) - image 3.0

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Une photo de Heather Heyer a été installée parmi des fleurs dans un mémorial en son nom à Charlottesville.

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Les médias «jamais contents» 

Une partie de la droite alternative, ou «alt-right», a soutenu Donald Trump dans sa course à la Maison-Blanche et celui-ci a plusieurs fois refusé de prendre clairement ses distances avec certains de ses groupes ou de ses leaders.

Nombre d'observateurs rappellent aussi que le magnat de l'immobilier a pendant des années soutenu une théorie du complot sur le lieu de naissance de Barack Obama, avant de virer de bord vers la fin de la campagne.

Mais cet épisode de Charlottesville pourrait marquer durablement sa présidence.

Kenneth Frazier, le PDG du géant américain de la pharmacie Merck, a annoncé lundi qu'il démissionnait de ses fonctions de conseiller économique de la Maison-Blanche.

«Les dirigeants américains doivent honorer nos valeurs fondamentales en rejetant clairement les manifestations de haine, de sectarisme et toute revendication de suprématie qui nient l'idéal américain voulant que tous les hommes ont été créés égaux», a déclaré M. Frazier, qui est noir.

Cette fois, M. Trump a immédiatement réagi, tweetant que M. Frazier «aura plus de temps pour se consacrer à réduire les prix totalement abusifs des médicaments».

Avant de revenir à la charge dans la soirée, accusant Merck de délocaliser et lui enjoignant de «ramener les emplois et de BAISSER LES PRIX» des médicaments.

De son côté, la grande organisation de défense des Noirs NAACP a affirmé que l'extrême droite américaine «applaudi(ssait) les déclarations» de M. Trump après les violences en Virginie.

La prestigieuse Texas A&M University a annulé lundi un rassemblement de suprémacistes blancs prévu le 11 septembre. Richard Spencer, un chef de file de cette mouvance qui était présent samedi en Virginie, devait s'y exprimer.

«A la lumière de la tragédie de Charlottesville, l'évènement de Texas A&M représente un risque de sécurité important pour notre campus», a expliqué l'université dans un communiqué.

De façon probablement opportuniste, les autorités judiciaires ont annoncé lundi avoir bouclé une vaste enquête sur des gangs racistes actifs dans les prisons du Texas.

Par le biais de Twitter, le milliardaire républicain s'en est une nouvelle fois pris, en fin de journée, aux médias: «J'ai fait de nouvelles déclarations sur Charlottesville et je réalise une nouvelle fois que les faux médias ne seront jamais contents... Vraiment des gens pas bien!»




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