New York: le maire de Blasio tente de calmer les tensions raciales

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Alors qu'une nouvelle manifestation est prévue jeudi en fin d'après-midi, le maire démocrate de New York Bill de Blasio, dont la femme est noire et les enfants métis, a encore appelé au calme, insistant, comme il le fait depuis des mois, sur sa détermination à «améliorer les relations entre la police et les communautés que nous servons».

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Brigitte DUSSEAU
Agence France-Presse
NEW YORK

La décision favorable à un policier blanc impliqué dans la mort d'un Noir a ravivé les tensions raciales à New York, où le maire a de nouveau appelé au calme jeudi, après une nuit de manifestations sans incident majeur.

Quatre-vingt-trois personnes ont été arrêtées, après que des petits groupes de manifestants eurent sillonné Manhattan du nord au sud et d'ouest en est une bonne partie de la nuit. «La vie des Noirs compte». «La brutalité de la police et les meurtres doivent s'arrêter», pouvait-on lire sur leurs pancartes.

Alors qu'une nouvelle manifestation est prévue jeudi en fin d'après-midi, le maire démocrate de New York Bill de Blasio, dont la femme est noire et les enfants métis, a encore appelé au calme, insistant, comme il le fait depuis des mois, sur sa détermination à «améliorer les relations entre la police et les communautés que nous servons».

«La frustration est compréhensible. Des siècles de racisme nous précèdent, mais en travaillant ensemble, nous pouvons nous détourner de cette histoire», a déclaré M. de Blasio dans une lettre aux New-Yorkais, avant une nouvelle conférence de presse en début d'après-midi.

Et il a insisté sur les mesures déjà prises par son administration: diminution des fouilles au corps des jeunes - souvent noirs et latinos - dans la rue, des arrestations pour possession mineure de marijuana, et démarrage ce week-end du premier programme pilote de policiers équipés de minicaméras filmant ce qui se passe.

Des mots qui n'ont pas calmé la douleur et la colère de la mère et de l'épouse d'Eric Garner, 43 ans, père de six enfants morts lors d'une interpellation musclée le 17 juillet à Staten Island, l'arrondissement le plus blanc de New York.

«Je ne sais pas quelle vidéo ils (le grand jury) ont regardé», a déclaré sa mère, Gwen Carr, en référence à la vidéo montrant Eric Garner plaqué au sol par plusieurs policiers qui le soupçonnaient de vente illégale de cigarettes.

L'un d'eux, que le grand jury a refusé d'inculper mercredi, lui compresse le cou pour le faire tomber. Garner était mort peu après s'être plaint de ne pas pouvoir respirer, et le médecin légiste avait conclu à un homicide.

«Comment pouvons-nous avoir confiance dans notre système judiciaire quand ils nous déçoivent à ce point», s'est indignée Mme Carr, alors que plusieurs élus locaux noirs ont dénoncé dans une conférence de presse une «erreur judiciaire».

La femme d'Eric Garner a elle refusé sèchement les condoléances de Daniel Pantaleo, le policier de 29 ans ayant empêché son mari de respirer.

Après la décision du grand jury, ce policier, pour l'instant suspendu, ne sera donc pas jugé. Mais il va faire l'objet d'une enquête interne par la police de New York. Et le ministre américain de la Justice Eric Holder a annoncé une enquête au niveau fédéral, sur une éventuelle violation des droits civiques d'Eric Garner.

Tweet malencontreux 

La ville de New York est à 33 % blanche, 25,5 % noire, 28,6 % latino, et 10 % asiatique. «Il est clair qu'une part importante de la population de New York n'a pas du tout confiance en la police et nous devons travailler à cela», avait reconnu le mois dernier le chef de la police Bill Bratton, après la mort d'un autre Noir non armé, tué par balle par un policier débutant dans une cage d'escalier d'un HLM de Brooklyn.

Outre les manifestations, un malheureux tweet est aussi venu témoigner du fossé qui reste à combler pour améliorer les relations entre les communautés et la police à New York.

Peu après la décision du grand jury, une responsable de la police, Joanne Jaffe, a tweeté «Le NYPD est déterminé à reconstruire la confiance du public. Nous vous entendons».

Les réponses ont fusé dans la communauté noire. «Vous ne pouvez pas nous entendre parce que vous nous étouffez à mort», a commenté sur Twitter un certain Michael Crawford.

«Vous n'avez pas entendu le gars qui disait qu'il ne pouvait pas respirer», a écrit un autre internaute. «C'est une blague???» a commenté aussi une jeune femme identifiée comme 12 Dec-Lioness.

À New York, aucun pillage n'a cependant été signalé, comme récemment à Ferguson (Missouri) après une décision similaire d'un autre grand jury, ces assemblées de citoyens ordinaires qui décident d'inculper ou pas, sur la base des éléments de l'enquête.

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